Décès du colonel Louis Lemaire, un aviateur français qui participa au Débarquement en Normandie

C’est par son petit-neveu que l’on a appris le décès, le 8 août, du colonel Louis Lemaire, alias « Lohic », l’un des derniers pilotes de chasse français ayant participé aux opérations aériennes du Débarquement en Normandie, le 6 juin 1944.

S’il est maintenant beaucoup question des 177 membres du commando Kieffer qui débarquèrent sur la plage Sword, à hauteur de Colleville-Montgomery, le rôle tenu ce jour-là par les Forces aériennes françaises libres (FAFL) est relativement peu évoqué.

Pourtant, dès l’aube, les Douglas Mc IIIA Boston du Squadron 342 « Lorraine » se risquèrent à répandre un rideau de fumée sur les défenses allemandes installées aux abords des plages d’Omaha et d’Utah. Les groupes Tunisie et Guyenne, dotés de bombardiers Halifax furent sollicités, de même que les Spitfire des groupes de chasse Île-de-France, Alsace, Cigognes et Berry. Et Louis Lemaire, qui était alors lieutenant, se trouvait aux commandes de l’un d’entre-eux.

C’est le 5 août 1918 que Marthe Lemaire, née Surcouf (elle est une arrière-petite-nièce du corsaire mythique), donne naissance à Louis, qui intégrera l’École de l’Air, avec la ferme intention de devenir pilote de chasse, à l’âge de 20 ans. Ses deux frères, Philippe et André, feront aussi une carrière militaire : le premier dans les Troupes de Marine (infanterie coloniale, à l’époque), le second, dans la Marine nationale, en tant que pilote de l’aéronavale).

En juin 1940, l’armée française, bien qu’elle n’ait jamais démérité, est défaite par les troupes allemandes. Ayant entendu l’appel lancé par le général de Gaulle sur les ondes de la BBC, le sous-lieutenant Lemaire veut continuer le combat et rejoindre l’Angleterre. Pour cela, il envisage de traverser la Manche avec un bimoteur. Mais la malchance s’en mêle et, faute de carburant, il est contraint de renoncer à son projet. Il se résigne alors à rester dans l’armée d’Armistice et se retrouve affecté en Syrie, puis en Afrique du Nord, où les Alliés débarqueront en novembre 1942.

Le jeune officier profite de l’occasion. Nommé lieutenant, il rejoint les FAFL et assure 42 missions pour le compte du Coastal Command de la Royal Air Force (RAF). En 1944, il est affecté au Squadron 345, qui vient d’être formé en reprenant les traditions du groupe de chasse II/2 « Berry ». L’unité, dotée de 22 Spitfire, assure sa première mission opérationnelle en mai, depuis la base de Shoreham, dans le Sussex.

C’est ainsi que le 6 juin, le lieutenant Lemaire prend part au Débarquement en Normandie, en effectuant une mission de couverture de la 4e DI américaine, alors sur la plage d’Utah Beach. Le Squadron 345 perdra l’un des siens : le lieutenant Jacques Joubert des Ouches, Compagnon de la Libération.

Par la suite, le lieutenant Lemaire enchaîne les missions offensives et de protection (convois, bombardiers). Entre le 2 mai et le 19 juin 1944, il aura effectué 25 sorties de guerre en territoire ennemi. À la fin de l’année, il est promu capitaine. Il prend alors le commandement du A Flight du Squadron 345.

Le 8 février 1945, l’avion du capitaine Lemaire est endommagé par la DCA allemande (Flak). Mais malgré des commandes de vol atteintes et une radio hors-service, il parvient à regagner sa base. Deux semaines plus tard, il revivra la même mésaventure. Enfin, le 10 avril, l’affaire est plus sérieuse : en mitraillant une colonne de véhicules allemands aux Pays-Bas, l’aile gauche de son Spitfire est arrachée par un obus de Flak. Il réussit, « grâce à un prodige d’énergie », à se poser en catastrophe dans un champ. Il sera retrouvé évanoui, avec quelques contusions. Un miracle. [voir la photo de l’épave du « Spit » ci-dessous]

Ce qui lui vaudra une citation : « Officier de haute valeur morale, commandant d’escadrille enthousiaste et fanatique de son métier. Conduit ses pilotes au combat avec un sang-froid et une audace qui lui valent l’estime et l’admiration de tous », y est-il souligné.

