Rafale : Lula prendra sa décision avant de quitter ses fonctions

En matière de contrats d’armement, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Il y a presque un an, l’on pensait que Brasilia allait acheter 36 avions de combat Rafale. L’annonce de l’ouverture de négociations pour finaliser le contrat avait été faite lors d’une visite officielle du président Sarkozy au Brésil. En échange, la France s’engageait à soutenir et à acquérir des avions de transport KC-390, développés par le constructeur Embraer.

L’on pouvait, dès lors, espérer une conclusion rapide des négociations et célébrer la première vente à l’étranger du Rafale. Seulement voilà, entre-temps, les militaires brésiliens ont exprimé leur préférence pour le Gripen de Saab, voire même pour le F18 de Boeing, prenant ainsi à contre-pied le choix du président Lula et de son ministre de la Défense.

Par ailleurs, le Gripen NG a également les suffrages du syndicat des métallurgistes brésiliens, au sein duquel Lula a milité par le passé, car l’offre suédoise permettrait de créer entre 5.000 et 6.000 emplois directs au Brésil.

Du coup, l’annonce du choix définitif en faveur du Rafale a été repoussée à de maintes reprises. Attendue au printemps dernier, puis en juillet, le président Lula prendra sa décision qu’après la prochaine élection présidentielle, dont les deux tours seront organisés le 3 et le 31 octobre.

« Le président examinera le dossier après les élections. Il prendra la décision cette année, durant ce mandat a ainsi indiqué, le 7 septembre, Nelson Jobim, le ministre brésilien de la Défense. Et Lula quittera ses fonctions le 31 décembre.

Ne pouvant pas briguer un troisième mandat, le président brésilien soutient la candidature de sa dauphine, Dilma Rousseff. C’est donc en toute logique que l’annonce du choix en faveur du Rafale a été reportée, afin de ne pas prêter le flanc aux opposants en pleine campagne électorale.

Cela étant, la question se pose de savoir si le président Lula confirmera le choix du Rafale si son camp perd l’élection présidentielle. Et si tel est le cas, son successeur pourrait-il le remettre en cause si le contrat n’est pas encore signé au moment de la passation de pouvoir?

Par ailleurs, les besoins en matériels du Brésil, aussi surprenants qu’ils soient, s’expliquent par la découverte récente de réserves pétrolières au large de ses côtes qui pourraient faire de lui le premier producteur mondial d’or noir.

Pour cela, le gouvernement brésilien revendique ses droits sur sa plate-forme continentale, au-delà des 200 milles de ses eaux territoriales actuelles, ce qui suscite des réserves de la part d’autres pays. Voilà la raison pour laquelle, notamment, Brasilia a commandé des sous-marins Scorpène français en 2009, dont un sera adapté pour être doté d’un réacteur nucléaire.

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