Le Sénat afghan veut bien l’aide de la France mais pas son amitié

Au début de cette année, un traité de coopération et d’amitié entre la France et l’Afghanistan a été signé à Paris par l’ancien président Sarkozy et celui qui était alors son homologue afghan, Hamid Karzaï. Ce texte a ensuite été ratifié par le Parlement français le 25 juillet dernier.

Ce traité franco-afghan prévoit, à hauteur de 300 millions d’euros et sur la période 2012-2016, le financement de projets ayant trait à la santé, l’éducation, l’agriculture ainsi que le développement des infrastructures et du secteur minier. En outre, il fixe le cadre d’une coopération en matière de sécurité, via la création d’un corps de gendarmerie et la formation de cadres de l’armée nationale afghane (ANA).

Pour qu’il puisse entrer en vigueur, ce texte doit encore être approuvé par les parlementaires afghans. S’il a été accepté en l’état, en septembre, par la chambre des députés, en revanche, le sénat a tenu y apporter une légère modification tout en y donnant, toutefois, son accord.

En effet, il a été suggéré que la mention « d’amitié » soit retirée du texte pour être remplacée par le terme de « relation ». La raison? D’après les principes de la charia (loi islamique, ndlr), ont expliqué certains sénateurs afghans, le mot « amitié » ne peut pas s’appliquer aux « infidèles », et donc à la France.

D’ailleurs, plusieurs élus ont suggéré que le mot « amitié » ne soit plus employé pour qualifier les relations de l’Afghanistan avec des pays non musulmans, notamment dans les traités que Kaboul sera amené à signer. Il reviendra au ministère afghan des Affaires étrangères de prendre une décision à ce sujet.

« Ce sont des principes islamiques. J’espère que le respecté gouvernement français et son peuple ne le prendront pas de travers, la France ayant toujours eu un rôle constructif et positif en Afghanistan » a expliqué le sénateur Zalamy Zabuli, dont les propos ont été rapportés par l’AFP.

Parmi les pays de l’Otan qui ont accompli une démarche identique avec Kaboul, seule France avait tenu à accoler le mot « amitié » à celui de coopération dans le titre du traité qui servira de base aux relations franco-afghanes dans les années qui viennent.

Pour rappel, depuis 2001, 88 militaires français ont perdu la vie en Afghanistan…

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