Ayant subi d’importantes pertes face aux jihadistes, des soldats nigérians mettent en cause leur gouvernement

Grâce à la manne pétrolière, les forces armées nigérianes passent pour être parmi les mieux équipées du continent africain. Et pourtant, elles ne parvinrent pas à faire reculer le groupe jihadiste Boko Haram, actif dans le nord du Nigéria, dans la région du Lac Tchad. Elles n’obtinrent des progrès qu’à partir de 2015, grâce au concours, de la Force multinationale mixte [FMM], et en particulier de leurs homologues tchadiennes. En outre, et c’est une donnée souvent oubliée, elles reçurent l’appui de sociétés militaires privées [SMP], notamment de la sud-africaine STTEP International et de la britannique Pilgrim Group Ltd.

L’on pouvait alors penser que la fin de Boko Haram était proche, d’autant plus que son chef historique, Abubakar Shekau, se faisait rare. Qui plus est, le groupe jihadiste se scinda en deux factions, dont l’une, dirigée par Abou Mosab al-Barnaoui, devint par la suite « Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique » [ISWAP].

Et c’est cette dernière qui fait parler d’elle ces derniers mois, contredisant ainsi le président nigérian, Muhammadu Buhari, lequel affirmait encore en janvier dernier que son pays en « avait fini avec Boko Haram ».

Si la faction dirigée par Shekau continue de s’en prendre indistinctement aux polulations civiles, celle d’al-Barnaoui vise plus particulièrement aux forces armées et aux institutions nigérianes.

Depuis juillet, l’ISWAP aurait attaqué au moins 17 bases militaires dans le nord du pays, tout en infligeant de lourdes pertes aux forces nigérianes. Pertes que leur état-major cherche à minimiser, afin de préserver autant que possible le moral des troupes, des soldats nigérians ayant déjà refusé, en août, d’être envoyés dans la région de Lac Tchad.

Le 18 novembre, l’ISWAP a mené un nouvel assaut contre une base de l’armée nigériane, précisément à Metele. Il aura fallu près d’une semaine à Abuja pour l’admettre publiquement, mais en minimisant les pertes subies. Or, dans une vidéo de cinq minutes évoquée par l’AFP six jours après cette attaque, des soldats nigérians affirment avoir perdu « pas moins de 100 » d’entre-eux au cours de cette dernière.

« Pas moins de 100 soldats sont morts ici. Beaucoup sont portés disparus au combat, ils sont introuvables », a en effet affirmé un militaire nigérian apparu sur cette vidéo. « Voyez les armes qu’ils fournissent ici. Elles ne fonctionnent pas », a-t-il continué, alors qu’un plan montrait l’épave carbonisé d’un blindé et d’autres équipements. « Ce sont des véhicules obsolètes, ils ne fonctionnent pas », a-t-il assuré. Ils nous tuent tous les jours » et « la situation empire », a-t-il encore déclaré.

Si les précédentes attaques contre les forces nigérianes ne suscitèrent pas de réaction à Abuja, celle de Metele pourrait faire bouger les choses. « Nous sommes prêts à apporter aux soldats tout le soutien nécessaire en équipements et en effectifs pour mettre fin à cette menace qui s’est renouvelée », a en effet promis le président Buhari. « Dans les prochains jours à venir, je vais participer avec les chefs de l’armée et des services de renseignement à des discussions approfondies sur les prochaines décisions que nous devons prendre », a-t-il ajouté, alors qu’il remettra son mandat en jeu en février prochain, ce qui laisse craindre une intensification des actions menées par l’ISWAP d’ici-là.

Justement, ancien officier sud-africain désormais à la tête de la SMP STTEP, Eeben Barlow s’en est pris aux décisions prises par les responsables politiques nigérians, dans un commentaire publié via sa page Facebook.

« N’accusez pas les forces armées quand ce sont des mauvaises décisions politiques qui aboutissent à ce que des gens meurent », a ainsi écrit Eeben Barlow. « Nous n’avons pu mettre en oeuvre qu’une petite partie de la campagne que nous avions planifiée avant de recevoir l’ordre de quitter le pays », a-t-il ensuite dénoncé. « Beaucoup des hommes que nous avons entraînés sont restés en contact avec nous et ils militent pour notre retour au Nigeria. […] Ils nous disent qu’ils ont été tellement utilisés qu’ils sont au bord de l’effondrement », a-t-il ajouté, avant de souligner que les récentes attaques jihadistes « ont causé de très fortes pertes et la capture de quantités massives d’équipement ».

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