Barkhane – La France et le Burkina Faso renforcent leur coopération contre les groupes jihadistes

Parce que ses forces armées et de sécurité intérieure ont été désorganisées, donc affaiblies, après le départ du président Blaise Compaoré, en octobre 2014, et que la rhétorique développée par l’organisation jihadiste Ansarul Islam a eu un écho auprès des populations de certaines de ses régions, le Burkina Faso passe pour être le maillon faible du combat livré par le G5 Sahel contre les groupes terroristes.

Depuis maintenant plusieurs mois, les régions situées dans le nord et l’est du Burkina Faso sont régulièrement le théâtre d’attaques jihadistes, ce qui a d’ailleurs contraint la force française Barkhane à intervenir, notamment en octobre dernier. Le souci est qu’il est difficile de caractériser ces attentats, étant donné qu’ils ne sont pratiquement jamais revendiqués.

Pour les jihadistes, le Burkina Faso a une importance stratégique dans la mesure où s’y implanter durablement leur permettrait d’avoir la main sur les couloirs de trafics [armes, drogue, ivoire, braconnage] tout en se donnant la possibilité d’ouvrir un nouveau front dans l’est, avec la Côte d’Ivoire et le Ghana dans le collimateur. « Si l’Est est pris, il y a le risque de débordement vers des pays qui étaient très éloignés de l’épicentre du jihadisme », expliquait ainsi Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, dans les colonnes de Jeune Afrique.

En outre, cette situation a conduit le Niger à décréter l’état d’urgence dans ses régions frontalières avec le Burkina Faso, pays qui, en conséquence, bénéficiera d’une aide militaire accrue de la part de la France.

Le 17 décembre, à l’occasion d’une visite à Paris du président Roch Marc Christian Kaboré, la France et le Burkina Faso, ont en effet signé une accord integouvernemental visant à renforcer leur coopération en matière de défense afin de faire face à la recrudescence des attaques jihadistes, qui font craindre une répétition du scénario dont fut victime le Mali en 2012.

« La France restera un partenaire indéfectible face à ce défi », a assuré le président Macron à son homologue burkinabè, lors d’une conférence de presse commune, à l’Élysée.

D’où la signature de cet accord qui permettra « d’améliorer le cadre juridique de la coopération entre nos forces dans le plein respect de la souveraineté de chacun », a précisé M. Macron.

Dans un communiqué publié plus tôt, le ministère des Armées a rappelé que, sur le plan opérationnel, « la France intervient en soutien du Burkina Faso dans ses efforts de lutte contre le terrorisme, y compris par un appui direct de la force Barkhane » et que « celui-ci s’est traduit par plusieurs opérations anti-terroristes menées en soutien aux forces armées burkinabè aux frontières du pays avec le Mali, mais aussi par des formations régulièrement dispensées. »

En outre, le Burkina Faso accueille sur son sol la Task Force Sabre, c’est à dire la composante « Force spéciales » du dispositif militaire français dans la bande sahélo-saharienne [BSS].

D’après le président Macron, cet accord de coopération ne se traduira pas par l’envoi d’effectifs militaires supplémentaires au Burkina Faso. « Côté français, il n’est pas prévu d’augmentation de notre implication », a-t-il précisé.

Cela étant, début novembre, la ministre des Armées, Florence Parly, avait assuré que la France était « prête à intervenir » si le Burkina Faso en faisait la demande, comme ce fut déjà le cas quelques semaines plus tôt.

Par ailleurs, il est question de livrer « 34 véhicules » de type pick-up au cours du « premier semestre 2019 aux forces burkinabé engagées dans la lutte contre le terrorisme ». Pour rappel, en octobre 2017, l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, avait remis au chef d’état-major des armées burkinabè, le général Oumarou Sadou, 13 pick-up Technamm, équipés de mitrailleuses de 12,7 mm et de postes de transmission, ainsi que 4 camions (dont 2 à six roues motrices et 2 autres de 3,5 tonnes) et du matériel de campagne (tentes, lits, douches solaires, etc).

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