La fête nationale espagnole endeuillée par l’accident d’un avion Eurofighter

Un avion de combat Eurofighter 2000 (ou Typhoon) de l’Ejército del Aire [force aérienne espagnole, ndlr] s’est écrasé près de la base aérienne de Los Llanos, près d’Albacete, à 300 km au sud-est de la capitale. Le pilote de l’appareil, le capitaine Borja Aybar, y a malheureusement laissé la vie.

L’accident s’est produit aux environs de 12h09, alors qu’une formation de quatre Eurofighter du 142 Escuadrón (Ala 14) ayant participé au défilé aérien du Jour de l’hispanité [fête nationale espagnole, qui célèbre la découverte de l’Amérique par Christophe Collomb, ndlr] s’apprêtait à atterrir sur la base de Los Llanos. Un incendie s’est déclaré juste après l’impact.

« L’accident s’est produit lors de la manoeuvre d’approche pour atterrir » à Los Llanos. […] Il n’y a pas eu d’autres victimes », a indiqué le ministère espagnol de la Défense.

Selon les médias espagnols, l’accident s’est produit sous les yeux de l’épouse du pilote et de son enfant, âgé de seulement quelques semaines. Elle a été prise en charge par les services médicaux de la base.

Ce drame est survenu quasiment deux semaines après l’accident, lors d’une démonstration, d’un autre Eurofighter Typhoon, à Terracina, à environ 80 km au sud de Rome. Là aussi, le pilote, le capitaine Gabriele Orlandi, fut tué sur le coup.

Quatre Eurofighter ont été victimes d’accidents en Espagne. Le premier eut lieu en novembre 2002, avec un prototype de cet avion, vol d’essai près de Belvis de la Jara (Tolède). L’équipage s’en était sorti indemne. Un autre exemplaire fut perdu à Morón (Séville), en août 2010. L’aviateur saoudien, alors en formation en Espagne, qui était aux commandes fut tué. Enfin, en juin 2014, un troisième appareil s’était écrasé en phase d’approche, également à Morón, ne laissant aucune chance à son pilote.

37 commentaires sur “La fête nationale espagnole endeuillée par l’accident d’un avion Eurofighter”

    1. si l’Espagne laisse l’indépendance de la Catalogne, il n’y aura pas d’accident.

    2. Sur ce plan bien particulier de l’accidentologie des avions de combat, reconnaissons que les espagnols ne jouent pas dans la même catégorie que les russes qui restent très très loin devant.

  1. De ce que raconte l’homme à partir de 0’33, c’est encore en sortie de boucle… ce qui rappelle étrangement l’accident en Italie !

    1. Sait-on combien de Typhoons ont été perdus depuis l’entrée en service?
      difficile de trouver sur le Net…

      1. Il y a un Typhon saoudien perdu au Yémen il a quelques semaines.

        Il s’agissait de la première perte en opérations de combat.

      2. 6 Typhoon / Eurofighter 2000 ont été perdus depuis 2002 en comptant ce dernier en Espagne.
        .
        Il y eut 2 autres incidents de type atterrissages forcés avec la RAF et surtout une collision entre un a Learjet 35A et un Eurofighter 2000 allemand à laquelle ce dernier aura survécu contrairement au jet d’affaire déstabilisé qui s’écrasait avec ses 2 occupants.
        .
        4 des 6 Typhoon perdus sont espagnols.

  2. Sans connaissance sur le sujet, comment expliquer qu’avec des sièges ejectables « zéro-zéro » les pilotes se tuent encore en cas d’avarie grave rencontrée?

    1. Je pense que le temps de la décision de l’homme de s’ejecter ou pas est au coeur du problème Trop tôt il risque de sacrifier une machine couteuse alors qu’elle pouvait être sauvée trop tard…

    2. Qui sait si c’est une avarie ou un malaise du pilote ? Dans le second cas, ce pourrait être une explication.
      En tout cas, condoléances à la famille.

    3. Basse altitude, pas eu le temps de comprendre ce qui arrivait et de déclencher les sièges?

    4. @ Gorgou
      Je suppose que ça va très vite et qu’ils n’ont pas le temps de réagir.
      D’autant que pour un pilote, abandonner son avion n’est pas un acte naturel et spontané.

    5. Un siège éjectable doit rapidement emmener le pilote à une altitude de sécurité pour que le parachute puisse se déployer à une altitude de sécurité. Un siège 0-0 est un siège qui permet cela à une vitesse de 0 Km/h et une altitude de 0m. Le pilote est donc protégé au sol.