Au moment de la capitulation de l’Allemagne, le groupe « Berry » a malheureusement perdu 14 de ses pilotes et 27 avions. Quant au capitaine Lemaire, fait chevalier de la Légion d’Honneur le 21 juin 1945, il compte 152 missions de guerre à son actif. Il est alors titulaire de la Croix de Guerre 39-45, avec 5 citations, dont 4 palmes et une étoile d’argent. En 1946, il recevra la Distinguished Flying Cross (DFC).

La guerre terminée, le capitaine Lemaire est affecté Groupe de chasse Alsace, dont il deviendra le commandant en second en Indochine, où, de par sa conduite au feu, il se verra décerner la Croix de guerre des TOE (deux palmes). Il sera promu officier de la Légion d’Honneur le 31 décembre 1947.

En Algérie, alors qu’il est devenu lieutenant-colonel, il recevra la Croix de la Valeur Militaire (une étoile d’argent) et sera fait commandeur de la Légion d’Honneur (le 10 octobre 1956). Il quittera ensuite l’armée de l’Air, en 1970, après 32 ans de service.

27 commentaires sur “Décès du colonel Louis Lemaire, un aviateur français qui participa au Débarquement en Normandie”

  1. Ceux qui se sont engagés dans les Force Françaises Libres ont sauvé l’honneur de la France, et ont fait preuve d’un immense courage.

  2. Très beau parcours que celui de ce membre de la famille Surcouf.
    Mes respects posthumes, mon colonel.
    Toutes mes pensées à vos proches.

  3. 99 ans , en voilà un qui a eu du bol !
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    Quel soldat !
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    Il faut croire qu’ il y en a eu beaucoup à qui aujourd’ hui , bien évidemment , hormis peut-être sur des sites comme celui de notre hôte , plus personne ne sait ou ne veut rendre les honneurs ou du moins l’ hommage qu’ ils méritent …
    « On » préfère te donner des nouvelles de l’ autre illuminé transféré de tel hôpital à tel autre ( ce qui n’ a en soi aucun intérêt ) plutôt que de saluer la mémoire de la vaillance de tels serviteurs de la France qui ont fait l’ Histoire et ont su protéger notre pays … Très triste époque …
    .
    Quoi qu’ il en soit , je m’ associe pleinement au travail de mémoire de Laurent , et salue bien bas la bravoure du colonel Louis Lemaire à qui je témoigne tout mon respect , toute ma reconnaissance ; votre famille peut se montrer très fière de vous .
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    Je vous souhaite un bon dernier envol …

  4. « d’aujourd’hui à la fin du monde, sans qu’on se souvienne de nous, de notre petite bande, de notre heureuse petite bande de frères »

  5. Toute une vie au service de la Nation, dommage que l’on enseigne pas cela à nos enfants et petits enfants dans notre système éducatif car la mémoire s’étiole au fur et à mesure que disparaissent ces héros qui ont fait notre liberté d’ajourd’hui

  6. Le commando Kieffer, sans doute à cause du livre « Nous étions 177 », a glorieusement causé beaucoup de tort à la Mémoire. On a trop lu le titre de ce livre comme « Nous n’étions que 177 ».

    Des français ont combattu ces jours de juin, français libres et français engagés dans les armées alliées, ces derniers probablement les plus nombreux (A vérifier). Les premiers n’ont pas été ceux de Kieffer, ils ont été les parachutés de nuit. Oui avant le jour-J il y a eu la nuit-N.

    Et nos marins sur leurs navires.

    Il y a injustice à oublier ceux qui n’ont pas trouvé d’auteurs de livres.

    Mais patience, dans cinquante ans, de vrais historiens s’en viendront tels des archéologues écrire l’Histoire de tous ces affreux individus qui ont osé combattre l’Allemagne, sous tant d’uniformes, et libérer leur Pays. Sans attendre Torch et qu’on leur explique les gravures.

    Entre ceux oubliés, 90 000 de 1940, puis ceux oubliés d’ensuite, pour laisser place à l’épopée gaullo-communiste, nous avons trop d’oubliés. Maintenant que le Gaullisme est mort, et le Communisme pareil, peut-être qu’on pourrait ENFIN causer de tous ces gens qui ont fait la guerre sans autre étiquette que « France ».

    Perso ce qui m’ennuie, vu mon âge avancé, c’est que je ne verrai pas publiée l’Histoire corrigée de la Libération.

