L’aviation turque a bombardé des positions de l’État islamique en Syrie

Le 20 juillet, à Suruç, dans le sud de la Turquie, un attentat suicide a fait 32 tués lors d’un rassemblement de militants pro-kurdes qui devaient participer à la reconstruction de Kobané, la ville du kurdistan syrien qui en partie détruite après avoir résisté aux assauts des jihadistes l’État islamique (EI ou Daesh).

Quelques heures plus tard, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a accusé l’EI d’être derrière cet attentat. Son auteur a rapidement été identifié. Il s’agit d’un jeune homme de 20 ans, qui, originaire de  20 ans originaire d’Adiyaman (sud-est de la Turquie), soupçonné d’avoir rejoint les rangs de l’organisation jihadiste.

L’attentat de Suruç est le second à avoir frappé la communauté kurde en l’espace de quelque semaine. Le premier commis le 5 juin à Diyarbakir, soit 2 jours avant les élections législatives turques, avait visé une réunion publique d’un parti kurde et fait 5 tués.

Aussi, suite à l’attentat de Suruç, et estimant que Daesh était un allié d’Ankara, la branche armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), la Force de défense du peuple (HPG, Hêzên Parastina Gel), a revendiqué l’assassinat de 2 policiers turcs « qui coopéraient avec le gang de l’EI à Ceylanpinar ». De quoi remettre en cause le processus de paix engagé depuis 2012 entre la rébellion kurde et le gouvernement turc.

Bien qu’il s’en défende, ce dernier, qui a juré la perte de Bachar el-Assad, est régulièrement accusé de fermer les yeux sur les activités de l’EI. Et il lui a été notamment reproché d’être resté l’arme au pied quand les jihadistes tentèrent de s’emparer de Kobané, ou encore de n’avoir pas autorisé la coalition internationale emmenée par les États-Unis d’utiliser la base aérienne d’Incirlik pour des raids aériens contre Daesh.

Qui plus est, les responsables turcs s’inquiétent des succès militaires remportés par les Unités de protection du peuple (YPG), c’est à dire les milices kurdes syriennes, très proches du PKK, face à Daesh, lesquels favorisent l’émergence d’une zone autonome kurde en Syrie.

En outre, ces dernières semaines, il a été rapporté que l’armée turque préparait des plans en vue d’instaurer une zone tampon à la frontière, en territoire syrien.

Les événements ont pris une nouvelle tournure le 23 juillet, avec la mort d’un sous-officier turc, tué par des tirs à la frontière avec la Syrie. Des chars de l’armée turque ont immédiatement répliqué en visant des positions tenues par l’EI.

Puis, dans la nuit, trois avions F-16 des forces aériennes turques ont, pour la première fois, bombardé plusieurs objectifs tenus par les jihadistes en territoire syrien, précisément situés près du village de Havar, face à la province de Kilis.

« Les avions turcs ont frappé entre 03h40 et 03h53 locales (00h40 et 00h53 GMT) deux quartiers généraux et un point de ralliement des combattants de l’EI avec des missiles avant de regagner leur base de Diyarbakir (sud-est) », ont ainsi fait savoir, par communiqué, les services d’Ahmet Davutoglu.

« La République de Turquie est déterminée à prendre toutes les précautions pour défendre la sécurité nationale », affirme le texte, qui indiqué que ces frappes aériennes avaient été décidée à l’issue d’une réunion de sécurité.

Toutefois, il n’a pas été précisé si ces raids aériens ont été effectués en coordination avec la coalition anti-EI emmenée par les États-Unis.

Par ailleurs, deux semaines après un déplacement en Turquie l’ex-général des Marines John Allen, le coordinateur américain pour la lutte contre l’EI, et quelques heures après un échange téléphonique entre le président Barack Obama et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, Ankara aurait finalement accepté d’autoriser la coalition à utiliser plusieurs de ses bases aériennes dont celle d’Incirlik.

« L’accès aux bases turques comme la base aérienne d’Incirlik augmentera l’efficacité opérationnelle de la coalition militaire qui combat le groupe Etat islamique », a ainsi confié, selon l’AFP, un responsable militaire américain ayant tenu à garder l’anonymat.

Dans un communiqué publié le 22 juillet, la Maison Blanche avait évoqué une intensification de la coopération entre les États-Unis et la Turquie dans le combat contre l’EI, leurs « efforts communs pour ramener la sécurité et la stabilité en Irak » ainsi qu’une « résolution politique » de la crise syrienne.

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