Le quotidien du 3e RIMa en Kapisa

Déployé depuis trois mois en Afghanistan, au sein de la Task Force Korrigan, le 3e Régiment d’Infanterie de Marine (RIMa) retrouvera Vannes à la fin novembre, voire début décembre.

Quelques semaines avant la relève, le colonel Francis Chanson, le chef de corps du 3e RIMa et du Groupement tactique interarmes (GTIA) Kapisa, a fait le bilan de la TF Korrigan pour le Mensuel du golfe du Morbihan et donne un bref aperçu du quotidien de ses hommes et surtout de la difficulté de leur mission.

Ainsi, et malgré les coups durs qui ont affecté le 3e RIMa avec la perte de quatre des siens, le colonel Chanson assure que « l’ensemble du personnel fait preuve d’un courage, d’une abnégation et d’un professionnalisme exemplaire ».

Les militaires du GTIA Kapisa doivent faire face à une menace « persistante ». En effet, ils ont été impliqués dans 60 affrontements directs avec la rebellion, qui est, selon un retour d’expérience signé par le colonel Chanson en août dernier, « entretenue par des rivalités purement locales et des rapports de force quine trouvent pas leur origine dans l’idéologie talibane ».

En plus de ces accrochages quasi quotidiens, le chef de corps du GTIA Kapisa a indiqué que 30 engins explosifs improvisés (IED), qui constituent le principal danger pour les militaires de l’Otan, ont été découverts depuis juin mais, malheureusement, cinq ont explosé. L’un d’entre eux a d’ailleurs tué deux marsouins du régiment, le 4 septembre. Les bases opérationnelles avancées de la TF Korrigan ne sont pas à l’abri des attaques : selon le colonel Chanson, elles auraient essuyé pas moins de 15 tirs de roquettes ou d’obus de mortier.

Mais les militaires du GTIA Kapisa, et en particulier du 3e RIMa, réalisent aussi des actions au profit de la population locale, notamment en apportant une aide aux « travaux hydrauliques et agricoles » dans la vallée de Kapisa, mais aussi en appuyant la développement « des axes de communication », c’est à dire les routes. Trois sont actuellement en train d’être construites, dont une principale (Main Supply Road – MSR Vermont, Bagram/Naghlu) et deux secondaires (Afghanya et Alasaï).

« La construction rapide des routes, surtout dans un environnement peu sécurisé, est un des meilleurs moyens pour découpler l’insurrection de la population. Elle peut être une priorité avant même la dislocation des réseaux insurgés » avait insisté le colonel Chanson dans son rapport du mois d’août.

Par ailleurs, les militaires déployés en Kapisa peuvent compter sur le soutien de leurs proches, dont on ne parle toujours jamais assez. En effet, la cellule « Familles » du 3e RIMa s’est mobilisée pour récolter près de 3,5 tonnes de fret humanitaires qui partiront en Afghanistan dans le courant du mois d’octobre. Matériel médical, jouets et vêtements seront ainsi distribués à la population afghane par les marsouins.

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