    1. « Histoire corrigée » ?.Aïe.Si vous voulez dire qu’on ne parle pas des sans grade,des inconnus,qui par définition,on ne connaitra jamais,je suis d’accord.Corriger l’Histoire pour en faire une image d’Epinal,De Gaulle l’a fait,par intérêt supérieur de la Nation.Cela doit rester une exception.Sinon ce n’est plus l’Histoire,mais des histoires.
      PS: Un autre trompe la mort qui s’en va.Tout mon respect.

    2. Myshl,
      Il y a eu les French SAS et les Jedburgh.
      Sassi a écrit sur les Jedburgh et Château Jobert sur les french SAS.
      Vous avez bien raison, mais l’histoire authentique peut être travestie, elle finira par être reconnue, même si nous ne le voyons pas. Ce sont plutôt les faussaires et les récupérateurs qui ont du mouron à se faire pour leurs légendes.

    3. L’Histoire on la forme ou on la subit! Et ne pas oublier le SOE de R Maloubier formateur des futurs commandos français.
      -N°2 Air en Indochine, il aurait pu nous éclairer sur Dien-Bien-Phù… Tout mon respect à cet homme.

      1. J’ai entendu Maloubier dans une interview dire que le camp retranché de Dien Bien Phu était une connerie, il n’a pas été le seul. Je crois qu’il l’a aussi écrit dans un livre, il faudrait que je le retrouve.

        1. sans vouloir le moins du monde critiquer Maloubier en particulier, tous ceux qui ont critiqué DBP ont écrit leurs bouquins APRES la chute du camp retranché; comme dirait l’autre, il est plus facile de prédire le passé que l’avenir.
          Pouget a écrit un livre équilibré sur ce sujet qu’il était à l’époque bien placé pour observer ( aide de camp du généchef puis commandant de cie para à DBP : une palanquée de ministes, de généraux, français UK, US ont inspecté ou visité le camp avant le 13 mars, personne n’a mis en doute les choix opératifs ou tactiques effectués !

          1. Dont Nixon qui a visité l’hôpital de campagne le plus proche de Dien-Bien-Phù. Mais si on a été vaincu c’est simplement à cause de mauvais choix tactiques et d’une mauvaise appréciation du niveau des forces de Giap, qui ne l’oublions pas, a été un grand militaire qui a marqué son temps mais aussi l’histoire. De Castries lui, s’est retrouvé avec une sorte de cadeau empoisonné. Si le camp s’est rendu avec encore 10 000 hommes debout, c’est à cause de la rupture logistique aérienne, et la fin de pouvoir évacuer les blessé très très nombreux, et donc aussi munitions et nourritures. Comme à Douaumont, où cette fois-là les français ont dû se rendre faute d’avoir de l’eau à boire, réservoir fissuré par les bombardements. Sinon DBP aurait pu continuer le combat, les viets étaient au bord de la rupture également. Enfin pour moi il est incontestable que cela vient d’erreurs françaises, pourtant Napoléon nous avait appris l’importance de protéger la ligne logistique, et choisir DBP était étrange, car trop loin pour assurer le ravitaillement et l’EVASAN à travers la jungle jusqu’à Hanoï. Pourquoi DBP alors? Pour soit disant bloquer le grenier à riz de l’ennemi…

          2. d’après les archives de la guerre d’indochene, le choix de DBP repose sur une obligation , protéger le Laos, et sur un pari stratégique:
            le vietminh n’aurait pas les moyens logistiques de maintenir le siège dans la durée et nous serions capables de couper ses voies d’appro; en d’autres termes, s’il attaquait, c’est son corps de bataille qui se ferait casser !
            ça n’a pas fonctionné, d’une part parce que notre contrebatterie a été inefficace et , avec la mise HS de la piste d’aviation, c’est nos appros qui ont manqué et d’autre part les appro viet n’ont pas été coupés.
            il semble bien qu’à mi avril, les divisions viet étaient quasi groggy et qu’il y a fallu une sérieuse reprise en main et l’acheminement de renforts dont on dit qu’ils n’étaient pas tous vietnamiens pour le dernier round
            comme quoi les hypothéses françaises n’étaient pas totalement farfelues, mais bon , à la guerre, il y en a forcément un qui pert !

    4. Parmi les oubliés de l’ Histoire , dans le même ordre d’ idées , il y a aussi 3 millions de morts dont on ne parle jamais …
      Devinerez-vous lesquels et pourquoi ?

  7. Même si je ne ferai probablement jamais d’actions aussi courageuses que celles de ces hommes-là, citer les « actions françaises » durant les débarquement de Normandie me fait toujours sourire.

