Vers la détente entre la Corée du Nord et les États-Unis?

Lors de ces deux dernières années, la Corée du Nord a enchaîné les tirs de missiles balistiques (dont trois avaient une capacité intercontinentale) et réalisé trois essais nucléaires (deux 2016, un en septembre 2017).

Et cela, sur fond d’échanges d’amabilités entre le président américain, Donald Trump, et le chef du régime nord-coréen, Kim Jong-Un, des condamnations unanimes du Conseil de sécurité des Nations unies, des sanctions économiques contre Pyongyang sans cesse renforcées (et aussi sans cesse contournées), d’évocation « d’option militaire » (avec, à l’appui, le déploiement de moyens conséquents), et l’on en passe.

Là-dessus, dans leurs traditionnelles analyses prospectives de fin d’année pour 2018, certains centres de réflexion ont mis l’éventualité d’un conflit dans la péninsule coréenne sur le haut du panier. Même l’amiral Mike Mullen, ancien chef d’état-major interarmées américain a estimé que la perspective d’une « guerre nucléaire avec la Corée du Nord et dans la région » n’avait « jamais été aussi proche ». Et d’ajouter : « Je ne vois pas comment on pourrait résoudre tout ceci par la voie diplomatique à ce stade. »

« Les États-Unis sont à la portée de nos tirs nucléaires. Le bouton nucléaire est toujours sur mon bureau. Les Américains doivent prendre conscience que ce n’est pas du chantage, mais la réalité », a ensuite affirmé Kim Jong-Un, lors de ses voeux pour la nouvelle année. En même temps, ce dernier a aussi créé la surprise en tendant la main à la Corée du Sud, en disant être prêt à envoyer une délégation aux Jeux olympiques de Pyeongchang.

Mieux encore. Quelques jours plus tard, Séoul et Pyongyang ont rétabli leur ligne téléphonique directe, qui avait été coupée en 2016 et tenu leurs premières discussions bilatérales depuis 2015 à Panmunjom, le village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53).

Puis, il a été annoncé que les traditionnelles manoeuvres militaires organisées conjointement par les forces américaines et sud-coréennes (Key Resolve et Foal Eagle) allaient être reportées après la trêve olympique.

Et, depuis maintenant plusieurs semaines, on n’a plus entendu parler de tirs de missiles balistiques nord-coréens… Est-ce l’effet des sanctions, une nouvelle renforcées en décembre 2017? Celui de la « stratégie du fou », théorisée par Henry Kissinger et appliquée par M. Trump? Toujours est-il que, comme l’a dit (Raoul) Paul Volfoni dans les Tontons Flingueurs, « aujourd’hui, les diplomates prendraient plutôt le pas sur les hommes d’action. L’époque serait aux tables rondes et à la détente. »

Ainsi, par l’entremise de Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, le locataire de la Maison Blanche a accepté de rencontrer Kim Jong-Un. Ce dernier, a-t-il affirmé, le 8 mars, « a fait part de son désir de rencontrer le président Trump le plus vite possible » et « le président Trump a apprécié le compte-rendu et a dit qu’il rencontrerait Kim Jong Un d’ici fin mai pour parvenir à la dénucléarisation permanente. » Et, pour ce responsable sud-coréen, il s’agit-là d’un « tournant historique » qui permettra « de réaliser la paix sur la péninsule coréenne. »

Ce qu’a confirmé le président américain qui, via Twitter, a salué de « grands progrès » sur l’affaire nord-coréenne, en insistant sur le fait que celui qu’il surnomma « rocket man » avait parlé de « dénucléarisation » et pas seulement du « gel » des activités nucléaires. « Les sanctions doivent rester en place jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé », a-t-il ajouté.

Ce dernier développement survient après de nouvelles purges au sein de l’appareil d’État nord-coréen (le ministre de la Sécurité de l’État Kim Won-Hong et le chef d’état-major de l’armée, le général Hwang Pyong So ont été limogés) et surtout après un entretien entre Kim Jong-Un et Chung Eui-yong en début de semaine. Le chef du régime nord-coréen lui avait assuré qu’il était prêt à un « dialogue franc » avec les Etats-Unis pour évoquer la dénucléarisation.

Cela étant, l’on peut s’interroger sur les raisons qui pousseraient Kim Jong-Un à tirer un trait sur l’arsenal nucléaire nord-coréen, considéré à Pyongyang comme étant l’assurance-vie du régime. Cette volte-face aussi soudaine a donc bien des mystères… En outre, il convient de souligner que l’invitation nord-coréenne n’a pas été envoyée directement à M. Trump et qu’elle n’est qu’orale.

« Kim n’invite pas Trump pour lui livrer les armes nord-coréennes. Il invite Trump pour prouver que ses investissements dans des capacités nucléaires et balistiques ont obligé les Etats-Unis à le traiter d’égal à égal », estime Jeffrey Lewis, de l’Institut Middlebury des études stratégiques, d’après l’AFP.

« Très honnêtement, ça a été un peu une surprise pour nous qu’il [Kim Jong-Un] soit aussi ouvert dans ses discussions avec la délégation sud-coréenne », a commenté Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine. « Maintenant, il faut s’accorder sur le timing de cette première rencontre et cela prendra des semaines avant que tout soit réglé », a-t-il précisé.

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