Climat à nouveau tendu entre l’Otan et la Russie

Rompu depuis le conflit géorgien d’août 2008, le dialogue entre la Russie et l’Otan a repris le 29 avril dernier, pour évoquer la question de la réduction des forces conventionnelles. Seulement voilà, il en faudra certainement encore davantage pour aplanir les différends entre l’Alliance atlantique et Moscou.

Au lendemain de cette première réunion, deux diplomates russes en poste auprès de l’Otan ont été expulsés en guise de représailles pour l’affaire Herman Simm, du nom de ce haut-fonctionnaire estonien qui a vendu à la Russie des secrets concernant la politique de défense de son pays alors que ce dernier s’apprêtait à intégrer l’Alliance.

Mais c’est la Géorgie qui focalise actuellement l’opposition entre Moscou et l’Otan. Les manoeuvres militaires que cette dernière doit y mener prochainement ne sont pas vues d’un bon oeil au Kremlin qui y voit une « décision dangereuse » et une « provocation grossière ». Ces exercices constitueraient même, selon le président russe, Dmitri Medvdev, à une violation du cessez-le-feu entre son pays et la Géorgie.

« Toute action qui peut être vue et considérée par Tbilissi comme un encouragement à sa remilitarisation (…) est pour nous en contradiction avec les six principes résolvant le conflit qui ont fait l’objet d’un accord en août dernier » a estimé le Dmitri Medvedev, le 30 avril, qui a par ailleurs oublié les manoeuvres réalisées en avril par l’armée russe en Ossétie du Sud et en Abkhazie, les deux territoires dont la souveraineté est revendiquée par la Géorgie.

« La Russie continue à être surprise par ces exercices alors même qu’elle a été informée depuis le début et qu’elle a refusé des invitations répétées à y envoyer des observateurs » a répondu James Appathurai, le porte-parole de l’Otan.

Du coup, pour faire bonne mesure, la Russie a obtenu, de la part des deux régions séparatistes géorgiennes, dont l’indépendance a été reconnue par Moscou, le contrôle de leurs frontières pour une période de cinq ans. Or pour l’Alliance atlantique, ces accords constituent une violation du cessez-le-feu conclu en août 2008 et qui a mis fin aux combats entre les Russes et les Géorgiens.

« De telles actions de la Russie ne sont pas dans l’intérêt à long terme de la paix et de la stabilité dans la région du Caucase du Sud » a commenté James Appathurai. « Les forces d’occupation russes contrôlent entièrement l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud depuis août dernier. Ceci est un nouveau pas de la Russie en vue d’achever l’annexion de ces deux régions géorgiennes » accuse-t-on à Tbilissi.

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