Pour M. Lecornu, le format de la Marine nationale doit avoir la « dimension » du domaine maritime français

Si certains moyens mis en oeuvre par la Marine nationale dans les départements et les territoires d’outre-Mer sont sur le point d’être modernisés, avec l’arrivée annoncée des nouveaux patrouilleurs de la classe « Félix Éboué » et le remplacement prévu des avions de surveillance maritime dans le cadre du programme AVSIMAR [ou Albatros], il n’en reste pas moins que cet effort est insuffisant, notamment en Indo-Pacifique, où les tensions de cessent de s’accentuer.

Or, comme le souligne le député Yannick Chenevard dans son avis budgétaire concernant la Marine nationale, la France a des « intérêts vitaux » dans cette partie du monde. Intérêts qui sont d’abord des « enjeux de souveraineté ».

« La France est présente dans l’Indopacifique à travers ses territoires ultra-marins : La Réunion, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis-et-Futuna. Peuplés d’environ 1,8 million d’habitants, ces territoires permettent à notre pays de disposer de la deuxième plus grande zone économique exclusive [ZEE] du monde [9 millions de kilomètres carrés], laquelle abrite d’importantes ressources halieutiques et un fort potentiel de ressources minières qui restent à découvrir dans les grands fonds marins », rappelle le M. Chenevard.

Et, poursuit-il, la possession de cette ZEE constitue un « enjeu stratégique » pour la France car elle lui permet « d’être le seul pays de l’Union européenne [UE] présent dans une zone au coeur de l’économie-monde » car c’est en Indo-Pacifique que non seulement se « trouvent cinq des dix plus grands pays commerçants mondiaux » mais aussi les principaux fournisseurs de semi-conducteurs dont l’industrie européenne ne peut se passer ».

« Notre pays et l’ensemble de l’UE sont par conséquent très dépendants de cette zone, à la fois pour leurs approvisionnements et également pour leurs exportations » et la « présence de bases militaires françaises dans la région lui permet ainsi, le cas échéant, d’intervenir très rapidement en cas de crises menaçant ces flux et de faire respecter le droit international et l’accès aux espaces communs qu’il régit », explique le député, pour qui les moyens mis à la disposition des forces de souveraineté sont très insuffisants, en particulier dans le domaine naval.

Aussi, en conclut-il, « faute de moyens adaptés, les forces de souveraineté pourraient, à terme, ne plus être en mesure de remplir les missions qui leur sont normalement dévolues, en particulier l’affirmation de notre souveraineté dans la région, laquelle passe notamment par la surveillance de notre ZEE. Or, celle-ci est d’ores et déjà sous pression », notamment chinoise.

Visiblement, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, est de cet avis. Interrogé par Ouest France avant la mise à flot de la Frégate de défense et d’intervention [FDI] « Amiral Ronarc’h » [première d’une série qui, pour le moment, en comptera cinq, ndlr], il a abordé les enjeux de la future Loi de programmation militaire [LPM], qui sera soumise l’an prochain au Parlement.

Et, à la question s’il y aurait des « inflexions » dans le domaine naval afin de répondre aux menaces qui s’accumulent, M. Lecornu l’a fortemement suggéré.

« Aujourd’hui, la mer est devenue un espace de conflictualité en tant que tel et elle participe à la mondialisation des menaces. On le voit avec les fonds sous-marins : le sabotage du gazoduc Nordstream, la sécurité des câbles de communications » et « On le voit aussi avec les stratégies de refus d’accès à la mer pour entraver le commerce mondial. C’est pourquoi, pour assurer notre souveraineté, il nous faut nous adapter », a d’abord relevé le ministre.

« Je rappelle que la France n’est pas un pays comme les autres. Grâce à nos Outre-mer, notre surface maritime fait partie des plus importantes du monde et nous sommes riverains du Pacifique! Notre marine doit donc avoir cette dimension », a ensuite ajouté M. Lecornu. Et, a-t-il conclu sur ce sujet, « tout en gardant des instruments qui nous permettent de mener des opérations navales classiques, il nous faut aussi être modernes, en disposant de drones sous-marins, en nous appuyant sur le spatial ».

