Deux jeunes sapeurs mis à l’honneur par l’armée de Terre

« Nous avons une belle jeunesse », se plaît à répéter le général Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées (CEMA), quand l’occasion lui en est donnée. Ainsi, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, il avait dit constater « combien » cette jeunesse « est talentueuse et enthousiaste », d’autant plus qu’elle « ne demande qu’à se réaliser et à donner le meilleur d’elle-même. »

« Je crois fermement en ses qualités et j’apprécie son état d’esprit. Nous avons une belle jeunesse qui mérite qu’on s’investisse pour elle. Je m’attache à ce que les armées assument leurs responsabilités vis-à-vis d’elle : parfois nous intégrons des jeunes en très mauvais état et nous en faisons des héros en quelques mois ou en quelques années. […] La jeunesse est notre plus grande force « , avait encore ajouté le CEMA.

Les sapeurs de 1ère classe Antoine et Geoffrey, de la 4e compagnie du 3e Régiment du Génie (RG) illustrent les qualités de cette jeunesse dont le général de Villiers a vanté les mérites. Ces deux jeunes militaires, qui, engagés en septembre 2015, ont fait leurs classes ensemble, ont en effet reçu, lors d’une cérémonie aux Invalides, la Croix de la Valeur Militaire pour leurs faits d’armes au Mali, au titre de l’opération Barkhane.

Ces deux sapeurs ont un parcours identique. Leur carrière opérationnelle a commencé par une mission menée dans le cadre de l’opération intérieure Sentinelle, en région parisienne. Puis est venu le moment de leur première participation à une opération extérieure, en l’occurrence au Mali.

Malheureusement, le 1ère classe Antoine, radio tireur sur VAB Génie, a été blessé au combat dans des circonstances que l’armée de Terre n’a pas souhaité préciser. Même chose pour le 1ère classe Geoffrey. Ce sapeur de combat a visiblement été sérieusement touché lors d’une mission effectuée en novembre 2016 puisque son état a nécessité son rapatriement en France afin d’être soigné l’hôpital d’instruction des armées (HIA) de Percy. Le 14 mai dernier, il a d’ailleurs reçu la visite du président Macron, qui venait alors tout juste de prendre ses fonctions.

« Je suis surpris par tous les témoignages de reconnaissance que je reçois de la part de la hiérarchie militaire ou de mes camarades. Cela m’aide dans mon combat pour recouvrer l’ensemble de mes facultés physiques. Le général RICHOUX, commandant la brigade, a même dit que j’étais un exemple pour mes frères d’armes du 3e Régiment du Génie! Aujourd’hui, je suis habité par une seule détermination : celle de redevenir le sapeur de combat que j’étais. Je puise ma force morale dans ma famille et dans le soutien de mes camarades », a témoigné ce jeune militaire.

5 commentaires sur “Deux jeunes sapeurs mis à l’honneur par l’armée de Terre”

  1. et oui…
    je connaissais un président qui voulait saluer l’engagement… il a une autre idée : créer une médaille en forme de fleur destinée aux victimes d’un hasard terrible mais un hasard quand même. et comme il a décidé que c’est lui qui l’a remettrait et pas un ministre, cette médaille est 5e dans l’ordre protocolaire , devant la petite croix de bois qu’on a remise à ces deux jeunes soldats français.

    d’un côté l’engagement, de l’autre de la comm et de la psychologie de groupe…
    allez comprendre…

  2. La jeunesse?

    La jeunesse a très, trop longtemps été la chair à canons à l’usage de chefs qui s’appuyaient sur le dévouement, sur l’abnégation des jeunes pour s’asseoir dans une « carrière ».

    Pendant que ces chefs-là faisaient leur trou, une carrière n’est jamais qu’un trou, trop de jeunes y restaient, au fond du trou. Jusqu’à dans des fosses communes ou « disparus » dans les champs du nord et de l’est.

    On ne sait plus éliminer en masse la jeunesse, à l’occasion de combats glorieusement génocidaires. Mais les chefs continuent de (vouloir) faire leur trou. Mais alors comment utiliser la jeunesse, puis s’en débarrasser avant qu’elle ne devienne, vivante, trop envahissante? Voire trop novatrice?

    La solution est de la précariser, la jeunesse. On la paye peu, pour qu’elle regarde ailleurs, dehors, on la maintient dans une « contractualisation » pour la virer en fin de contrat avant qu’elle ne devienne trop compétente et plus assez jeune.

    La chair à canons est devenue la chair à contrats. Et ça marche bien. Les chefs restent chefs et déroulent en guise de « plan de carrière » le tapis des carrières avortées de la jeunesse.

    J’aimerais avoir un bilan, un bilan sérieux du recrutement. Cause que la jeunesse, si elle n’entre pas dans l’Armée nécessairement parce qu’elle « a vu de la lumière », la jeunesse pourrait mieux entrer dans l’Armée si on lui offre un chemin éclairé.

    Faut pas les prendre pour des imbéciles, nos jeunes. Mises à part les vocations, il y en aura heureusement toujours, nos jeunes entrent ou n’entrent pas (Quelles proportions?) selon qu’ils auront compris le « Système ».

    Entrer pour servir, se battre pour évoluer, espérer un avenir autre que contractuel et (donc) précaire, soit. Mais entrer pour qu’on se serve d’eux, pour servir de tapis de (dé)roulement pour d’autres carrières que les leurs… Ca les jeunes comprennent trop bien.

    Alors, valoriser la jeunesse à l’occasion de remises de médailles, c’est bien. Mais.

    La jeunesse, il faut lui ouvrir la porte en grand, et cesser de la lui claquer au nez après de trop brèves années sous contrat. La porte ouverte en grand, aussi voire surtout, pour que les « chefs » s’en aillent voir ailleurs, là où ils envoient trop souvent notre jeunesse.

    Et pas de jérémiade svp. L’expérience des anciens ne vaut plus que peu face au bénéfice de la jeunesse, physiquement comme intellectuellement.

    Place au jeunes, grande place!

    1. Très franchement, et j’enfreins le devoir de réserve en disant cela : L’armée est profondément dans la merde.
      – Effectifs vieillissants.
      – Carrières brisées ou bridées par de mauvais choix de gestion.
      – Pyramides des âges et des grades déséquilibrées.
      – Difficultés de recrutement.
      – Difficultés à conserver ceux qui ont compris que leur avenir n’est pas dans l’armée. (Moi compris, je serais sur le départ si je n’avais pas un engagement à rester au service)
       
       
      Dans 10 ans, il y aura une rupture de connaissances et d’expériences. Et l’armée le sait.

  3. à Myslh et Céphée
    vos propos de désabusés aigris ne vous grandissent pas. Il est facile de critiquer les chefs quand on n’en est pas un. Ce n’est pas comme ça que vous réussirez à réformer ce que vous critiquez.

    1. Les mots « aigri » et « désabusé », le mot « critique » sont des fondamentaux, on dit aussi « des éléments de langage », des bouffons mandatés pour (tenter de) discréditer ceux qui pensent et écrivent ce qu’ils pensent.

      Mais peut-être êtes vous un bouffon autoproclamé?
      Sans mandat d’agir? Un autonome?

      Ce que vous venez de commettre est une injure au débat, donc à la démocratie.

      Je vous en prie, continuez de vomir votre mépris des aigris, des désabusés et de la critique. Et noyez vous dans le résultat de votre liberté d’excrétion.

      Le seul résultat de ce que vous venez d’envoyer, tel un boomerang, est que plus iront lire ce qu’ont écrit Myslh et Céphée. A bientôt j’espère…

Les commentaires sont fermés.