La France et l’Italie veulent renforcer leur coopération en matière de défense
5 décembre 2012 – 12:33Il a beaucoup été question de la ligne ferroviaire “Lyon-Turin” lors du XXXe sommet franco-italien qui s’est tenu le 3 décembre dernier dans la capitale des Gaules. Mais les affaires de défense ont été pourtant largement évoquées entre les deux pays, qui ont ainsi convenu de renforcer leur coopération militaire, tant au niveau industriel qu’opérationnel.
Déjà, la France et l’Italie mènent plusieurs projets en commun. C’est notamment le cas dans le domaine de la défense antimissile de théâtre, avec le SAMP-T (Système sol-air moyenne-portée/terrestre), des frégates multimissions (FREMM) et Horizon, du programme ESSOR de radio logicielle, qui a donné lieu, côté français, au contrat “Contact” notifié à Thales cette année, des torpilles MI-90 ainsi que du secteur spatial, notamment pour ce qui concerne les satellites d’observation et de communication.
Quant au niveau opérationnel, les deux pays avait annoncé, en 2010, la création d’une brigade alpine commune, devant être en mesure de “planifier et conduire des opérations conjointes dans les zones de montagne.”
Par ailleurs, cette coopération prend aussi la forme d’une Conseil franco-italien de défense et de sécurité (CFDIS), dont la prochaine réunion est prévue en avril 2013 et d’un comité bilatéral “armement” entre les directeurs des agences d’armement des deux pays, lequel permet de développer une vision capacitaire commune.
Aussi, le dernier sommet franco-italien a été l’occasion pour les dirigeants des deux pays de réaffirmer leur souhait d’aller encore plus loin dans cette coopération en matière militaire pour donner une impulsion nouvelle à l’Europe de la défense, cela “afin de répondre aux défis soulevés par les lacunes dans les capacités militaires européennes, de faire face aux crises qui peuvent apparaître et de contribuer à l’exercice par l’Union européenne de ses responsabilités dans le monde.”
Une feuille de route a ainsi été fixée à l’issue du sommet et un premier bilan de ses avancées sera donné à l’occasion du prochain CFDIS. Tout d’abord, en matière industrielle, il a été décidé de poursuivre les “échanges visant à développer (…) une composante européenne pour la future défense antimissile balistique” en faisant évoluer le missile Aster 30, et donc le SAMP-T.
Pour le domaine des communications tactiques du futur, il est prévu d’établir une “coordination franco-italienne” afin de “de définir une approche européenne en matière de radio-logicielle.” Enfin, pour le secteur spatial, il a été convenu de préparer, à l’horizon 2020, “les futures capacités de communications par satellites (sécurisées ou duales) et les nouvelles générations de satellites d’observation de la Terre (optique et radar).” Pour le dernier point, il s’agit du programme ORFEO (Optical and Radar Federated Earth Observation), auquel la France contribue avec le projet Pléiades, l’Italie développant, de son côté, le satellite Cosmo-Skymed.
L’un des objectifs de la feuille de route est de rechercher des partenaires européens susceptibles de participer aux projets franco-italiens tout en favorisant la coopération industrielle entre les deux pays.
Il est également demandé aux chefs d’état-major des armées des deux pays de faire l’inventaire des capacités que la France et l’Italie pourraient mutualiser et de “rechercher des convergences de besoins et de calendriers d’acquisition de matériels de défense en vue de proposer des programmes conjoints et afin d’en réduire le coût.” En vue : une possible collaboration dans “le domaine des drones aériens”. Même si aucune précision n’a été donnée, l’on pense aux drones MALE, l’Italie étant dotée de Predator américains…
Quant aux aspects opérationnels, et outre les entraînements communs et les échanges d’informations, le communiqué publié à l’issue du sommet se “félicite” des avancées de l’état-major non permanent de la brigade alpine franco-italienne, constituée par la brigade Taurinienne et la 27ème BIM. Cette unité devrait être en mesure d’être projetée à compter de 2015 pour des missions au profit de l’Union européenne, de l’Otan ou des Nations unies et sur “un théâtre d’intérêt commun dans la ‘Méditerranée élargie’”.
Au niveau des forces navales, “la coopération renforcée entre nos groupes aéronavals” est encouragée. Cela passa par la “pérennisation d’un exercice structurant commun selon un rythme annuel, insertion d’unités de l’autre nationalité au groupe d’escorte de nos porte-avions.”
Enfin, les deux pays ont également convenu de “renforcer la capacité de ravitaillement en vol européenne, qui pourra être utilisée dans le cadre de l’Union européenne ou dans celui de l’Otan.”
Tags: coopération, défense, Défense européenne, Europe, France, industrie, Italie, Otan, SAMP-T, satellites






12 commentaires à “La France et l’Italie veulent renforcer leur coopération en matière de défense”
C’était compréhensible, depuis le temps que il y avait des projets communs !
Parcontre, avec eux il faut faire un petit peu attention, les surcoûts (FREMM, Horizon..) ont l’air d’être assez fréquent.