Dans son avis budgétaire, M. Chevenard donne quelques pistes pour renforcer les moyens de la Marine nationale dans l’Indo-Pacifique. Outre son plaidoyer en faveur d’un second porte-avions de nouvelle génération [PANG], lequel permettrait d’y assurer une présence plus régulière, il défend la nécessité d’accélérer et d’amplifier le programme « European Patrol Corvette » afin de remplacer au plus tôt les actuelles frégates de surveillance, sous-armées et qui ont fait leur temps. Et il appelle également à y déployer plus fréquemment des sous-marins nuclaires d’attaque [SNA], ce qui est, pour le moment, compliqué…

« Si elle se contente d’un effort a minima – remplacement un pour un des bateaux existants sans déploiement de moyens supplémentaires de haut niveau, SNA, frégates ou porte-avions, la France montrera sa faiblesse dans un monde marqué par le retour de la guerre de haute intensité, la course aux armements et le primat de la force sur le droit, l’exposant au déclassement et à des menaces auxquelles elle ne pourra répondre », prévient le député.

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124 contributions

  1. Lex dit :

    Si on veut être présent sur la ZEE, il faut 2 PAN, 15 frégates (FREMM ou FDI), 30 corvettes Gowind, une cinquantaine de patrouilleurs, des ravitailleurs, 8 SNA, 6 SLNE + les navires côtiers + le personnel pour équiper tout ça.

    En gros, le ministre, il est bien gentil, il fait de beaux discours, mais à la fin Bercy dira coucouche panier…

    • AirTatto dit :

      Je pense pareil… actuellement avec les patrouilleurs POM, on ne peut même pas luter contre les navires des gardes cotes Chinois… encore une anticipation du danger… aucune flotte dans le Pacifique Sud.

    • bonnechancemonpapa dit :

      Je ne vois pas l’intérêt de 6 SNLE s’étant donné 1/ leur destination et 2/leur dotation en missiles intercontinentaux qui tirent à 8/10000 km.

      • Manu34 dit :

        Exact. Drôle d’idée.

        • Pourquoi Manu ? dit :

          Pourquoi une drôle d’idée ?
          J’ai cru comprendre que quand les hostilités ont été déclenchées en Ukraine, la MN a mis en patrouille un second SNLE, mais que ce format à deux SNLE en patrouille simultanément n’était pas très tenable sur le long terme pour différentes raisons (si je me trompe, expliquez-moi, SVP).
          Donc si en cas de crise il est utile d’avoir deux SNLE en patrouille, il semblerait tout aussi utile qu’ils puissent le rester sans être contraints par des questions techniques si la crise dure.
          De plus, même si nos SNLE sont des merveilles de technologies que l’on estime indétectables, qui peut avoir la certitude absolue qu’ils ne seront jamais interceptés par l’adversaire ? En avoir deux en patrouille en permanence limiterait ce risque et rendrait encore plus crédible notre dissuasion (du moins me semble-t-il, si là encore je me trompe, je vous écoute avec plaisir).
          Et donc augmenter le nombre de SNLE pour pouvoir faire face à la montée des menaces (montée qui semble prévisible pour un période assez longue) en ayant en permanence deux SNLE qui patrouillent parait une idée pas si mauvaise, non ?
          Pour ce faire, en avoir 5 ou 6, je n’ai pas d’opinion. Mais vous peut-être ?

          • Manu34 dit :

            Disons que le coup de pression n’avait pas vocation à durer; un seul SNLE a de quoi raser tout ce que la Russie compte de centres urbains d’importance. Et avoir 4 SNLE permet ce genre de langage comme on l’a vu. D’ailleurs même avec 2 à la mer, le message était déjà substantiel, et pour répondre à votre question, 2 à la mer est tenable dans la durée.
            Du coup j’ai répondu drôle d’idée pour 2 raisons:
            -Compte tenu des priorités en cas d’augmentation de budgets conséquente, je pense que quand on en liste 10 les SNLE ne devraient pas y être. Qu’on le mette en 30ème place sur la liste en espérant que à coups de dizaines de milliards on descende jusque là pourquoi pas, mais tout le reste cité me parait bien plus important. Dans cette liste j’aurais d’abord surtout mis 2 choses: des bâtiments mieux armés/défendus, et des stocks de munitions.
            -Recruter, former et garder de la sous-marinade est très compliqué. Et de ce point de vue, je pense que dans la pratique l’augmentation du nombre de SNA est bien plus importante que d’envisager davantage de SNLE.

