Dédié au renseignement, le Dupuy de Lôme est-il en route vers la mer Noire?

Fin mars, plusieurs médias turcs signalèrent, vidéo à l’appui, le passage en plein jour du Bâtiment de soutien de plongée (BSP) Alizé dans le détroit des Dardanelles. Alors que la Crimée tombait dans l’escarcelle russe, cela n’alla pas sans susciter quelques émois étant donné que ce navire est régulièrement utilisé par les plongeurs du service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

« Le passage des Dardanelles s’est fait de jour et un préavis diplomatique a été déposé. Il n’y a aucune activité ni secrète, ni guerrière », avait précisé le Sirpa Marine, sollicité par l’hebdomadaire spécialisé « Le Marin« . En fait, l’Alizé devait participer à un exercice conjoint avec la marine bulgare.

Mais un autre navire de la Marine nationale, le Dupuy de Lôme, ne manquera pas de relancer les spéculations. Ce dernier, utilisé par la Direction du renseignement militaire (DRM), a été aperçu en train de naviguer dans les Dardanelles pour rejoindre la mer de Marmara, d’où il sera ensuite susceptible d’aller naviguer dans les eaux de la mer Noire. Le navire français est passé une heure après l’USS Donald Cook, dont l’envoi dans cette région a été confirmée il y a quelques jours par le Pentagone.

« Moyen interarmées naval de recherche électromagnétique », le Dupuy de Lôme est entré en service en 2006. Conçu selon les normes de la marine marchande par le chantier naval néerlandais Niestern Sanders, il affiche un déplacement de 3.600 tonnes pour une longueur de 101,75 m et une largeur de 15,85m. Mis en oeuvre par un équipage de 30 marins, il accueille à son bord 80 spécialistes et analystes pour exploiter les renseignements obtenus par ses puissants moyens d’interception et d’écoutes fournis par Thales. Côté armement, il dispose de seulement 2 mitrailleuses de 12,7 mm.

Un autre navire français, la frégate anti-sous-marine (FASM) Dupleix n’est pas très loin. Le 3 avril dernier, la Marine nationale a diffusé une photo de ce bâtiment alors qu’il était en train de franchir le canal de Corinthe, lequel relie la mer Ionienne à la mer Egée, avant d’entamer une « mission en Méditerranée Orientale ».

Cela étant, la présence de ces navires, qu’ils soient français, américains, ou, plus généralement, appartenant à un pays non riverain de la mer Noire, est réglementée par la Convention de Montreux, adoptée en 1936 et reconduite tacitement tous les 20 ans. Son article 18 limite en effet le déploiement de bâtiment de guerre à 21 jours.

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