Un ingénieur naval canadien arrêté pour espionnage au profit de la Chine

Alors que l’on ne parle plus, depuis quelques semaines, que d’interceptions de données électroniques ou d’intrusions informatiques dans le but de voler des informations sensibles, l’espionnage « classique » a encore de beaux jours devant lui. L’affaire « Projet Seascape », au Canada, en est un nouvel exemple.

Ainsi, le 30 novembre, un ingénieur naval canadien, Qing Quentin Huang, 53 ans, a été arrêté à Burlington par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour avoir tenté de transmettre à Pékin des informations confidentielles sur la stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale mise en place pour les besoins de la marine canadienne, laquelle prévoit de doter cette dernière de frégates, de navires auxiliaires ou encore des brise-glace.

Le suspect travaillait pour LLoyd’s Register, un sous-traitant des chantiers navals Irving, à Halifax, lesquels sont notamment chargés de construire 6 à 8 patrouilleurs pour l’Arctique.

« Dans ce genre de situation, le partage d’information peut fournir à une entité étrangère un avantage tactique, militaire ou compétitif grâce à la connaissance des spécifications de navires chargés de défendre les eaux canadiennes et la souveraineté du Canada, a commenté Jennifer Strachan, responsable des enquêtes criminelles pour la province de l’Ontario. « Avoir accès aux produits d’efforts très importants et coûteux de recherche et de développement pourrait également offrir un avantage concurrentiel et économique indu », a-t-elle ajouté.

Mais, de son côté, Lloyd’s a fait valoir que fait savoir que Qing Quentin Huang n’avait pas l’autorisation de sécurité nécessaire pour disposer d’un accès direct aux informations confidentielles. Même chose pour le chantier naval d’Irving, dont le président, Kevin McCoy, a assuré que les données classifiées étaient « très étroitement surveillées » et que le suspect ne s’était jamais rendu dans les installations de l’entreprise.

Reste que la GRC, qui mène l’enquête en liaison avec le Service canadien du renseignement de sécurité, doit avoir du « biscuit ». Selon elle, Qing Quentin Huang aurait pris contact avec un membre de l’ambassade de Chine à Ottawa. Cependant, elle n’a pas souhaité précisé comment elle avait été mise au courant des actions de l’espion présumé.

En attendant, Qing Quentin Huang devrait répondre à deux chefs d’accusation en vertu de la Loi sur la protection de l’information, ce qui pourrait lui valoir la prison à vie. Pour le moment, il n’a pas encoré été clairement établi s’il a agi seul ou sur ordre. Toutefois, la première hypothèse semble être privilégiée par les autorités canadiennes.

Il s’agit, pour Ottawa, de la seconde affaire de ce type en peu de temps. Cette année, un officier de renseignement de la Marine royale canadienne, Jeffrey Delisle, a été condamné à 20 ans de prison pour avoir vendu  au GRU, le service d’espionnage de l’armée russe, et cela entre 2007 et 2011, des informations classifiées partagées par les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande et contenues dans la base de données Stoneghost. Presque un Snowden avant l’heure…

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