Syrie : Qu’est ce qu’une « réponse claire et forte »? Telle est la question…

Ainsi, les Etats-Unis et la France peinent à trouver des soutiens pour une éventuelle intervention militaire visant à « punir » le régime syrien pour avoir utilisé des armes gaz neurotoxiques lors d’une attaque lancée le 21 août dans la banlieue de Damas. Pour la plupart des autres pays, une telle opération ne peut se faire qu’avec l’aval des Nations unies. Ce qui est actuellement impossible étant donné que la Russie et la Chine, alliées de la Syrie, bloquent tout projet allant dans ce sens.

Quant au sein de l’Union européenne, l’idée qui domine parmi ses Etats membres est d’en appeler à une « solution politique » pour tenter de mettre un terme à la guerre civile syrienne. Seule le Royaume-Uni soutient une intervention militaire tout en se gardant d’y participer, et cela, conformément à la décision de la Chambre des communes.

Encore une fois, il est compliqué pour les pays membres de l’UE d’arriver à se mettre d’accord, sauf à s’aligner sur le plus petit dénominateur commun ou à faire des déclarations floues que chacun pourra interpréter comme bon lui semble. C’est ce qui n’a pas manqué d’arriver à l’issue de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères, qui s’est tenue à Vilnius, ce 7 septembre, en présence de John Kerry, le chef de la diplomatie américaine.

« Nous voulons une réponse claire et forte », a ainsi rendu compte Catherine Ashton, la responsable de la diplomatie européenne. Est-ce à dire que l’UE soutiendrait une intervention militaire? La déclaration finale se garde bien de le préciser.

Dans le même temps, cette dernière indique également que les ministres européens ont de « fortes présomptions » que le régime syrien est le responsable de l’attaque chimique du 21 août étant donné que, selon Mme Ashton, « il est le seul à posséder des armements chimiques et les moyens de les utiliser dans une quantité suffisante. »

Or, pour les dirigeants français, n’ont aucun doute à ce sujet. Pourtant, cela a fait le miel de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, pour qui il s’agit d’une « bonne déclaration qui soutient l’action que nous avons engagée. »

En outre, les ministres européens ont salué la décision du président Hollande, annoncée la veille, d’attendre le rapport d’enquête des Nations sur l’attaque du 21 août avant d’éventuelles frappes contre le régime syrien. Encore une fois, les conclusions des inspecteurs n’auront qu’une portée limitées, dans la mesure où ces derniers n’étaient pas autorisés à identifier ceux qui ont eu recours aux gaz neurotoxiques.

Enfin, une nouvelle ombre est venue s’ajouter à ce tableau. Déjà relativement isolés dans leur volonté d’aller « punir » Bachar el-Assad, la France et les Etats-Unis ont dû mal à accorder leurs violons. En effet, si Paris attendra donc le rapport des inspecteurs de l’ONU, il n’en est pas question pour Washington.

« Les Etats-Unis n’ont pas décidé d’attendre ce rapport pour éventuellement agir », a ainsi affirmé John Kerry, au cours de la réunion des ministres européens. A moins que les inspecteurs aient rendu leur copie avant le vote du Congrès sur l’opportunité d’une opération militaire en Syrie.

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