Pour la première fois, le Japon participe à l’exercice Talisman Sabre, organisé au nord de l’Australie

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Organisé tous les deux ans, l’important exercice militaire « Talisman Sabre » a été lancé, le 5 juillet, dans les Etats australiens du Territoire du Nord et du Queensland, avec pas moins de 30.000 militaires impliqués, lesquels auront à mener des exercices aériens, navals et terrestres.

Ces manoeuvres associent les États-Unis et l’Australie. Mais, pour cette 6e édition, le Japon et la Nouvelle-Zélande vont également y prendre part. Et cela pour la première fois. S’agissant des forces d’autodéfense japonaises, leur participation sera des plus modestes puisqu’elle se limitera à seulement 40 militaires. Ces derniers seront intégrés aux unités du corps des Marines américain.

Il s’agit « d’améliorer notre expertise tactique dans les opérations d’amphibies et de renforcer l’interopérabilité avec les Américains », avait expliqué, en mai, le porte-parole du gouvernement japonais.

Cela étant, le Japon cherche justement à améliorer ses capacités de combat amphibie dans le cas où il lui faudrait reprendre par la force les îles Senkaku/Diaoyu, dont la souveraineté est disputée par la Chine. Dans le même temps, Tokyo a aussi revu sa Constitution d’essence pacifiste pour autoriser des troupes à intervenir à l’extérieur de leurs frontières pour défendre, le cas échéant, un pays allié (principe d' »autodéfense collective »).

Le scénario de Talisman Sabre 2015 repose sur l’intervention dans deux pays imaginaires – « Ligais » et « Monmir » – où le pouvoir a été conquis par des forces rebelles, elles-mêmes soutenues par une troisième puissance, à savoir « Kamaria ».

« Aucun de ces pays imaginaires ne doit être associé à des nations du monde réel », a expliqué le vice-amiral Robert Thomas, le commandant de la 7e Flotte de l’US Navy, qui dirigera l’exercice.

Pour autant, la Chine, qui ne cesse de réaffirmer ses prétentions territoriales, en particulier sur la totalité de la mer de Chine méridionale, est dans l’esprit de beaucoup. Si le Premier ministre australien, Tony Abbott, ne l’a pas citée quand il se trouvait sur le pont de l’USS Blue Ridge, le navire amiral de la 7e Flotte, un professeur de l’université de Sydney, John Lee, interrogé par l’AFP, n’a pas manqué de le faire.

« L’Amérique et ses principaux alliés coopèrent très étroitement en grande partie pour contrer la Chine. Et ceci est en rapport avec l’idée que la Chine est de plus en plus revendicative et qu’elle semble investir militairement pour soutenir ses revendications, surtout en mer de Chine », a ainsi affirmé ce sinologue.

Seulement, il y a un paramètre à prendre en compte : la Chine est le premier partenaire commercial de l’Australie, avec qui elle vient de signer un traité de libre-échange, notamment dans le secteur des ressources minières…

Aussi, pour les responsables australiens et américains, l’exercice Talisman Sabre vise seulement à renforcer l’interopérabilité entre les forces armées impliquées. Et il ne faut pas y voir autre chose.

Cela étant, à Pékin, on n’a pas l’air trop convaincu. Au moment du lancement de ces manoeuvres, deux officiers de haut rang de l’Armée populaire de libération (APL), les généraux Cai Yingting et Zheng Weiping, ont publié une tribune dans les colonnes du Quotidien du peuple (journal officiel) pour appeler à renforcer plus encore les capacités navales chinoises étant donné que « le risque de chaos et de guerre à notre porte a augmenté ».

Quoi qu’il en soit, cette édition de l’exercice Talisman Sabre a lieu alors que les États-Unis ainsi que d’autres puissances régionales redoutent un coup de force chinois dans les archipels Spratleys et Paracels, qui, outre leurs ressources en hydrocarbures, sont stratégiques en raison de leur positionnement sur l’une des routes maritimes et commerciales les plus fréquentées du monde.

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