L’opération Sentinelle va durer : qu’en est-il de l’hébergement des militaires?

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Les dessins valent mieux que les longs discours. Les photographies aussi. Comme celles qui, diffusées via l’espace dédié aux opérations sur le site de l’État-major des armées, illustrent la rencontre du major-général des armées (MGA), le général Gratien Maire, avec les soldats du 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique (RAA) et du 152e Régiment d’Infanterie, engagés dans l’opération Sentinelle et logés dans un groupe scolaire du XIIIe arrondissement de Paris et au fort du Kremlin-Bicêtre.

Ainsi, l’on peut avoir une idée des conditions dans lesquelles sont hébergés ces soldats. C’est à dire entre des cantines et des cartons empilés, des effets personnels suspendus là où il y a de la place, des lits Picot, une table de campagne et un mobilier disparate.

Certes, il est dit qu’un « effort de long terme sur le soutien a été engagé, avec une priorité sur les conditions de vie des militaires déployés » et que des « progrès » ont été « réalisés ». C’est dire si l’on part de loin.

« Il serait paradoxal qu’ils soient mieux installés à Gao qu’à Paris! », avait lancé, lors d’une audition au Sénat, en avril, le général Jean-Pierre Bosser, le chef d’état-major de l’armée de Terre, au sujet des militaires engagés dans l’opération Sentinelle. « À partir du moment où l’urgence fait place à la permanence, ils méritent des conditions décentes pour se reposer, s’alimenter et se détendre », avait-il ajouté.

Lancée il y a maintenant 6 mois, soit au lendemain des attentats commis à Paris, on n’est en effet plus dans l’urgence qui prévaut à chaque nouvelle mission. Qui plus est, elle est désormais appelée à durer, avec 7.000 hommes mobilisés.

Lors de la présentation du projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire 2014-2019 à l’Assemblée nationale, le 20 mai dernier, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait admis que « dans l’opération Sentinelle, la comparaison sur certains aspects peut être au désavantage des militaires ». Et d’ajouter : « Je suis très soucieux de maintenir le moral de ces derniers, car les conditions d’accueil dans la région parisienne ne sont pas toujours excellentes, et nous avons été obligés de rogner sur les congés ».

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