Pour boucler son budget, le ministère de la Défense va revendre des équipements

Sans les recettes exceptionnelles, le montant du budget de la Défense s’éleverait à 29,62 milliards d’euros en 2014. Pour cette années, et afin de le maintenir au même niveau qui était le sien l’année précédente, il faut donc trouver 1,8 milliards d’euros.

Dans le rapport indexé au projet de Loi de programmation militaire (LPM) pour la période 2014-2019, les ressources exceptionnelles (6,1 milliards d’euros) identifiées viendront du Programme d’investissements d’avenir (PIA), de la vente d’emprises immobilières jusque-là utilisées par le ministère de la Défense, de la mise aux enchères de la bande de fréquences comprise 694 MHz et 790 MHz et éventuellement de « cessions additionnelles de  de participations d’entreprises publiques ». Il est alors nullement question de la revente d’équipements militaires…

Sauf que, lors d’une audition devant les députés de la commission de la Défense, le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud, a indiqué que « pour maintenir les ressources exceptionnelles au niveau des 1,8 milliard d’euros programmés en LPM, le PLF (ndlr, projet de loi de finances) prévoit en effet 50 millions d’euros de cessions de matériels », en plus des 1,5 milliard du PIA.

Et de préciser que « plusieurs projets sont à l’étude », dont « la vente du transport de chalands de débarquement (TCD) Siroco et d’hélicoptères Tigre ». Cela étant, le CEMA n’a pas montré un très grand enthousiasme à cette idée. « Je ne suis pas encore totalement rassuré. De telles négociations sont toujours longues… », a-t-il dit aux députés.

Selon le projet de LPM, 16 hélicoptères Tigre au standard HAD (appui et destruction) devraient être livrés pendant la période 2014-2019. A terme, en plus de 81 Gazelle, l’Aviation légère de la l’armée de Terre (ALAT) disposera de 59 appareils de ce type, alors qu’initialement, il avait été prévu d’en commander 80, dont 40 en version HAP.

En 2013, l’ALAT compte 43 Tigre, essentiellement en version HAP. Ils seront progressivement mis au standard HAD, d’après ce qu’indique le projet de LPM. Aussi, les modalités de la  vente de quelques exemplaires (aucun chiffre n’a été avancé) évoquée par l’amiral Guillaud restent à préciser.

En revanche, la cession du TCD Siroco n’est pas une surprise. Elle était sous-entendue par le dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN), lequel a recommandé de réduire les capacités amphibies de la Marine à 3 unités (c’est à dire aux Bâtiments de projection et de commandement – BPC – actuellement en service).

Le TCD Siroco aurait normalement dû rester en service jusqu’en 2022, année où un 4e BPC, prévu par le LBDSN de 2008, désormais caduc, devait être livré. Déjà acquéreur du TCD Foudre en 2011, pour 43 millions d’euros, le Chili serait interressé par ce navire afin de garantir une permanence de ses capacités amphibies.

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