            D’une manière générale, à mon avis, les forces nucléaires françaises sont au point d’équilibre et suffisantes (hors FANu: 1 seul PA) pour décourager qui que ce soit d’aller trop loin. On ne peut pas dire, et c’est un doux euphémisme, que le même constat s’applique au conventionnel !… Donc lister 10 priorités et y mettre des SNLE me semble une drôle d’idée. C’est juste mon avis 🙂

          • Pourquoi Manu ? dit :

            Merci.
            Si vous me dites que le maintien de deux SNLE en patrouille simultanément est possible sur la durée, je veux bien le croire.
            Dans le cadre d’une liste de priorités et d’un budget qui reste contraint, en effet, il y a probablement plus urgent que d’augmenter le nombre de SNLE.

      • VladVirus22 dit :

        L’intérêt d’avoir 2 soum en permanence à la mer et un autre près au départ.

        • Préposition dit :

          « et un autre près au départ. »
          Prêt au départ ou près du départ, mais ni « près au départ » ni « prêt du départ ».
          Merci.

    • Rémi dit :

      Il faudrait commencer par investir pour développer économiquement ces territoires. Leur défense ne se justifiera que si nous leur donnons de la valeur. Sinon ca reste des grands mots comme souveraineté avec lesquels on aime mener de grands débats d’idées en France

  2. Raymond75 dit :

    Ha ben ça c’est pas bête, je n’y aurais pas pensé !!!

  3. philbeau dit :

    « Enjeux de souveraineté »…gag . de quelle souveraineté parle , fort bien d’ailleurs , ce député macroniste ? la souveraineté européenne , le concept invraisemblable et mensonger de son mentor aux affaires , qui s’effondre quand on examine les positions diverses et surtout centrées sur leurs intérêts des autres pays de l’UE . Sont -ils venus faire autre chose que de la figuration au Sahel ? Seule la France a pris des coups , et a scié sa position politique dans cette partie du monde . Souveraineté française , quand on regarde la tiédeur avec laquelle le pouvoir considère l’avenir de la Nlle Calédonie dans le giron français , « de la République » dont il a la bouche pleine ? Souverainté française qui est en passe de s’effondrer en France même , dans le désordre invraisemblable qui s’est installé dans le pays faute de volonté réelle de gouverner , la parole de la communication értant devenue la seule façon de répondre aux interrogations des citoyens , qui virent de plus en plus à l’angoisse dans leur vie de tous les jours ? Lecornu comme Chenevard causent , c’est leur mission .Il faut regarder plus haut pour se faire une idée de la suite . Et là il n’y a aucun projet pour la France .

  4. PHILIPPE dit :

    Qu’en termes choisis tout cela est bien dit !
    Sébastien si tu as du pouvoir fais le voir !

  5. Franz35 dit :

    Et pour défendre nos intérêts, il va absolument falloir se donner les moyens de détecter et traiter les menaces aériennes et sous marines par un plus grand nombre de plate-formes. Ainsi que de trouver des parades aux attaques de saturation en tout genre, aussi bien aériennes, balistiques, marines ou sous-marines

  6. Lagrange dit :

    D’accord très bien, c’est un constat partagé par tous. Mais que proposer vous monsieur le ministre?

    • Frede6 dit :

      Vu que l’on a un domaine maritime sensiblement equivalent à celui des USA, 300 navires de combat me semble être la cible à atteindre. Bon OK je démissionne. Signé: Seb Lecornecul

  7. Carin dit :

    C’est dans 2 jours, sur la base de Toulon que nous saurons jusqu’où nous allons aller pour répondre à cette montée des menaces…
    « Vaste programme » aurait dit de Gaulle.

  8. Lothringer dit :

    Allez, je vais être (très) mauvaise langue, histoire de semer la polémique.
    Vous vous souvenez de l’expression utilisée par les communistes au sujet du 2e tour de la présidentielle de 1969 « bonnet blanc , blanc bonnet » ?

    Un ancêtre du « en même temps » ?

    Je vais donc détourner cette expression …
    version bonnet blanc : « le format de la Marine nationale doit avoir la « dimension » du domaine maritime français »
    version blanc bonnet : « la « dimension » du domaine maritime français doit avoir le format de la Marine nationale »

    Les mots sont exactement les même, à la lettre près. Pour ce qui est du sens…par contre…

    Si les actes ne suivent pas les paroles, c’est la version « blanc bonnet » qui sera la bonne.

