Affaire Skripal : Des espions russes présumés ont été expulsés des Pays-Bas

L’affaire Skripal n’en finit pas de connaître des rebondissements. Le 4 mars, à Salibusry, le colonel Sergueï Skripal, un ancien officier du renseignement militaire russe réfugié au Royaume-Uni, et sa fille furent trouvés inanimés dans un parc de la localité de Salisbury.

Il s’avéra par la suite que les Skripal père et fille avaient été exposés, selon les analyses effectuées par le laboratoire spécialisé du ministère britannique de la Défense [MoD], à du Novitchok, une substance toxique mise au point du temps de la Guerre Froide par l’Union soviétique. Ce que confirma l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, en s’appuyant sur les travaux de quatre centres de recherche indépendants, dont le Laboratoire suisse Spiez, de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP).

Dans le même temps, cette affaire suscita une crise diplomatique entre Londres et Moscou. Et, en réaction, plusieurs pays alliés du Royaume-Uni expulsèrent des diplomates russes. L’affaire aurait pu en rester là si un couple de Britanniques, n’ayant aucun rapport avec les Skripal, n’avaient pas aussi été exposés à du Novitchok. Une exposition fatale à Dawn Sturgess, qui y succomba. Son compagnon, tiré d’affaire, expliqua aux enquêteurs qu’il avait trouvé une bouteille de parfum « Premier Jour » de Nina Ricci à Salisbury. Une fois encore, l’OIAC confirma la nature de la substance que contenait le flacon en question.

Dans quelle mesure ce dernier développement aida les enquêteurs britanniques à remonter les fils de cette affaire? Mystère. Toujours est-il que, le 5 septembre, Londres lança un mandat d’arrêt contre deux ressortissants russes, nommés (ou se faisant nommer) « Alexander Petrov » et « Rouslan Bochirov » et présentés comme étant des agents du GRU, le renseignement militaire russe.

Selon les autorités britanniques, ces deux homme seraient arrivés, en provenance de Moscou, à l’aéroport de Gatwick [Londres-Sud] dans l’après-midi du 2 mars, puis après une nuit passée au City Stay Hotel [Londres-Est], ils auraient pris le train le lendemain pour se rendre à Salisbury avant de rentrer, le soir même, à leur hôtel londonien. Ils auraient effectué le même trajet le lendemain, avant de quitter le Royaume-Uni à 22H30.

À Moscou, l’on nie toute responsabilité dans cette affaire. Cependant, les deux hommes recherchés par les autorités britanniques ont fini par être retrouvés. Et ils ont même eu l’occasion de s’expliquer devant les médias russes, assurant qu’ils ne firent que du tourisme à Salisbury. « Nos amis nous avaient suggéré depuis longtemps de visiter cette ville fabuleuse », ont-ils dit…

Devant le peu de crédibilité de ces justifications, le gouvernement britannique a réagi en évoquant une « insulte à l’intelligence ». Et il va sans dire que les propos des deux « touristes », qui se seraient par ailleurs rendu au moins à six reprises à Genève, ont été abondamment moqués au Royaume-Uni…

C’est dans ce contexte qu’une « affaire dans l’affaire » vient d’être révélée par des journaux néerlandais et suisse. Le 26 mars, le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, décidait l’expulsion de « deux agents des renseignements russes travaillant à l’ambassade de Russie » en réponse à l’attaque de Salisbury. Étaient-ils liés, d’une manière ou d’une autre, à la tentative d’assassinat contre le colonel Skripal? Voire.

En tout cas, d’après le quodien batave NRC Handelsblad, qui a mené une enquête en collaboration avec les journaux suisses Tages-Anzeiger et la Tribune de Genève-24 heures, deux agents russes présumés ont été arrêtés au Pays-Bas par le service de renseignement militaire néerlandais (MIVD) et renvoyés en Russie en mars dernier parce qu’ils tenté de pirater le Laboratoire Spiez, désigné par l’OIAC pour analyser les échantillons de la substance à laquelle les Skripal avaient été exposés.

« Ces deux agents avaient été chargés de placer le laboratoire sous surveillance électronique. Les autorités néerlandaises et suisses partent du principe qu’ils cherchaient à obtenir ou à manipuler des informations à Spiez. Ou alors tout simplement à compromettre la réputation du laboratoire », explique 24-heures.

Ces informations ont été officiellement confirmées par Service de renseignement de la Confédération (SRC). « Le cas des espions russes découverts puis expulsés à La Haye est connu des autorités suisses », a en effet affirmé Isabelle Graber, sa porte-parole. « Nous avons participé activement à cette opération en collaboration avec nos partenaires hollandais et britanniques », a-t-elle continué. Et d’ajouter, sans donner de détails, que le SRC avait également contribué « à la prévention d’actions illégales contre une infrastructure critique suisse. »

« Nous pouvons juste confirmer que le laboratoire de Spiez a été la cible d’attaques cybernétiques. Mais nous y sommes préparés et aucune donnée n’a été volée », a également affirmé Andreas Bucher, le porte-parole du Laboratoire Spiez.

Selon le NRC Handelsblad, les deux agents russes « transportaient du matériel qui leur aurait permis d’entrer dans le réseau informatique du Laboratoire. » Pour rappel, le siège de l’OIAC est installé à La Haye…

Quoi qu’il en soit, le Laboratoire Spiez suscite l’intérêt de Moscou… En avril, Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, avait accusé l’OIAC de ne pas avoir mentionné dans son rapport relatif à l’affaire Skripal le fait que des traces d’une substance neurotoxique, le BZ, auraient été retrouvées par les chimistes suisses.

« Le BZ n’est pas mentionné dans le rapport de l’OIAC. Nous nous demandons pourquoi cette information, qui reflète les conclusions des spécialistes du Laboratoire Spiez, a été omise dans ce document. […] Et si l’OIAC réfute sa collaboration avec le Laboratoire Spiez, il sera intéressant d’écouter leurs explications », avait affirmé M. Lavrov.  Si cela était avéré, comment aurait-il pu le savoir?

« Il est bien clair que le Laboratoire Spiez n’a pas donné d’informations à la Russie », fit valoir, en effet, Urs Wiedmer, un responsable de la communication du DDPS.

Reste à voir ce qui répondront les autorités russes après les révélation de la presse néerlandaise et suisse. « Depuis mars, 37 versions fictives de ce qui s’est passé [à Salisbury, nldr] ont été présentées », a souligné l’ambassade du Royaume-Uni à Moscou.

Photo : Alexander Petrov et Rouslan Bochirov, les deux suspects russes recherchés par le Royaume-Uni

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