Les islamistes pakistanais règlent leurs comptes

Au Pakistan, les mouvements islamistes ne manquent pas. Ainsi, l’attentat qui a visé la ville de Pune, dans l’Ouest de l’Inde, le 13 février, a été revendiqué quelques jours plus tard par un certain Abu Jindal, à partir du Nord-Waziristan, une région où ont trouvé refuge des taliban afghans et pakistanais ainsi que des membres d’al-Qaïda. Or, il se trouve que cet individu a prétendu appartenir au Lashkar-e-Taïba al-Almi, un groupe qui aurait fait sécession du Lashkar-e-Taïba, très actif au Cachemire et dont il est reproché sa trop grande proximité avec l’ISI, les puissants services secrets du pays.

Revendication opportune pour certains responsables pakistanais, qui apportent effectivement un soutien aux différents groupes séparatistes au Cachemire qui mènent des opérations contre l’Inde ou, au contraire, expression d’une tendance parmi les militants radicaux qui craignent un rapprochement de leurs souteneurs avec les Etats-Unis, toujours est-il que cela est sans doute révélateur de l’existence de frictions entre les différents groupes terroristes islamistes présents au Pakistan.

Un autre exemple de ces rivalités a été donné le 18 février, avec deux attentats qui ont visé les militants du Lashkar-e-Islam dans le district de Khyber, un secteur par ailleurs stratégique car c’est par lui que transite une grande partie de la logistique destinée aux troupes de l’Otan déployées en Afghanistan.

Ainsi, une première explosion a dévasté le bazar de Dars. Visiblement, l’attaque visait un bâtiment du Lashkar-e-Islam. L’adjoint de Mangal Bagh, le chef de ce groupe, a été tué avec 19 autres personnes. Le second attentat, commis contre une mosquée, fréquentée par les militants de ce mouvement, a fait 29 morts et au moins 50 blessés.

Selon les services de sécurité locaux, il s’agirait d’un règlement de compte entre les taliban pakistanais du Tehreek-e-Taliban (TTP), qui fédére plusieurs groupes radicaux, et le Laskar-e-Islam, qui est quant à lui resté indépendant. Il semblerait donc que le TTP, allié d’al-Qaïda, ait voulu marquer son territoire face à l’autre organisation, qui mêle l’islamisme à des activités criminelles.

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