Après la France, d’autres pays européens vont rejoindre la coalition contre les jihadistes de l’EI

Au lendemain de la diffusion montrant l’assassinat, en Algérie, d’Hervé Gourdel par les jihadistes du groupe Jund al-Khilafa, les Rafale de l’Escadron de chasse 3/30 Lorraine, unités basée à Al-Dhafra, aux Émirats arabes unis, ont effectué de nouvelles frappes contre des positions de l' »État islamique » (EI, Daesh), ce 25 septembre.

Au départ, les appareils français avaient décollé pour une mission dite de « dynamic targeting », qui consiste à recueillir du renseignement tout en se tenant près, le cas échéant, à détruire un objectif. C’est ainsi qu’au cours de ce vol, les avions du 3/30 Lorraine ont eu l’occasion de « traiter » une cible dite d’opportunité dans les environs de Falloujah.

La veille, 4 Rafale français avaient également évolué dans le ciel irakiens. Deux d’entre eux étaient équipés d’une nacelle Reco NG pour le recueil de renseignement tandis que les deux autres étaient configurés pour une mission de « dynamic targeting ».

Jusqu’à présent, les avions de l’armée de l’Air française n’avaient frappé qu’à une seule reprise, précisément dans la région de Mossoul, pour détruire un dépôt logistique de l’EI. Et, pour le moment, la France est le seul pays européen à avoir effectué des raids aériens dans le cadre de la coalition formée sous l’égide des États-Unis et qui rassemble 5 pays arabes (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Qatar et Jordanie).

Mais cela ne devrait plus être le cas dans les jours à venir. En effet, le Premier ministre britannique, David Cameron, a sollicité le Parlement pour débattre d’une éventuelle participation de la Royal Air Force aux opérations de la coalition.

« J’ai demandé que le parlement soit rappelé pour débattre de la réponse britannique à la demande du gouvernement irakien de soutien contre le groupe Etat islamique », a ainsi fait savoir, via Twitter, le locataire du 10 Downing Street, après une rencontre avec Haider al-Abadi, son homologue irakien.

Pour rappel, l’an passé, et alors qu’il était question d’une opération visant le régime de Bachar el-Assad pour avoir utiliser des armes chimiques, le Parlement britannique avait refusé toute participation du Royaume-Uni à d’éventuelles frappes en Syrie.

Dans l’attente du débat qui se tiendra donc le 26 septembre au Parlement britannique, le gouvernement néerlandais a annoncé l’engagement de 6 avions F-16 et de 250 militaires dans les opérations contre l’EI.

« Les Pays-Bas vont mettre six F-16 à disposition pour la première phase de la campagne, pour un an », a ainsi affirmé Lodewijk Asscher, le vice-Premier ministre néerlandais, à l’issue d’une conseil des ministres extraordinaire réuni pour évoquer la question irakienne.

« Les avions vont très probablement opérer depuis une base en Jordanie et pourraient être opérationnels en moins d’une semaine », a précisé, de son côté, Jeanine Hennis-Plasschaert, la ministre néerlandaise de la Défense. Outre le détachement de 250 hommes pour mettre en oeuvre ces appareils, il est aussi question d’envoyer 130 soldats pour entraîner et former les forces irakiennes.

Pour le gouvernement néerlandais, « l’engagement opérationnel » de ces 6 F-16 sera « limité à l’Irak car se pays a lancé un appel à l’aide internationale, a fait valoir M.  Asscher. « Pour une intervention en Syrie, il n’y a en ce moment aucun accord international sur un mandat suffisant au regard du droit international », a expliqué le gouvernement néerlandais. En fait, dans ce domaine (mais c’est une affaire de juristes), tout dépend de l’interprétation que l’on donne à l’article 51 de la Charte des Nations unies et de la notion de légitime défense…

Outre les Pays-Bas, et suite à une demande adressée au Premier ministre belge, Elio Di Rupo par les États-Unis, la Belgique, dont les forces armées sont soumises à de fortes contraintes financières (au point qu’elles n’ont pas pu être engagées en Centrafrique dans le cadre de la mission européenne lancée en avril dernier), a donné son accord pour l’envoi de 6 F-16 en Jordanie.

Ces appareils, a indiqué Pieter De Crem, le ministre belge de la Défense, serviront pour « des missions pour lesquelles nous seront actifs sur le terrain, et consisteront en des bombardements si nécessaire ». Là encore, leur mandat sera limité à l’Irak et leur déploiement devrait durer au minimum un mois.

Selon la RTBF, le coût de cette opération pour la Défense belge peut être évalué à « 14,55 millions d’euros par mois, à charge de l’État fédéral ».

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