Le fabricant de drones DJI accusé de livrer des données sur des sites gouvernementaux américains à Pékin

Au fil du temps, l’entreprise chinoise DJI s’est imposée sur le marché des drones de loisir et professionnels, avec des appareils comme le Phantom, le Mavic ou encore l’Inspire. Ces engins utilisent des logiciels et des applications qui permettent de stocker les données des utilisateurs (plans de vol, par exemple). Or, cela ne plaît pas à tout le monde, à commencer par les autorités américaines.

En août, l’US Army Research Laboratory avait ainsi interdit l’utilisation des drones fabriqués par DJI en faisant état de « vulnérabilités cybernétiques » potentielles. En outre, il avait demandé la désinstallation de tous les logiciels fournis par l’industriel chinois.

En réponse, DJI s’était dit « surpris et déçu » par cette mesure de l’US Army, avant d’assurer être « toujours heureux de travailler directement avec n’importe quelle organisation, y compris l’armée américaine, sur la gestion des problèmes de sécurité. »

Mais l’affaire n’en est pas restée là. Alors que les parts de marché du drone de loisir détenues par DJI aux États-Unis frôlent les 70%, l’industriel chinois tente de séduire les entreprises et les admnistrations, en particulier dans les domaines de l’énergie, du transport et de la sécurité. Et cela, en « cassant » les prix. Or, pour les douanes américaines, cette stratégie n’est pas anodine.

En effet, les autorités américaines accusent DJI d’utiliser ses drones et les logiciels qui leur sont associés pour « fournir des données sur les infrastructures critiques au gouvernement chinois ». A priori, les particuliers ne seraient donc pas concernés.

Selon une note [.pdf] de l’US Immigration and Customs Enforcement (ICE), des données de géolocalisation ainsi que des images d’infrastructures sensibles (gares, centrales électriques, réservoirs d’eau, etc…) seraient « automatiquement » stockées sur des serveurs « auxquels le gouvernement chinois a très probablement accès ».

En outre, les autorités américaines ont une « forte confiance » sur le fait que la politique commerciale de DJI vise les agences gouvernementales stratégiques « pour étendre sa capacité à collecter et exploiter des données sensibles sur les États-Unis. » Et ces informations seraient de nature à faciliter une cyberattaque, voire une attaque physique, contre des insfrastructures critiques.

Évidemment, DJI réfute ces accusations, en soulignant que ses clients ont la possibilité de garder un contrôle « total » sur les données pouvant être collectées au moyen des drones qu’il leur a vendus. Dans un communiqué, l’industriel chinois a fait valoir que la note de l’ICE était basée sur des « affirmations clairement fausses et trompeuses. »

Et d’ajouter : « Les allégations de cette note sont profondément erronées que l’ICE devrait envisager de la retirer, ou de corriger au moins ses affirmations insoutenables. »

Cela étant, comme le rappelle le New York Times, les autorités chinoises sont également très suspicieuses à l’égard des entreprises technologiques américaines, comme Microsoft ou Apple. Ces dernières sont désormais tenues, de par une loi récente, à conserver en Chine toutes les données qu’elles y collectent.

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