M. Le Drian justifie l’acquisition de 5 frégates de taille intermédiaire aux dépens du programme FREMM

Au départ, la Marine nationale devait compter 17 frégates multimissions (FREMM). Puis, la Loi de programmation militaire (LPM) inspirée par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) de 2008 a réduit ce nombre à seulement 11. Et la dernière, bien qu’actualisée, n’en prévoit plus que… 8.

Actuellement, 1 FREMM a été livrée (L’Aquitaine) et une autre est en passe de l’être à l’Égypte. Au total, d’ici 2019, 6 frégates de ce type seront mise en oeuvre par la Marine nationale. Après, il est question d’en commander deux autres avec une capacité de défense aérienne renforcée (FREDA).

Pour autant, il est affirmé que la Royale disposera bel et bien de 15 frégates dites de « premier rang »… à condition de compter les 5 frégates légères furtives de type La Fayette (FLF) qui, pour le moment, ne peuvent pas prétendre à être considérées comme telles étant donné qu’elles ne sont pas dotées de moyens de lutte anti-sous-marine.

Mais qu’on se rassure, le projet d’actualisation de la LPM prévoit la modernisation de ces frégates légères furtives « au fil de leurs arrêts techniques programmés ». Et le texte d’ajouter que cette « rénovation comprendra notamment l’ajout d’un sonar ». Il s’agira ainsi de faire la jointure avec l’arrivée d’un nouveau type de navire, à savoir la frégate de taille intermédiare (FTI), dont il est question de commander 5 exemplaires.

Lors d’un déplacement à la base aéronavale de Lann-Bihoué, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a expliqué sa décision. « Pour prendre en compte le réaménagement des livraisons des FREMM, j’ai décidé d’avancer le programme FTI de près de 2 ans. Le lancement de ce programme permettra donc une première livraison en 2023, dans la continuité de la production des FREMM à Lorient », a-t-il dit.

Toujours au sujet de ces frégates de taille intermédiaire, le ministre a fait valoir que « au-delà de l’enjeu majeur pour notre Marine, il s’agit aussi d’un choix de politique industrielle » car l’analyse de la Direction générale de l’armement (DGA), « menée en collaboration avec DCNS et Thales », a « démontré le besoin d’un renforcement d’une offre française à l’export, qui soit complémentaire du produit FREMM. » Et d’ajouter : « L’enjeu est aussi de pouvoir nous différencier au plan technologique, d’ici dix ans, d’une concurrence mondiale concentrée sur le créneau des frégates de taille intermédiaire, avec le lancement de projets similaires en Espagne, Italie, et Allemagne notamment. »

Aussi, a continué M. Le Drian, « le lancement anticipé du programme de la frégate de taille intermédiaire va permettre tout à la fois de respecter le format fixé par le Livre blanc, de donner à DCNS et à l’ensemble des sous-traitants une visibilité significative dans leurs plans de charge (tant en ingénierie qu’en production), et enfin de doter la FREMM d’un produit complémentaire permettant à DCNS d’élargir sa compétitivité à l’export. »

S’agissant de cette future frégate de taille intermédiaire, le site Mer&Marine a récemment estimé qu’elle pourrait être conçue à partir de la FM-400 (frégate modulaire), un navire de 126 mètres de long et de 4000 tonnes [ndlr, contre 6.000 tonnes pour une FREMM] dévoilé par DCNS en 2008. Le site spécialisé estime qu’elle pourrait accueillir un hélicoptère NH-90 Caïman NFH et être dotée d’un sonar, de missiles Aster 15 et antinavires, ainsi que de torpilles.

La question des frégates de premier rang est cruciale car ce type de bâtiment constitue, avec les sous-marins d’attaque, l’épine dorsale d’une marine qui se veut puissante. Et cela alors que les enjeux maritimes n’ont jamais été aussi importants que maintenant, avec notamment la nécessité (mondialisation oblige) de garantir le libre accès des voies commerciales, de lutter contre les trafics et de protéger la zone economique exclusive.

D’ailleurs, et comme l’a souligné le ministre, « la Marine connaît un déploiement quasi-permanent sur 5 zones maritimes [ndlr, Atlantique Nord, la Mer noire, la Méditerranée, l’Océan indien, le golfe de Guinée… et même le golfe arabo-persique], alors qu’une à deux seulement étaient prévues par le livre blanc ».

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