    On résume :
    – combien de sous-marins SSK pour couvrir la ZEE Pacifique ? (pas besoin de SNA pour une vocation défensive)
    – combien de sous-marins SSK pour couvrir la ZEE Océan Indien ?
    – combien de sous-marins SSK pour couvrir la Méditerranée ?
    – combien de corvettes sur-armées pour couvrir en permanence l’outre-mer ? le délai ?
    – combien de Rafale (avec moult munitions) stationnés en permanence en outre-mer ? (combien de bases dignes de ce nom à ce jour ?)
    – combien de drones de surveillance MALE/HALE ? sous quels délais ?
    – combien de drones Patroller armés en outre-mer ?
    – un ou 2 PHA supplémentaire avec drones armés stationnés en permanence en outre-mer ?
    – une base française digne d’un mini Pearl Harbor en outre-mer ? sous quels délais ?
    – déploiement permanent en outre-mer des Atlantic-2 gentiment proposés à l’Allemagne (et refusés par celle-ci) ?
    – on renonce à l’EuroDrone trop cher en raison des délais trop long pour tout miser sur nos drones « assemblés en France » ?

    • Lothringer dit :

      Ah…j’ai oublié de citer la zone ZEE Amériques (Guadeloupe et voisinage, Martinique , Guyane).
      Mes excuses si il y a des collègues originaires de cette zone. Il méritent la même protection, autant que les autres ZEE.

      • Manu34 dit :

        Vaste programme ! 😀

      • Czar dit :

        Et pourquoi pas deux PANG pour chaque ilot tant qu’on y est ? Tu crois que le bôdget c’est môgique ? Célétakipaye.

        • lgbtqi+ dit :

          çay pas cool pour votre pônsion de retraite. Commônt allay vous payay vos binouses ?

          • lgbtqi+ dit :

            Bonjour, je vous ai déjà dit de ne pas poster de commentaires avec mon pseudo : il est déjà pris. Je vais finir par me fâcher.

          • lgbtqi+ dit :

            double usurpation : c’est moi qui vous ai signalé que j’étais déjà « titulaire » du pseudo. D’ailleurs, celles et ceux qui me suivent en ce blog pourront le vérifier facilement, de même que le taulier.

            Ce n’est donc pas de votre part une inadvertance, mais bien une entreprise pernicieuse…

        • VladVirus22 dit :

          Et sur le lac Léman afin que la Bourgogne puisse lancer une attaque massive sur la Suisse…. (3ème degré)

      • Franchouillard dit :

        @ Lothringer
        Aux Antilles le problème est surtout les trafics de toutes sortes, alors que dans l´Indien-Pacifique les distances compliquent les trafics : ce qu´il faut traiter en Indien-Pacifique, c’est surtout l´exploitation abusive des ressources.
        .
        Dans tous les cas, les PA sont inadaptés.
        Il faut des moyens de surveillance (drones, navires équipés de sonar) et des moyens d´intervention (corvettes).
        .
        Les PA ne serviront qu´à jouer les supplétifs dans des guerres américaines… et malheureusement c’est ce que veut notre classe politique euro-atlantiste.

    • ji_louis dit :

      Pour votre information, un sous-marin à propulsion classique (même anaérobie) ne peut défendre que les approches d’un port ou d’une côte relativement restreinte parce qu’il ne peut pas être partout à la fois (vitesse de petrouille faible). Le sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire ne peut pas non plus être partout à la fois, mais il peut soutenir une vitesse en plongée plusieurs fois plus rapide et en permanence, ce qui lui permet de se déplacer, par exemple, d’un bout à l’autre de la Zone Economique Exclusive d’une île en moins d’une journée.

      J’ai personnellement vu un sous-marin nucléaire naviguer à plus de 30 noeuds (dans les années 1990),je n’ai jamais vu un sous-marin classique dépasser les 8 noeuds (même si c’était possible momentanément).

  9. Le Suren dit :

    40 frégates dont 15 en permanence dans cette zone
    15 SNA dont 3 en permanence dans cette zone
    3 PANG dont 1 en permanence dans cette zone

    Le jours où les Chinois décideront de mettre la main sur la Nouvelle-Calédonie, il vont débouler avec 50 navires dont 3 PA, 15 frégates, 10 sous-marins et 80 000 soldats.

    Au-delà de MN, il faudrait aussi 40 Rafales de l’AAE en permanence dans cette zone, avec 3 bases aériennes. Avec bien entendu la possibilité de monter à 80 Rafales en cas de coup dur.

    Et être capable de déployer sur une semaine 30 000 soldats avec matériel lourd. Ca nécessite des A400 à la louche !

    Pourquoi de tels effectifs ? Parce-qu’il faut impressionner (les Chinois) et éventuellement les dissuader.