    Les relations que de Gaule entretenait avec ses alliés étaient pour le moins houleuses. Ainsi, ceux-ci n’ont pris la peine de lui annoncer le fameux d-day que… 3 jours avant. « Hé, au fait, Charles, on débarque dans ton pays. ça t’embête pas? » Du coup, le brave général a fait des pieds et des mains pour pouvoir faire embarquer les malheureux 177 hommes du commandos Kieffer sur un navire de la Navy. Sur 56 000 hommes débarqués le premier jours, cette poignée de Français fait bien pâle figure, et n’ont aucune portée sur l’action, sinon symbolique. Si les Français (et leurs nombreux supplétifs coloniaux) n’ont pas démérité en Italie, en Provence ou en Alsace, laissons-les à leur place en ce qui concerne le débarquement de Normandie, c’est-à-dire quasiment absent du champ de bataille.

    Notons tout de même que cela n’empêchera pas de Gaule de manœuvrer très habilement, empêchant son pays de se voir imposer un gouvernement externe, et lui permettant de se hisser sur la plus haute marche du pouvoir hexagonal. À défaut d’avoir pu peser sur le déroulement de la guerre (en étant écarté des grandes conférences où les décisions importantes concernant le conflit et son règlement ont été prises, notamment), de Gaule aura su peser de tout son poids (qui devait être relativement élevé, vu sa grande taille) sur la politique nationale. On se rattrape comme on peut.

    Oui je sais, je prends des risques à dire ça ici, mais à vivre sans péril, on meurt sans gloire.

    1. Je sais que mon grand père, Louis Lemaire, gardait un souvenir prenant de ces milliers d’hommes embarqués dans les innombrables barges de débarquement qu’il survollait en mai 44. Quand il en parlait, c’était avec avec la gorge serrée et un immense respect pour ces milliers de bifins qui allaient au casse pipe. La guerre est une histoire d’inconnus qui se battent pour les décisions de quelques connus. La célébrité – pour ce qu’elle vaut – n’enlève rien au courage et au don de soi que nos anciens ont témoigné il y a quelques décennies, qu’ils aient trouvé un éditeur ou pas. Je pense qu’ils sont tous présents dans le coeur de ceux qui ont vécu l’histoire.

      1. Mais je n’enlève aucun mérite à ces hommes. C’est d’ailleurs bien pour souligner cela que j’ai dit que je ne me pensais pas capable d’accomplir des actions aussi courageuses qu’eux.
        Non, ce que je dis, c’est que la participation française au débarquement de Normandie est largement sur-utilisée et médiatisée par rapport aux conséquences stratégiques qu’elle a eue. Le commando Kieffer, entre autres, n’aurait pas été là que le résultat de la bataille n’aurait pas été bien différent, ce que les discours et autres documentaires grandiloquents sur le sujet semblent oublier. Si la valeur de ces hommes n’est pas à questionner, sachons raison garder quant aux conséquences de leurs actions.
        Dans cette optique, je me place dans une perspective certes « froide », plus factuelle de l’histoire, mais qui permet une analyse « objective » (aussi objectif que l’homme peut l’être du moins) des faits. L’Histoire correctement analysée, c’est bien une histoire qui parvient à se détacher des émotions, quelles qu’elles soient. C’était le vœux de Marc Bloch, historien et soldat français de 1940, notamment auteur de « L’Étrange Défaite » et c’est aussi le miens.

    2. @de jp_perfect
      -« À défaut d’avoir pu peser sur le déroulement de la guerre (en étant écarté des grandes conférences où les décisions importantes concernant le conflit et son règlement ont été prises, notamment) »
      -La France, la Grande-Bretagne, les USA, et la Russie ont partagés la sécurisation de l’Allemagne, De Gaulle a prit tout sa place, la place de la France! Honneur Total!!

