L’Afghanistan coûte cher à l’armée britannique
17 décembre 2009 – 19:07Et si les opérations en Afghanistan faisaient perdre la place prépondérante qu’occupait jusque-là , sur le plan militaire, la Grande-Bretagne en Europe. Souvent prise en exemple pour justifier les réformes des forces françaises, l’armée britannique, sous pression depuis 2001 à cause de son engagement sur le théâtre afghan mais aussi de son implication dans l’opération Iraqi Freedom en mars 2003, est en effet obligée en effede sacrifier l’avenir au présent.
Ainsi, pour financer sa mission afghane, le Ministry of Defense (MoD) a annoncé, ces derniers jours, un plan de rigueur censé lui permettre de dégager 1,5 milliards de livres en ces temps de crise économique et de contexte budgétaire serré.
Certes, à terme, les militaires britanniques disposeront de 22 nouveaux hélicoptères Chinook (ce qui portera leur nombre à 70), dont seulement 8 seront livrés prochainement, le reste des livraisons devant s’étaler jusqu’en 2016, de cinq drones Reaper, ce qui doublera la flotte en service actuellement, d’un 17e C-17 airlifter pour assurer le pont aérien entre la Grande-Bretagne et l’Afghanistan, de meilleurs systèmes défensifs pour les Hercules C-130 et d’une version modernisée de l’avion de combat Typhoon. En outre, un programme de lutte contre les IED (engins explosifs improvisés) recevra un budget de 900 millions de livres sur 3 ans.
Oui, mais à quel prix. Car dans le même temps, le MoD est tenu de faire des économies, ce qui passe par la fermeture, en mars 2010 d’une base de la Royal Air Force, précisément celle de Cottesmore. Un escadron d’Harrier est appelé à disparaître. Voire même deux en fonction de la décision qui sera prise au milieu de l’année prochaine et qui met en balance également une unité de Tornado GR4.
L’avion de surveillande maritime Nimrod MR2 sera retiré du service sans attendre son successeur, le Nimrod MRA4, dont la livraison est prévue pour 2012. En attendant, la mission qu’ils assuraient sera confiée à d’autres appareils, comme par exemple les C-130 Hercules. Les hélicoptères Lynx et Merlin MK1 subiront le même sort et seront remplacés par des Wildcat et des Merlin Mk2. Ces machines devaient équiper les nouveaux destroyers de la classe Daring; dont deux exemplaires ont récemment été livrés à la Royal Navy.
Cette dernière n’échappe d’ailleurs pas à la rigueur avec le retrait d’un chasseur de mines et d’un bâtiment de surveillance. Et cela, c’est sans compter sur la possible réduction – ou le report – des porte-avions qu’elle attend, ce qui aurait des conséquences sur le nombre de F35 Lightning commandés – le Prince of Wales est sur la sellette – et sur la diminution éventuelle de sa flotte de sous-marins lanceurs d’engins (SNLE), qui pourrait passer à 3 au lieu de 4, ce qui décrédibiliserait sa force de dissuasion.
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Un commentaire à “L’Afghanistan coûte cher à l’armée britannique”
Pourvu que pour une fois, l’armée française ne prenne pas trop exemple sur son homologue britannique… Malgré la nouvelle carte militaire, notre armée est toujours un outil crédible. D’autant plus crédible que la dissuasion y a vu garder et renforcer sa position centrale de notre stratégie militaire.
Par contre, le passage de 4 à 3 SNLE me laisse perplexe. Un en patrouille, un en visite intermédiaire et un en grande visite, ça n’a rien d’idéal. Au final, il n’y aura plus de « permanence nucléaire ». Et la facture doit être lourde pour le contribuable britannique, même très lourde pour une arme dont on ne saura pas si elle sera disponible le jour où on en aura besoin. De là à dire que la réduction du nombre de bateaux noirs n’est qu’un début… Pour information les anglais n’ont plus de composante nucléaire aéroportée depuis bien longtemps. Depuis le retrait du dernier des V-bombers, le Vulcan, si je ne m’abuse.
Le retrait des Nimrod MR2 est aussi un signe dans ce sens. A chaque sortie, les SNLE sont protégés par des PATMAR et des frégates ASM. Il en va de la survie du sous-marin qui est d’autant plus facile à pister à la sortie d’un port du fait des eaux resserrées.
Et quid de la perte de compétence des équipages de Nimrod? Vont-ils faire des années de simulateur en attendant leur nouvelle monture? Il faut des années pour former des opérateurs radar, accousticiens et coordinateurs tactiques qui composent un équipage PATMAR.
Il est à rappeler que le MR4 est soumis à d’énormes retards et dépassement de coût. Encore une source future d’économie? Et penser qu’un Hercules pourra faire tampon entre les deux versions n’est qu’un doux rêve. Il fera un mauvais avion de SURMAR, tout au plus. Peut-être un peu de SAR et de POLMAR par si par là , mais rien qui puisse, par exemple, protéger le trafic naval autour d’un pays qui est par la force des chose une île et donc plus dépendante qu’aucun autre pays en Europe au commerce par bateau.
Par SM Gouzou on déc 17, 2009