La Corée du Sud lance un exercice visant à défendre des îlots contre une éventuelle attaque japonaise

La transitivité n’est pas la propriété qui caractérise généralement les relations internationales. Ainsi, ce n’est pas parce que x est allié avec y et que y est allié avec z que x et z sont forcément alliés. Ainsi, est-ce la cas du Japon et de la Corée du Sud, deux partenaires clés des États-Unis dans la région Indo-Pacifique.

Certes, devant la menace nord-coréenne, Séoul et Tokyo ont établi une coopération dans le domaine du renseignement. Mais les contentieux historiques et territoriaux entre les deux pays [le Japon a annexé la Corée en 1910, ndlr] font que ce rapprochement a été mal vécu par un partie de l’opinion publique sud-coréenne, qui l’a qualifié de « non patriotique » et « d’humiliant ». Et l’on ne parle pas de la réaction de Pyongyang, pour qui tout partenariat avec « l’ennemi juré » qu’est le Japon est vu comme une « trahison ».

D’ailleurs, peu après la déclaration publiée lors du sommet « historique » de Panmunjom, en avril dernier, au cours duquel le chef du régime nord-coréen, Kim Jong-Un, et le président sud-coréen, Moon Jae-in, ont pris l’engagement d’oeuvrer en faveur de la paix, Pyongyang a demandé à Séoul de mettre un terme à sa coopération dans le domaine du renseignement avec Tokyo, au motif qu’elle est la conséquence d’un « accord perfide et extrêmement dangereux » qui « nourrit la méfiance et la confrontation entre les compatriotes et ouvre la porte aux réactionnaires japonais qui souhaitent la reprise du militarisme pour envahir de nouveau la péninsule coréenne. »

En attendant, et quelques jours après l’annonce, faite par le président américain, Donald Trump, dela fin des manoeuvres militaires menées conjointement par les États-Unis et la Corée du Sud afin de contrer la menace nord-coréenne, Séoul a pris une initiative qui risque fort de compliquer ses relations avec Tokyo.

En effet, ce 18 juin, les forces sud-coréennes ont lancé un exercice de deux jours visant à défendre les îles Dokdo [ou rochers Liancourt] d’une attaque… japonaise.

Pour ces manoeuvres, le destroyer Yang Manchun, escorté par cinq autres navires, des avions de patrouille maritime P-3C Orion, des hélicoptères UH-60 Blackhawk et des chasseurs F-15K ainsi qu’une unité d’infanterie de marine sont mobilisés.

Cela étant, cet exercice n’est pas le premier du genre. Il s’agit « d’empêcher une invasion par des forces extérieures », a déclaré Hyun-soo, une porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense, qui parle de manoeuvres de « routine ».

Reste que, via le canal diplomatique, le Japon a « fermement protesté » contre la tenue de cet exercice, qu’il a qualifié « d’inacceptable » et de « tout à fait déplorable ». Et il a exigé leur suspension. Une demande rejetée par les autorités sud-coréennes.

Le statut des rochers Liancourt (Dokdo pour les sud-coréens, Takeshima pour les japonais) est en réalité incertain. Ces îlots furent en effet oubliés quand le Japon dut rendre les territoires qu’il avait pris aux Coréens, lors de la signature du Traité de San Francisco. Et c’est justement pour cette raison que Tokyo y conteste la souveraineté sud-coréenne. Ce qui donne régulièrement lieu à des « poussées » de fièvre entre les deux pays.

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