      Toutefois, il faut comprendre que ce n’est pas la vitesse et l’altitude qui détermine la survie, mais plutôt l’attitude de l’avion (en roulis et tangage) ainsi que la vitesse verticale.

      Imaginez que vous vous éjectiez en volant sur le dos à 50m d’altitude, le siège essaiera de vous remettre droit, mais trop tard, et le parachute n’aura pas le temps de s’ouvrir.

      Imaginez maintenant être à 900 km/h, à 60° de piquet, ailes à plat à 50m d’altitude. Vous avez donc une forte vitesse verticale, le sol se rapproche vite. La propulsion du siège devra donc compenser votre vitesse verticale, puis vous amenez suffisamment haut pour l’ouverture du parachute, ce que même un siège 0-0 n’est pas capable de faire. Ainsi, il faut plus voir un 0-0 comme : vitesse verticale = 0 et inclinaison = 0

      Ces exemples simples permettent de comprendre les limites du siège éjectable.

      Il faut aussi comprendre que pour éviter une collision, généralement, le pilote « tire sur le manche » et au moment ou il comprend que « ça passe pas », il va devoir lâcher le manche pour tirer la poignet du siège, ce qui est je pense une action difficile à faire car l’avion va s’enfoncer brutalement.
      Enfin, il faut aussi qu’il prenne la décision de tirer la poignet, certains pilotes ont préféré piloter jusqu’au bout pour éviter des habitations par exemple.

      1. @HARF

        Concernant les éjections alors que l’ avion se trouve dans une position totalement inadaptée , les sièges éjectables russes de l’équipementier Zvezda semblent avoir fait forte impression lors du crash du Mig 29 au Salon du Bourget 1989 …

        En russe :
        https://www.youtube.com/watch?v=YL1FblthxQ0

        En français :
        http://www.ina.fr/video/I05174373

        « Imaginez maintenant être à 900 km/h, à 60° de piquet, ailes à plat à 50m d’altitude. Vous avez donc une forte vitesse verticale, le sol se rapproche vite.
        En savoir plus sur http://www.opex360.com/2017/10/12/la-fete-nationale-espagnole-endeuillee-par-laccident-dun-avion-eurofighter/#VZPJff34zAiXdbZl.99 »

        Je ne comprends pas votre exemple …

        900 km/h c’ est environ 250 m/s ; 50 m seront donc parcourus en 1/5ème de seconde … Vous précisez que l’ avion a les ailes à plat mais que simultanément il est engagé dans un piqué à 60° … S’ il est en piqué , comment peut-il avoir les ailes à plat ? À ce moment-là , j’ aurais plutôt dit qu’ il chute ou qu’ il descend vers le sol mais pas qu’ il est en piqué …?

        De plus , s’ il est en piqué à 90° , à 50 m au-dessus du sol , à la vitesse de 900 km/h , il impactera avant 1 seconde , 1/5ème comme nous l’ avons vu … Autrement-dit il est déjà cinq fois trop tard pour réagir , la décision aurait dû être prise tel qu’ il reste 1 seconde avant l’ impact au moment où le siège et son pilote quittent l’ avion ( si cela reste faisable ) … et encore c’ est vraiment très juste … soient à 250 m d’ altitude … mais certainement pas en dessous … cinq fois trop risqué ( explosion , boule de feu , débris/éclats , souffle ) !

        C’ est à dire qu’ à 60° d’ inclinaison vers le bas , en piqué , toujours à 900 à l’ heure , le pilote dispose d’ 1/3 du temps en plus et c’ est tout ; sauver sa peau , c’ est-à-dire évacuer l’ avion , doit se passer dans un tel cas de figure au maximum à environ 170 m d’ altitude mais pas plus … et je parle bien d’ évacuation proprement-dite , pas de déclencher la procédure visant à déclencher celle-ci , encore moins de la prise de décision mentale qui doivent intervenir beaucoup plus tôt encore …

        Que dites-vous de ce raisonnement ? Seriez-vous d’ accord ?

        1. Vous avez raison sur le principe. En effet, je connaissais l’éjection du mig 29, elle est très impressionnante. Je crois que les sièges occidentaux ont aussi le même système, mais il ne me semble pas avoir du de vidéo.

          Sur votre raisonnement, vous avez raison (une remarque toutefois, la vitesse verticale vaut vitesse/sinus(angle de piqué) qui est égal ici à environ 200m/s) mais cela ne change rien au sens de votre propos.

