DCNS présente SMX 3.0, un concept de sous-marin à la pointe de la technologie numérique

smx30-20161019

Comme tous les deux ans, le constructeur naval DCNS présente un nouveau concept de sous-marin à l’occasion du salon Euronaval, le dernier ayant été le « SMX Ocean », lequel a inspiré le « Shorfin Barracuda », récemment commandé à 12 exemplaires par l’Australie.

En général, ces concepts régulièrement dévoilés par DCNS ne répondent pas à des besoins opérationnels exprimés par un état-major : il s’agit, en effet, de démontrer ce qu’il est possible de faire sur le plan technologique.

Ainsi en est-il du SMX 3.0, qui, selon DCNS, est adapté à la « génération Z », c’est à dire celle qui a grandi en même temps que l’émergence de ce que l’on a appelé, pendant un temps, les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

Sur le plan extérieur, le SMX 3.0 ne présente pas d’évolution majeure. D’un déplacement de 3.000 tonnes, il dispose toutefois de formes hydrodynamiques et d’un revêtement de masquage qui lui donnent un discrétion acoustique « inégalée », explique DCNS. En outre, il est doté d’un système de lancement vertical polyvalent pouvant être utilisé pour la mise en oeuvre de drones ou lancer des missiles.

Mais l’essentiel est à l’intérieur de ce sous-marin, lequel intègre les dernières technologies numériques pour une « efficacité opérationnelle renforcée et une grande souplesse d’emploi ».

D’ailleurs, SMX 3.0 fait référence au Web 3.0, un concept qui fait appel à des technologies comme l’Internet des objets, le cloud computing, le big data, le Web 3D (diffusion de contenus 3D temps réel) et le Web sémantique (qui permettra de trouver, partager et combiner l’information plus facilement).

Avec la collaboration avec Dassault Systèmes, DCNS a donc intégré ces technologies pour, d’abord, offrir, à bord du SMX 3.0, un « confort de vie adapté à une nouvelle génération de femmes et d’hommes connectés ». « Les systèmes informatiques à bord sont dorénavant complètement interconnectés, robustes, sûrs, rapides et évolutifs », explique l’industriel.

L’un des enjeux sera de stocker et d’exploiter les plusieurs milliers de téraoctets de données générées quotidiennement. Pour cela, DCNS a développé des « solutions digitales offrant plus de réactivité et de fonctionnalités » afin de permettre aux opérateurs de « se concentrer encore plus sur les fonctions à forte valeur ajoutée. » C’est ainsi que les systèmes de combat ou de conduite ont été « imaginés autour d’interfaces hommes/machines (IHM) plus efficaces, intuitives et fluides. » Ainsi, l’équipage, « toujours mieux informé », sera en mesure « d’intervenir à tout moment sur les systèmes » du sous-marin.

Qui dit navire hautement automatisé dit aussi vulnérabilité plus grande aux cybermenaces. D’après DCNS, le SMX 3.0 diposera de capacités accrues en la matière. Et grâce à des systèmes de traitement de base de données, les performances de ses senseurs seront « considérablement améliorées ».

Le SMX 3.0 étant un sous-marin à propulsion classique, DCNS a prévu de le doter d’un système de propulsion anaérobie AIP FC2G (Air Independant Propulsion Fuel Cell Second Generation) utilisant la technologie des piles à combustible.

Enfin, et c’est l’une des technologies entrant dans la définition du Web 3.0, l’Internet des objets (ou objets connectés) facilitera la maintenance de ce sous-marins, grâce à un diagnostic en temps réel de son état. « L’ensemble est supporté par une infrastructure informatique embarquée construite sur le principe des data centers du domaine civil, dont la résilience a été renforcée », explique encore DCNS.

15 commentaires sur “DCNS présente SMX 3.0, un concept de sous-marin à la pointe de la technologie numérique”

  1. Il reste a esperer que les leçons auront ete tirees de l’experience FREMM au regard de l’automatisation globale du navire (navigation, conduite du navire, vie a bord, propulsion, SdC, etc…) pour eviter la surcharge informationnelle des membres d’equipage quand on sort du domaine nominal d’une part, et d’autre part pour rester raisonnable sur la charge de travail/empilage de compétences moyens par membre d’équipage en toute circonstance (et pas seulement quand tout va bien) et sur cycle etendu (45j.). Il semble que le complément minimum a bord des FREMM (96 pax) ne soit guère envisageable autrement qu’en conditions nominales sur une durée limitée, et qu’elles naviguent rarement avec moins de 120 pax. desormais, d’ailleurs on a l’air de s’orienter sur une architecture d’automatisation plus raisonnable pour les FTi, et pas que pour la version export…

  2. On se croirait dans une réunion de commerciaux 🙁
    .
    Dans l’ordre : digital, ça se rapporte aux doigts… donc une technologie digitale, c’est un truc fait pour les doigts. En français, on dit numérique 🙂
    .
    Pareil pour les senseurs : on parle de capteur 🙂
    .
    Sur le fond, c’est une annonce pipeau : ils disent qu’ils vont tout connecter… Si ce n’est pas déjà le cas, ça veut dire que tout ce qui sort aujourd’hui à déjà 10 ans de retard d’un point de vue informatique/numérique…
    .
    Enfin, la menace venant du « cyberspace » de la part d’un sous-marin doit être aussi grande que la menace d’un avion de chasse contre un fond sous-marin… on voit mal un sous-marin connecté à internet ! Donc on a un peu le temps de voir venir un « cracker » avec ses gros sabots…
    .
    Sinon, je ne discute pas du reste et du point vue vraiment sous-marin (qui est pour moi la seule partie vraiment crédible).

