Un raid américain élimine plus de 150 jihadistes en Somalie

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Avec l’élimination, en septembre 2014, de leur chef, Ahmed Abdi Godane, ainsi que celle de plusieurs de leurs cadres de haut-rang, la perte de leurs derniers bastion face à la force de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), et les divisions dans leurs rangs, l’on pouvait espérer que les milices shebab, liées à al-Qaïda, allaient être durablement affaiblies. Or, il n’en est rien.

Les jihadistes somaliens ont multiplié les attaques au cours de ces derniers mois, que ce soit contre les institutions basées à Mogadiscio ou les soldats de l’AMISOM. Et, souvent, les bilans des pertes humaines sont élevés. En outre, depuis le début de l’année, les shebabs ont intensifié leurs opérations et fait preuve d’une certaine imagination dans leurs modes opératoires.

Mi-janvier, les jihadistes somaliens ont ainsi attaqué une base du contingent kenyan de la force de l’Union africaine située à El Adde, dans le sud du pays. Faute de communication de la part de Nairobi, le bilan des combats est incertain… Mais les shebab, avec leur sens habituel de l’exagération, ont assuré avoir tué une centaine de soldats. L’on sait seulement qu’une trentaine de militaires (sur 180) ont pu être évacués vers Nairobi quatre jours après l’assaut alors qu’une « opération de sauvetage » était toujours en cours pour récupérer ceux qui se trouvaient encore sur le terrain.

Outre ces attaques frontales contre l’AMISOM – celle d’El Adde n’était pas la première du genre – les shebab multiplient aussi les attentats, en particulier contre les hôtels et les bâtiments officiels de Mogadiscio… ou d’ailleurs, comme à Baidoa, le 28 février (au moins 30 tués et une soixantaine de blessés). Qui plus est, ils s’attaquent aussi aux pays voisins, en particulier au Kénya.

Par ailleurs, le mois dernier, pour la première fois, les jihadistes somaliens ont cherché à détruire un avion Airbus A321 de la compagnie Daallo Airlines assurant une liaison vers Djibouti. Heureusement, la bombe placée à bord de l’appareil n’a pas produit l’effet souhaité par les terroristes. Et, visiblement, ces derniers font preuve de plus en plus d’inventivité : le 7 mars, à Beledweyne, un ordinateur piégé à explosé dans l’aéroport et des explosifs ont été retrouvés dans une imprimante.

« Ce n’est simplement pas vrai de dire que les shebab sont sur la défensive ou désespérés. Ils se sont réorganisés, réentraînés, ont recruté et ont retrouvé toute leur détermination », a estimé Cedric Barnes, du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), auprès de l’AFP.

Selon Stig Jarle Hansen, un universitaire norvégien spécialiste de la Somalie, les soldats de l’AMISOM ne contrôlent pas véritablement le terrain. « Ils sont dans leurs garnisons, ils partent en patrouille une fois par semaine et le reste du temps les shebab contrôlent la situation », souligne-t-il.

Reste que l’Union africaine (UA) estimé qu’elle manque de moyens pour maintenir en Somalie ses 22.000 soldats et policiers. Or, l’Union europénne, qui finance presque entièrement l’AMISOM (et qui lui a déjà versé plus d’un milliard d’euros en 9 ans) a récemment décidé de revoir baisser sa subvention de 20%.

Quoi qu’il en soit, la force de l’UA peut toujours compter sur les frappes ponctuelles effectuées le plus souvent par les États-Unis. Ainsi, le 7 mars, le Pentagone a annoncé que des raids aériens menés le deux jours plus tôt avaient permis d’éliminer environ 150 miliciens shebab installés dans un camp « surveillé depuis un certain temps » et situé à 200 km au nord de Mogadiscio.

« Les combattants (shebab) s’entraînaient pour une attaque de grande ampleur. Ils étaient sur le point de quitter le camp et représentaient une menace imminente pour les Etats-Unis et les forces de l’Union africaine », a expliqué le capitaine Jeff Davis, un porte-parole du Pentagone. « Selon les premiers bilans, plus de 150 combattants terroristes ont été éliminés », a-t-il continué, avant de précisé que des drones et des avions avaient été utilisés pour cette opération.

Ces jihadistes « étaient sur point de terminer un entraînement leur permettant de conduire des opérations offensives », a indiqué le capitaine Davis, sans donner de précisions sur la cible qu’ils comptaient attaquer. « Leur élimination va réduire la capacité des shebab à atteindre leurs objectifs en Somalie, comme recruter de nouveaux membres, établir de nouvelles bases, et programmer des attaques contre les forces américaines et l’AMISOM », a-t-il par ailleurs estimé.

Les États-Unis sont impliqués de façon relativement importante en Somalie, où ils disposeraient d’une « centaine » de conseillers militaires à Mogadiscio. Les forces américaines ont ainsi éliminé plusieurs chefs importants des milices shebab au cours de ces dernières années. Nul doute que le successeur de Godane, Ahmed Diriye, est un objectif prioritaire.

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