          Ailes à plat signifie juste pour moi roulis=0° et ne concerne pas le tangage (qui ici est à -60°)

          Effectivement, si dans cet exemple le pilote décide de s’éjecter à 50m, le siège n’aura même pas le temps de partir. Mais comme vous le dite, ça va vite, et c’est ce que je veux montrer. Le pilote est obligé d’anticiper très tôt son éjection, et c’est souvent fatal, car c’est en général avant qu’il s’aperçoive que la figure ne passe pas.
          Et quand bien même le siège par à 50m, je crois qu’il délivre une accélération de 17G, soit 170m/s/s (le siège a une vitesse de 170 m/s après 1 seconde de poussé), et on voit que ça ne compense même pas la vitesse verticale de l’avion qui était je rappelle à 200 m/S.
          C’est pourquoi, avant de commencer une figure, la procédure dit clairement de toujours vérifier ses points clés en particulier altitude et vitesse OK.

          1. @HARF

            Je vous remercie de cette très instructive réponse ! 🙂

            Concernant votre remarque …

            « Sur votre raisonnement, vous avez raison (une remarque toutefois, la vitesse verticale vaut vitesse/sinus(angle de piqué) qui est égal ici à environ 200m/s) mais cela ne change rien au sens de votre propos. »

            … j’ aurais dû y penser , c’ est tout-à-fait juste ; hâtivement , j’ ai raisonné « en palier » alors que vous aviez bien pris soin de préciser « en piqué » à 60° d’ angle d’ inclinaison négative …
            Pareil pour les ailes à plat , je me suis très mal représenté l’ incidence … 🙁

      2. Merci pour vos explications. Voir la situation côté pilote nous permet de ne pas interpréter bêtement cet accident.

      3. « certains pilotes ont préféré piloter jusqu’au bout pour éviter des habitations par exemple. »
        Et il y en a à proximité sur la vidéo.

  3. Condoléances à la famille je veux pas faire dans le symbolisme à deux balles mais un avion qui va au tapis pendant la fête nationale espagnole c est une image de mauvaise augure quand on sait ce qui se passe en ce moment en Espagne.

    1. Vous précisez que vous ne voulez pas faire dans le symbolisme, mais vous l’écrivez quand même: cohérence quand tu nous tiens.

  4. Et de deux en un rien de temps …

    Respect à la mémoire du pilote et sincères sympathies à la famille , aux proches …

  5. Quel est le « ratio » des accidents sur cette machine ? nous avons des chiffres assez impressionnants (connus) sur les F104 allemands ou belges (38% dans ce pays), ainsi que sur les Étendards de première génération (France) … Ils avoisinent les +30% des machines livrées … Souvent sur des types d’accidents similaires. Il semblerait que l’approche en Eurofighter soit assez « pointue ». Non ?

    1. Le ratio d’accidents de 7 Typhoon (dont 6 perdus) sur plus de 500 livrés est infiniment inférieur au celui des F-104.

  6. Décidément, mauvaise passe pour le Typhoon …
    Une pensée pour ce malheureux pilote mort sous les yeux de sa famille.

  7. On voit sur la vidéo des habitations proches du lieu du crash, ça me laisse penser que le pilote est resté jusqu’au bout dans son appareil pour éviter d’autres victimes. Condoléances à la famille et à l’ Ejército del Aire.

  8. En sortie de boucle….???
    Mais le défilé était fini et l’avion rentrait à sa base!

  9. Base aérienne de Los Llanos, de sinistre mémoire pour l’armée de l’Air. C’était le 26 janvier 2015.

  10. Selon la presse espagnole le pilote ne se serai pas éjecté afin d’éviter que l’avion tombe dans une petite agglomération voisine.
    Entre l’accident de l’avion saoudien le 13 septembre, de l’italien le 24 et maintenant de l’espagnol, c’est vraiment la serie noir des Eurofighter 🙁

  11. dure période pour l’espagne !
    Le typhoon a connu 6 crash contre 5 pour le rafale sachant qu’il y a 3x plus typhoon (mais pas forcément 3x plus de typhoon en air).
    On est donc face à un taux d’atrission de 2,5% pour le rafale et 1% pour le typhoon mais ce dernier n’a pas de version marine, 4 des 5 pertes de rafale sont des marins.

    1. 2 Rafale furent également perdus sur un seul et même accident au cours d’une collision entre les deux. Ce qui en fait nous fait 4 accidents pour ces 5 Rafale perdus

  12. Après l’Allemagne, Italie, maintenant Espagne, ils ont un problème les eurofighters ?

    1. non sur le mois c’est Arabie saoudite, Italie, Espagne.
      Pas forcement c’est une sérieux noire, on a perdu 2 rafale dans un seul et meme accident …
      et le taux d’attrition des EF est plus faible que les rafale donc attendons.

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