Pékin proteste contre la présence d’un destroyer américain près d’un îlot contesté en mer de Chine méridionale

En 2018, l’économie chinoise a montré quelques signes d’essoufflement, avec un fléchissement de la production industrielle et une une croissance du PIB de 6,5% sur la période juillet-septembre en rythme annuel, soit la plus faible performance depuis le premier trimestre 2009, c’est à dire au plus fort de la crise financière mondiale.

L’une des causes de ce ralentissement de l’économie chinoise aurait été la faiblesse de l’investissement. Une autre, sans doute liée à la première dans la mesure où elle a instauré un climat d’inquiétude, serait la décision de Washington d’imposer des droits de douane sur 250 milliards de dollars de biens produits en Chine pour le marché américain. Et ce n’est sans doute pas fini, le président Trump, ayant agité la menace d’appliquer à nouveau « d’importants tarifs douaniers » aux produits chinois importés par les États-Unis en cas d’échec des négociations commerciales avec Pékin, lequelles viennent de reprendre, ce 7 janvier.

Or, alors que les négociateurs américains venaient d’arriver à Pékin, l’US Navy a mené une « Freedom of navigation operation » [FONOP, opération « liberté de navigation »] en mer de Chine méridionale, dont la quasi-totalité de la surface est revendiquée par Pékin, malgré les prétentions d’autres pays riverains, à savoir le Vietnam, les Philippines, Taïwan, la Malaisie et Brunei.

Le destroyer USS McCampbell est ainsi entré dans les eaux de l’archipel des Paracels [Xisha en mandarin] afin de « contester les revendications maritimes excessives » de la Chine, a expliqué l’US Navy.

Pour rappel, pour assoir ses revendications territoriales, la Chine a aménagé plusieurs îlots des archipels Spratleys et Paracels à des fins militaire, en y installant notamment des capacités d’interdiction et de déni d’accès [A2/AD]. Ce qui revient à pratiquer la politique du fait accompli, alors que, en juillet 2016, la Cour permanente d’arbitrage de La Haye avait estimé que ses prétentions chinoises mer de Chine méridionale n’avaient « aucun fondement juridique ».

Or, cette partie du monde, par ailleurs riche en hydrocarbures et en ressources naturelles, est essentielle pour le commerce mondiale dans la mesure où elle est un carrefour incontournable des routes maritimes. Et, avec ses capacités A2/AD, la Chine est théoriquement en mesure d’y bloquer ou d’y filtrer tout trafic. D’où les opérations « liberté de navigation » menées par la marine américaine et ses homologues occidentales. Ces dernières consistent à envoyer un navire [ou un avion de patrouille maritime] naviguer à moins de 12 milles des récifs revendiqués par la Chine. Cela envoie le message à Pékin que sa souveraineté sur ces territoires n’est pas reconnue.

« Toutes [nos] opérations […] démontrent que les États-Unis voleront, navigueront et opéreront là où le droit international le permet. C’est vrai en mer de Chine méridionale comme ailleurs dans le monde », a fait valoir une porte-parole de la marine américaine, en commentant la misson de l’USS McCampbell.

Comme l’on pouvait s’y attendre, le passage du navire américain a suscité une vive réaction à Pékin. « Nous exhortons les Etats-Unis à arrêter immédiatement ce type d’actions provocatrices », a déclaré Lu Kang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « La partie chinoise continuera à prendre les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté et sa sécurité nationales », a-t-il assuré, après avoir indiqué qu’une protestation officielle avait été émise auprès de Washington.

Cette opération « liberté de navigation » n’a, a priori, pas donné lieu à incident, contrairement à celle menée par l’USS Decatur, en octobre dernier. Selon l’US Navy, le navire américain fut approché d’une manière « agressive, dangereuse et non professionnelle » par le destroyer chinois Luyang. Et une collision fut évitée de justesse.

En décembre, selon un responsable militaire chinois, le colonel Dai Xu, avait plaidé pour des actions plus « musclées » contre les navires américains évoluant en mer de Chine méridionale.

« Si un navire de guerre américain vient à nouveau dans les eaux chinoises, je suggère de leur envoyer deux bateaux : l’un pour l’arrêter, l’autre pour le repousser », avait-il dit, lors d’une conférence organisée par le Global Times, le « tabloïd » du Parti communiste chinois. « Dans nos eaux territoriales, nous ne permettrons pas aux navires de guerre américains de créer des perturbations », avait insisté le colonal Dai.

Quoi qu’il en soit, pour Patrick Shanahan, le nouveau secrétaire américain à la Défense [par interim], la Chine arrive en tête de ses priorités.

Lors d’une réunion, la semaine passée, avec les principaux responsables du Pentagone, M. Shanahan a demandé à son équipe de « concentrer les efforts sur la mise en oeuvre de la stratégie de défense nationale » élaborée par James Mattis, son prédécesseur. « Souvenez-vous: la Chine, la Chine, la Chine », a-t-il ajouté.

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