Mais je pense quand même que c’est l’un des meilleurs partenaires qu’on puisse avoir en Europe, et surtout par rapport à l’Allemagne qui n’a pas de compétences de pointes l’Allemagne ou les British qui ont des réelles compétences mais qui les dédies qu’à l’Oncle Sam.
J’espère qu’on pourra essayer de leur placer quelques Rafale en échange avec quelque chose d’italien qui vaut le coût. A méditer
Par maerox on déc 5, 2012
@Maerox
Des Rafale en Italie ???
Je ne vois vraiment pas où ni comment.
Par contre, après le sujet du nEUROn et les posts d’avant-hier,
le fait que le SAMP-T ait été abordé est plutôt une bonne chose, car c’est vraiment LE GROS sujet que nous avons en commun avec l’Italie.
Maintenant, “en faisant évoluer le missile Aster 30, et donc le SAMP-T.”, cela reste un peu flou, et ne sous-entend encore aucun effort financier significatif (pourtant nécessaire à une quelconque amélioration).
Côté partenaires potentiels en Europe, le UK et ses 6 destroyers T45, déjà équipés d’Aster 30, parait être la cible la plus indiquée.
Sinon, y-a aussi la Pologne qui pourrait être intéressée.
Par Fralipolipi on déc 5, 2012
Sur le remplaçant du Garibaldi peut_être s’il a des brins d’arrêts ? ?
Par maerox on déc 5, 2012
Y-en aura pas plus que sur le Cavour.
Le(s) remplaçant(s) du Garibaldi (et des autres batiments de projection) seront plutôt type BPC, … et sans doute même pas adaptés pour un simple petit Harrier … alors un Rafale …
Par Fralipolipi on déc 5, 2012
Comment voulez vous que l’Italie nous prennent des Rafales (ou échange)alors qu’ils sont dans le programme eurofighter et qu’ils prévoient des F 35 pour remplacer leurs Harriers?
Par contre j’ai toujours trouvé que les alliances stratégiques avec nos voisins Italiens étaient saines et pleines de réussites et donc fructueuses. Donc pourquoi pas approfondir, il y a moins de risque qu’avec les Brits ou les Deutchs.
Par Nenel on déc 5, 2012
Ou avec un parachute alors
Ouais, ça deviens presque impossible ce que je dis.
Par maerox on déc 5, 2012
Nenel
Les Italiens sont demandeurs, comme leur ancien mentor, l’allemagne fait dans le “pacifisme”, que l’UK veut s’isoler de lUE, reste la France.
D’autant qu’une coopération deviendra de plus en plus nécessaire pour contenir l’immigration, causées par les guerres civiles et les famines du ME, du Maghreb et de l’Afrique sub-Saharienne.
D’après certaines prévisions les “food shortages” ne seront pas rares dans les anées à venir
Par Marie Claude on déc 5, 2012
@Nenel
Côté torpilles, c plus le cas, du coup DCNS s’est tourné vers l’allemagne.
Côté Fremm, il n’y a eu que des achats communs de gros matériels (genre moteurs et turbines à gaz) pour en faire baisser les prix.
Côté Horizon, le facture a été alourdie, et surtout les délais allongés.
… bref, la coopération avec l’Italie n’est pas forcément bcp plus rose qu’ailleurs …
Mais qd on est Français, avec nos petits budgets R&D et nos petites séries de commande, il faut savoir faire feu de tout bois pour faire baisser les coûts (et ainsi augmenter nos capacités) …
La coopération tous azimuts n’est pas un choix, mais une nécessité.
Par Fralipolipi on déc 5, 2012
@Marie Claude
“les “food shortages” ne seront pas rares dans les anées à venir ”
… vous avez bien raison.
Une task force aéro-maritime adaptée à lutter contre le narco-traffic, et l’immigration illégale est bien nécessaire à un niveau largement supérieur à celui qu’il est aujourd’hui …
n’oublions pas d’y intégrer aussi l’Espagne, … et la Grèce (si, si),
… et à en faire casquer une bonne partie des frais à nos pôtes de l’Europe du Nord … car ce job là est aussi fait pour eux.
Tiens, c’est peut-être là qu’elle dervrait commencer l’Europe de la Défense … en créant une vraie dimension garde-côtes européenne, en Méditerranée, étoffée, équipée, et organisée.
… et là, y-a peut-être la place pour des drones Sagem Patroller
Par Fralipolipi on déc 5, 2012
Fralipolipi
exactement
Par Marie Claude on déc 5, 2012
Tout de même étonnant de lire un projet de coopération sur les communications tactiques du futur et une approche européenne radio-logicielle alors que la France a passé récemment un marché de 3 milliards d’euros pour le programme Contact, avec un contrat étalé sur 22 ans ! Et alors que l’Italie comme la France ont lancé en commun en 2009 avec l’Espagne, la Finlande, la Pologne et la Suède, le programme ESSOR (European Secured Software defined Radio) compatible avec le standard américain SCA.
Un nouveau projet de coopération dans ce domaine, pourquoi faire ? Aurions nous trop d’argent à dépenser !
Par Gwydyon on déc 5, 2012
Désormais les boites de rations auront un menu de plus :”spaghettis-bolognèse”!….
Par Wrecker on déc 6, 2012