      1. Et surtout, une fois réfugié en Grande-Bretagne, De Gaulle n’aura pas chômé. On l’a vu à l’oeuvre, respect profond!

        1. Vous savez, il est mort, le général, alors ça ne sert plus à rien de lui lécher les pompes.
          De Gaule s’est fait maintes fois évincer des hauts lieux de décisions et a dû manœuvrer, certes finement, pour représenter la France, notamment contre… Giraud, qui était largement préféré au général pour représenter la France Libre par les dirigeants Alliés. Il n’a ainsi pas pris part au décisions militaires à Casablanca, et n’était même pas invité à Yalta. C’est que Roosevelt démontrait une claire inimité envers lui, et que Churchill ne le portait pas non plus dans son cœur.
          En outre, les forces françaises libres dépendaient presque exclusivement de leurs alliés pour leur équipement (la 2ème DB n’est-elle pas entrée dans Paris sur des M4 Sherman?), et en grande partie des colonies pour fournir la main-d’œuvre (coloniaux qui seront d’ailleurs bien mal récompensés pour leur sacrifices. C’est beau, la France reconnaissante…). Les colonies étaient d’ailleurs grandement décriées par les États-Unis (de par leur passé) et par l’URSS (de par leur politique) et ils ne s’émouvront guère de voir les empires être démantelés. En outre, la flotte française n’avait de loin plus la même valeur qu’en 1940, car majoritairement au fond e la rade de Toulon, ou alors en refonte dans les chantiers navals anglo-américains, tandis que les forces terrestres et aériennes restent peu fournies (par rapport aux autres nations) jusqu’à fin 1944. En effet, si la France est en grande partie libérée, et peut donc à nouveau mobiliser sa population, il faut encore équiper et re-former tous les nouveaux engagés, ce qui ne se fait pas en un tournemain. Si le sens politique du général et le courage et la qualité des troupes doivent être reconnus, la France a perdu son leadership dans la conduite de la guerre en mai 1940, et se retrouve dès lors reléguée au second plan, comme la Pologne (qui fourni d’ailleurs pendant longtemps un contingent supérieur aux Français) ou la Chine. Alors oui, de Lattre a mené des actions militaires d’importances et couronnées de succès à la fin de la guerre (face à une Allemagne qui reste certes dangereuse, mais qui s’effondre malgré tout et dont le sort ne fait plus aucun doute), mais la France n’obtient une zone d’occupation que par sa proximité géographique de l’Allemagne et au bon vouloir des anglo-saxons.
          Mon but n’est pas là de cracher sur la France, mais je suis sûr que vous le ressentirez comme tel. Le but, c’est de constater honnêtement qui a quelle responsabilité lors de conflit. Et j’en reviens à ce que j’ai écrit plus haut, « L’Histoire correctement analysée, c’est bien une histoire qui parvient à se détacher des émotions, quelles qu’elles soient. C’était le vœux de Marc Bloch, historien et soldat français de 1940, notamment auteur de « L’Étrange Défaite » et c’est aussi le miens. »
          J’ajouterais que la pire des émotions, pour l’historien, c’est bien la fierté nationale, qui fausse passablement le jugement. Pas que la fierté nationale soit un problème en soit (je l’éprouve moi aussi), mais il s’agit d’essayer d’en faire abstraction quand on porte une regard sur l’histoire, sinon on en vient à écrire des énormités, telles que « nous vaincront parce que nous sommes les plus forts » ou « De Gaulle a prit tout sa place, la place de la France! »…

          1. Mais aussi de vous taquiner un peu. Qu’on ne vienne pas mal interpréter mes propos! Mon commentaire initial portait plus précisément sur le rôle de la France dans le débarquement de Normandie, qui reste très limité, même si ce constat porte atteinte à la fierté de certains. La France est présente sur les champs de bataille, en Italie, en Provence, en Alsace, etc. avec brio (je pense notamment au Mont Cassin et à Bir Hakeim) et il serait injurieux envers ses combattants de le nier, mais elle ne décide plus de l’issue de la guerre, elle n’en a pas les moyens. Ça, ce serait aussi injurieux de le nier, mais envers l’honnêteté intellectuelle.

  8. Toutes mes condoléances à la famille,merci encore mon colonel ,même en tant que civil ,je dois mon très grand respect à ce monsieur et à tous ce qui se sont sacrifiés pour qu aujourd’hui je sois un motard libre.libtre de rouler libre de vivre et de penser.merci encore ,bon envoi au pays de ces grands heros

  9. Toutes mes condoléances à la famille de ce valeureux pilote.

    Combien reste-t-il aujourd’hui de pilotes français encore en vie ayant participé au Débarquement le 6 juin 1944 ? Sans doute peut-on les compter désormais sur les doigts d’une seule main. Je sais qu’il reste le capitaine Raoul-Duval (un des 11 derniers Compagnons de la Libération encore en vie), ancien du Groupe de chasse « Alsace ». Il a participé au 6 juin 1944 comme il le raconte dans cette vidéo (à partir de 20 minutes 38) : https://www.youtube.com/watch?v=MWgZw-8P6Kw

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