Libye : Le président Obama tacle Nicolas Sarkozy et David Cameron

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Le président américain, Barack Obama, est presque en roue libre : au début de l’année prochaine, il quittera la Maison Blanche après deux mandats et sa carrière politique sera derrière lui. S’il écrit ses mémoires, quelques dirigeants risquent d’être piqués au vif. Surtout si elles sont de la même eau que l’entretien qu’il vient d’accorder au magazine The Atlantic et dans lequel il a évoqué la situation en Libye.

On le sait, depuis la chute du colonel Kadhafi, le pays est en proie au chaos, avec deux factions rivales qui se disputent le pouvoir, la prolifération et l’expansion d’organisations jihadistes comme l’État islamique (EI ou Daesh) ou encore l’exploitation des flux migratoires à partir de ses côtes.

En aurait-il été autrement si le colonel Kadhafi avait gardé la mainmise sur la Libye? La suite des évènements aurait été certes différente. Mais rien ne nous dit qu’elle n’aurait pas évolué selon un scénario à la syrienne. « Avec des si, on mettrait Paris en bouteille », dit-on…

Bref. Dans l’entretien donné à The Atlantic, le président Obama a donc évoqué l’intervention menée en 2011 en Libye par la France et le Royaume-Uni, avec le soutien de l’Otan (opération Unified Protector)

Pour autant, M. Obama n’a pas remis en cause le bien-fondé de cette intervention, à laquelle les forces américaines, bien qu’en « second rideau », ont prêté leur concours, en particulier dans les premiers jours, avec des frappes massives (192 missiles Tomahawk lancés le 28 mars 2011 et plus de la moitié des sorties aériennes de la coalition). Mais, selon lui, les Européens n’ont pas fait ce qu’il fallait pour stabiliser la Libye après la chute de Kadhafi.

« Lorsque je me demande pourquoi cela a mal tourné, je réalise que j’étais convaincu que les Européens – étant donné la proximité de la Libye – seraient plus impliqués dans le suivi », a en effet déclaré M. Obama. « Le Premier ministre britannique David Cameron a ensuite été distrait par d’autres choses » et « le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy, voulait claironner ses succès dans la campagne aérienne alors que nous avions détruit toutes les défenses anti-aériennes », a-t-il ajouté.

En réalité, le chef de la Maison Blanche n’a pas totalement raison : dès les premiers jours de l’intervention, les avions britanniques et français ont aussi neutralisé des défenses aériennes libyennes. Mais il est vrai que le plus gros du travail a été réalisé par l’US Navy et l’US Air Force.

Quoi qu’il en soit, il est tout aussi vrai que le soutien aux nouvelles autorités libyennes n’a pas été à la hauteur de ce qu’il aurait dû être. Mais, à sa décharge, le président Sarkozy ayant quitté ses fonctions un peu plus de six mois après la fin des opérations en Libye, il n’a pas eu le temps d’assurer le « service après-vente », pour reprendre l’expression utilisée par le président tchadien, Idriss Déby, pour critiquer le manque d’implication de l’Otan en Libye après la fin de Kadhafi. L’aurait-il fait s’il avait été réélu (avec des si…).

Pour autant, quelques initiatives avaient été prises. Ainsi, en février 2012, le ministre de la Défense, Gérard Longuet à l’époque, avait fait le déplacement à Tripoli pour signer une « lettre d’intention » de coopération militaire bilatérale et promettre la remise en état de vol des Mirage F1 libyens. Depuis, rien de plus n’a été fait.

Même chose côté britannique… Et l’expérience a même tourné court. Cela étant, les propos de M. Obama ont provoqué un certain émoi outre-Manche. Du moins chez les éditorialistes. Le quotidien The Independant a ainsi souligné qu’il s’agissait d’une « attaque sans précédent d’un président américain en exercice sur un leader britannique ».

Toutefois, M. Cameron n’a pas souhaité entrer dans la polémique. « Nous sommes d’accord qu’il reste beaucoup de défis difficiles à relever en Libye. Mais comme le Premier ministre l’a répété à de nombreuses reprises: venir en aide à des civils innocents qui se faisaient torturer et tuer par leur leader était le bon choix », a, selon l’AFP, réagi son porte-parole.

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