Le pire aurait été évité lors de l’incendie du sous-marin russe Ekaterinburg

Le 29 décembre dernier, la coque du sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) K-84 Ekaterinburg avait pris feu alors que le bâtiment était en cours de réparation au chantiel naval de Rosliakovo, dans la région de Mourmansk.

A l’époque, les autorités russes affirmèrent que « le réacteur du sous-marin avait été coupé avant le début des travaux de réparation » et qu’il n’y avait pas conséquent « aucune menace de contamination radioactive ». De plus, elles avancèrent que toutes les armes du submersibles avaient été préalablement retirées.

Seulement, cette dernière affirmation est sérieusement mise en doute par le réputé hebdomadaire Kommersant Vlast, qui, selon la description qui en est faite par Courrier International, est un magazine ayant un « public de décideurs (…) avec des informations et des analyses spécifiques » ainsi que « de bons reportages » illustrés par « des photos de grande qualité ».

Ainsi, selon Kommersant Vlast, le K-84 Ekaterinburg, dont on ignore les raisons pour lesquelles son état demandait des « réparations », disposait encore de ses 16 missiles balistiques nucléaires R-29RMU2 « Sineva » lors de l’incendie de sa coque. « Il n’est pas exclu qu’une ou deux torpilles aient comporté des ogives nucléaires » croit encore savoir le magazine.

La raison? La marine russe ne voulait pas perdre de temps – retirer ces munitions aurait pris au moins deux semaines – et souhaitait entreprendre les travaux de réparation au plus vite afin de remettre le K-84 dans le circuit dès le printemps 2012.

Et ce qui a en quelque sorte éveillé les soupçons de l’hebdomadaire est le fait que l’Ekarineburg a été déplacé quelques jours après l’incendie vers une baie près d’un arsenal où sont stockés les missiles et les torpilles censés armer les sous-marins de la Flotte du Nord.

Comme les systèmes hydrauliques du bâtiment étaient hors service lors de l’incendie, Kommersant Vlast indique que l’équipage fut contraint de retirer manuellement des tubes les torpilles, contenant 300 kilos de TNT, pour éviter le pire, c’est à dire une explosion qui aurait eu pour conséquence la diffusion de substance radioactive étant donné la proximité du réacteur nucléaire et des missiles.

« La Russie est passée très près de la plus grande catastrophe depuis Tchernobyl » a donc estimé l’hebdomadaire, en référence à l’explosion de la centrale ukrainienne du même nom, en 1986.

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