Manoeuvre dangereuse d’un Mig-31 russe autour d’un F-16 norvégien

Déjà, en 2012, Oslo avait noté une hausse de l’activité de l’aviation russe, près  de l’espace aérien dont elle a la charge, avec 41 interceptions. « L’augmentation du nombre d’avions identifiés est en lien avec les déclarations politiques faites en Russie sur l’augmentation de l’activité militaire au Nord », fit alors valoir l’état-major norvégien.

Bien évidemment, avec les tensions liées aux évènements en Ukraine, où la Russie est accusée de soutenir les séparatistes dévoués à sa cause dans le sud-est (Donbass), les décollages en alerte des avions de combat norvégiens n’ont pas diminués.

Pour rappel, entre janvier et novembre, l’Otan a effectué 400 interceptions d’avions russes, soit 50% de plus par rapport à l’an passé. Ces interventions sont décidées quand un appareil, en approche de l’espace aérien d’un des pays membres de l’Alliance, ne respecte pas le plan de vol déposé (quand il y en a un) et/ou si le contact radio avec le contrôle civil a été coupé. Et cela pose un problème de sécurité avec le trafic commercial.

Quant à l’aviation royale norvégienne (Luftforsvaret), position géographique oblige (grand Nord), elle est régulièrement sollicitée (déjà à 43 reprises cette année). Depuis quelques temps, elle communique plus souvent sur les interventions qu’elle est amenée à effectuer. Ainsi, en novembre, elle a publié des photographies de bombardiers tactiques russes de type SU-34 « Fullback », récemment entrés en service au sein des forces aériennes russes.

Le 30 novembre, la Luftforsvaret a récidivé en diffusant, cette fois, les images d’une manoeuvre dangereuse d’un MiG-31 russe lors d’une sortie d’une patrouille de deux F-16 de l’escadron 331 de Bodø. La date et le lieu de l’incident n’ont pas été précisés.

L’on sait que les avions norvégiens venaient d’intercepter une formation russe quand un MiG-31 est arrivé en grande vitesse, par derrière, obligeant ainsi l’un des deux  F-16 à effectuer une manoeuvre d’évitement (le second était en train de prendre des photographies des appareils interceptés). Et l’on peut entendre le juron du pilote norvégien (« Que diable! »), trahissant une certaine surprise.

« Sans le réflexe du pilote, nous aurions pu avoir une collision avec cet avion [le MiG-31, ndlr] », a commenté Brynjar Stordal, le porte-parole de l’aviation norvégienne. « Nous ne savons pas si c’est une erreur du pilote russe ou si c’est un signe d’une attitude plus aggressive de la part des Russes », a-t-il ajouté.

« Nous avons vu des comportements de pilotes russes qui démontrent qu’ils n’aiment pas nous voir ici », a expliqué le lieutenant-colonel Goran Hoel à la télévision TV2. « Nous ne savons par contre pas si c’est un acte délibéré ou un mauvais calcul », a-t-il aussi estimé.

Quoi qu’il en soit, cette manoeuvre dangereuse n’est pas la première du genre. En juillet, un Gulftream VSP (ou S102B Korpen), utilisé par les forces armées suédoises à des fins de renseignement, a été approché à moins de 10 mètres par un SU-27 Flanker russe alors qu’il se trouvait dans l’espace aérien international. Un mois plus tôt, un appareil identique a également cherché à intimider l’équipage d’un RC-135 U « Combat Sent » (spécialisé dans le recueil du renseignement)  de l’US Air Force, au-dessus de la mer d’Okhotsk.

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