Syrie : La police militaire russe patrouille dans les environs de la ville de Manbij

Il y a parfois des déclarations que l’on croirait inventées par un site d’informations parodiques et qui sont pourtant vraies. Tel est le cas des propos tenus le 7 janvier par Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine.

Ainsi, a dit M. Pompeo, sur la chaîne CNBC, en évoquant le retrait américain de Syrie, le président turc, Recep Tayyip Erdogan « a pris un engagement auprès de M. Trump lorsqu’ils ont discuté tous les deux de ce à quoi cela devrait ressembler – (un engagement selon lequel) les Turcs continueront la campagne contre l’EI [Daesh ou État islamique, ndlr] après notre départ et feront en sorte que les gars avec qui nous avons combattu, qui nous ont assistés dans la campagne contre l’EI, soient protégés. »

Justement, les « gars avec qui nous avons combattu » contre Daesh dans le cadre de la coalition anti-jihadiste font partie des Unités de protection du peuple [YPG], c’est à dire les milices kurdes que M. Erdogan promet d’anéantir depuis des mois… Imaginer qu’Ankara puisse leur assurer une protection relève soit d’une naïveté absolue, soit d’un défaut de traduction ou de compréhension.

D’ailleurs, le gouvernement turc a immédiatement démenti les propos du responsable américain. « En ce qui concerne les déclarations de Pompeo, il n’est absolument pas question d’une telle assurance donnée lors des entretiens [entre MM. Erdogan et Trump] ou via d’autres canaux », a en effet déclaré Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence.

Mieux : pour Ankara, il importe que les armes et autres équipements militaires livrés aux milices kurdes par les États-nis afin de combattre l’EI soient « récupérées ».

« Ce que nous attendons, c’est que toutes les armes livrées soient récupérées. […] Ils nous ont dit qu’ils étaient en train d’y travailler, mais les détails deviendront plus clairs dans les prochains jours », a dit M. Kalin, selon qui il n’y a « aucune alternative acceptable » à la récupération de ces armes pour la Turquie.

La déclaration de M. Pompeo est d’autant plus suprenante que les États-Unis et la Turquie s’étaient mis d’accord, en juin dernier, sur le sort de la localité de Manbij, alors sous le contrôle des YPG, avec la mise en place de patrouilles conjointes et, surtout, l’installation du « Conseil militaire de Manbij », une autre faction des Forces démocratiques syriennes [FDS] auxquelles les milices kurdes sont affiliées.

Pour rappel, la prise de Manbij est un objectif prioritaire pour la Turquie. Elle avait dû y renoncer lors de l’opération « Bouclier de l’Euphrate », qu’elle avait lancée en août 2016 à la fois contre Daesh et les YPG. En outre, la seconde opération menée par Ankara en janvier 2018 dans le nord de la Syrie, avait laissé un répit aux jihadistes, dans la mesure où les miliciens kurdes se portèrent à la rescousse du canton d’Afrin, qui en était la cible. Des faits apparemment oubliés par M. Pompeo…

Après l’annonce du retrait américain de Syrie, faite par M. Trump le 19 décembre, les FDS ont demandé l’assistance des forces loyales au président syrien, Bachar el-Assad. Et ces dernières y ont répondu favorablement, en envoyant des troupes dans les environs de Manbij [contrairement à ce qu’avait affirmé Damas à l’époque, il semblerait qu’elles ne soient pas présentes dans la ville mais dans les faubourgs, ndlr].

Et, dans le même temps, la Russie et la Turquie ont convenu de coordonner leurs actions en Syrie. Est-ce une conséquence de cet accord? Toujours est-il que la police militaire russe a visiblement été déployée près de Manbij, en soutien des forces syriennes.

Ainsi, dans un reportage de la chaîne de télévision publique Rossia 24, un porte-parole de la police militaire russe, Ioussoup Mamatov, a indiqué que des patrouilles avaient commencé dans la « zone de sécurité autour de Manbij. » Et d’ajouter : « La mission est d’assurer la sécurité dans la zone » et de « surveiller la situation et les mouvements des groupes armés. »

Ce n’est pas la première fois que la police militaire russe est ainsi sollicitée en Syrie. Elle a en effet été déployée à Alep, à l’issue de la reprise de la ville par les forces syriennes, ainsi que le long du Golan, en août 2018.

Enfin, aux dernières nouvelles, les militaires américains étaient toujours présents à Manbij [de même que très probablement, les forces spéciales françaises].

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