    1. <>

      C’est un peu l’éternel problème, généralement rien ne reste au top et a la sortie d’usine des engins, ils sont « dépassé » pour ce qui peut être fait, ça ne veut pas pour autant dire qu’ils le soient !

    2. « Enfin, la menace venant du « cyberspace » de la part d’un sous-marin doit être aussi grande que la menace d’un avion de chasse contre un fond sous-marin… »

      Certaines installations nucléaires soi-disant à l’abri de toute menace en ont pourtant fait les frais.

      1. Il y a un lien physique entre la centrale et internet (en général, une connexion réseau protégé par un pare-feu) : c’est donc en général pas trop compliqué à attaquer.
        .
        Le lien physique n’existe pas dans le sous-marin (et dans les navires de combats dans une moindre mesure, en tout cas loin des antennes relais GSM). Donc pour attaquer un sous-marin, il faut commencer par établir une connexion réseau avec lui… pas facile 😉
        .
        Bien sûr, cela n’exclut pas une attaque de l’intérieur (donc sur l’intranet du sous-marin) par un espion sur place… cela voudrait donc dire un traître (à faire évacuer par un tube lance-torpille donc !)

  3. Bref, – des concepts car comme pour nos voitures ! – Ces projets n’ont effectivement aucune chance (ou vraiment très peu) de voir le jour tant que le pays origine n’adopte pour sa propre marine.

      1. Approche mesquine , le SM australien ne se différentie de son grand frère français que par sa propiulsion , la version initiale était pratiquement une réalité concrète pour le Suffren – Ce n’est quand même pas comme si la France n’avait pas valider pour elle même ce sous marin ! C’est aussi (même si ce n’est pas l’unique raison) parce que ses concurrents n’étaient « visible » que sur plan qu’il n’ont pas été retenus.

  4. Bof! ça sonne un peu creux comme concept. Ça ressemble a un truc développé au dernier moment sur un coin de table avec un graphiste et quelques stagiaires comme principaux intervenants. On pouvait s’attendre à mieux de la part de DCNS… voire à rien du tout ce qui n’aurait pas été plus mal.

    En plus il va falloir protéger le système contre les virus importés par la filaire VLF…

  5. Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai eu l’impression qu’on me vendais un iPhone en lisant l’article….

  6. Il me semble que cette approche de DCNS, mais egalement celle de la FTI, ont pris en compte les difficultés rencontrees lors de la mise en oeuvre des fremm : mine de rien, l’IHM est un facteur essentiel de l’efficacité, surtout a long terme ! Il ne suffit pas d’avoir acces a beaucoup d’informations, encore faut il les presenter a bon escient et au bon moment.
    Le fait de prendre en compte ce facteur decisif est donc loin d’etre annodin selon moi, et peut radicalement changer l’efficacité d’un equipage.
    D’ailleurs, j’imagine que le savoir faire accumulé par Thales et Dassault dans le domaine de la fusion de donnees et de l’IHM du rafale ont ete un atout non négligeable

  7. Du moment qu’ils mettent pas des écrans tactiles dans tous les sens et autres bullsh*t de concepteurs fainéants… c’est plus facile de concevoir une interface homme-machine sur un écran standard qu’un pupitre de conduite… mais ce dernier est tout de même plus adapté car conçu pour son emploi final. J’ajouterais qu’il FAUT qu’un système de contrôle commande ne ressemble PAS à ce qu’on a sur un ordinateur de bureau, pour que l’opérateur soit dans un environnement et un conditionnement mental dédié à son action de conduite (en gros, qu’il n’ait pas l’impression qu’il utilise le même type d’appareils que ceux qui lui servent à ouvrir Facebook ou Candy Crush!). Et selon moi, ce problème va être particulièrement important pour la génération Z, dont les prédécesseurs ne comprennent déjà pas pourquoi il est malvenu de brancher leur smartphone à charger sur le port USB d’un ordinateur de TRAVAIL.
    Quand ça merde, il faut un gros bouton rouge pour tout arrêter, et quelques « commandes » simples dont l’exécution est quasiment garantie pour sauver le navire et les vies.
    Et quoi qu’on en dise, un affichage à aiguille (quel que soit le « porteur » du signal, analogique, numérique…) c’est plus ergonomique et plus fiable pour qui sait le lire qu’un affichage numérique : quand vous conduisez, l’aiguille qui indique la vitesse vous permet de savoir, grâce à votre vision périphérique ou un coup d’oeil très rapide, si vous allez « lentement », « moyennement lentement », « moyennement vite », « vite » ou « trop vite » une fois que vous connaissez bien votre voiture; la précision au km/h près est inutile et illusoire. Avec un affichage numérique, vous détournez le regard plus longtemps pour reconnaitre si tel chiffre est un 3, un 8 ou un 9, ou encore un 5, un 6…

    1. Le personnel de DCNS en partenariat avec la DGA et la MN vous remercie pour ces conseils avisés d’expert.

  8. Dans le principe c’est le but de la manip: montrer que les BE sont actifs et a l’ecoute des « nouveaux » besoins en adaptant le produit aux attentes des nouveaux utilisateurs, ceux de la generation Z donc… sauf que sur un sous marin, ou les points critiques de la conception se situent ailleurs, on ne visualise par forcément d’emblée le genre d’avancée que ces « trucs de geek » peuvent apporter, mais il faut quand meme rendre la chose attrayante, d’ou l’aspect tres marketting de la presentation, a coup de « cloud computing », de « web3d » et de « big data ».

Les commentaires sont fermés.