    Souvenons-nous de Sun-Tzu !

    Non, franchement, je ne vois pas la France faire ce genre d’effort..

    • Huon dit :

      « Le jours où les Chinois décideront de mettre la main sur la Nouvelle-Calédonie, il vont débouler avec 50 navires dont 3 PA, 15 frégates, 10 sous-marins et 80 000 soldats. »

      Avant ça, ils auront conquis Taïwan, les Philippines, l’Indonésie et la Papouasie-Nouvelle Guinée, mis une raclée aux Etats-Unis, vassalisé le Japon et l’Australie, changé le plomb en or et retrouvé Elvis Presley vivant sur son île déserte. À ce stade, pas certain que 30 000 hommes et 80 Rafale les impressionne encore.

    • Alex dit :

      laissons les déjà se frotter à Taiwan

    • Mathieu dit :

      la France ne peut pas muscler l’armée, construire des hôpitaux et des prisons, distribuer des aides à tout va. Et… rembourser la dette colossale.

      • Géo l´ignare dit :

        @Mathieu
        C’est pourquoi tout le monde sait que nous ne rembourserons pas cette dette.
        La comptabilité d´un État n´est pas du tout la même que celle d´un particulier, d´une famille ou d´une entreprise.

    • St Chamond dit :

      Le jour où les chinois débouleront en Nouvelle-Caledonie ils auront déjà la flotte américaine, japonaise, australienne, canadienne… sur le dos. Il n’est pas réaliste de penser la sécurité de la zone sans penser la coopération régionale. Il faut être capable de déployer une force proportionnelle à nos intérêts et l’intégrer à une coalition. C’est dans l’arc de crise définit dans le livre blanc précédent qu’il faut être capable d’agir seul.

    • Patatra dit :

      Sauf que la nouvelle calédonie c’est la France, même avec un statut particulier, c’est la France.
      Il faut aussi s’imaginer que si cela devait arriver, cela se ferait dans un contexte de crise, certainement internationale.

      On le verrai donc arriver, les SNLE retourneraient à la mer comme avec l’Ukraine (ce qui n’est pas un message anodin), l’armée française serait également en alerte.

      Le PA (s’il est dispo) partirai à la mer.

      On sait qu’un SNA en terme de dénis d’accès c’est le batman de la mer. On sait qu’il est là, on a peur de lui, on pense qu’il est par là, on sue un peu et c’est le voisin qui prend une torpille, et quand on le regarde couler, on ne voit pas celle qui nous arrive également.

      Et on a la frappe Nuke en pleine mer sur une flottile… ça marche aussi et ça pose le jeu.

      Il y a l’expérience des Malouines…
      et ce n’est pas tellement pas le style de la Chine….

    • Nouméa dit :

      @ Le Suren
      Les chinois sont déjà sur place et brasse des affaires.
      Tout le monde part en vacances chez les pokens.
      Connaissez-vous la puissance de l’influence ?
      Aucun besoin d’un débarquement de vive force.

  10. Lassithi dit :

    Enfin des paroles lucides.
    A espérer que ce sera suivi d’effet, après juste 25 ans de perdus en ayant fait croire à la force d’un simple pavillon arboré sur des zodiacs…
    C’est d’une véritable flotte dont à besoin la France en Indo Pacifique, avec des moyens aériens dignes de ce nom.

  11. Catoneo dit :

    Si la France est bien présente dans la zone indo-pacifique, elle n’y pèse rien.
    Affirmer sa souveraineté passerait sans doute par la création d’une vraie base navale sur zone (Nouméa ou Papeete) en lieu et place d’une station de « charbonnage », et le déploiement permanent d’unités affectées à l’intimidation et à la police des pêches. La Chine populaire rode et l’Inde s’approche.
    Mais la République n’a plus le rond. Yakafokon donc !
    Il est très bien M. Lecornu dans le yakafokon.

    • Manu34 dit :

      Une puissance nucléaire pèse toujours… il n’y en pas tant que ça. Ceci étant posé, c’est vrai que nos forces dans le Pacifique font un peu pitié…

    • St Chamond dit :

      Une base aéronavale à Papeete… vous voulez envahir les Galápagos ?

  12. Alfred dit :

    Je crains, étant donné nos 2 902 Mds € de dette publique et 3 133 Mds de dette privée, auxquels il faudra ajouter le déficit galopant de la balance commerciale et les intérêts des OATi (emprunts obligataires a terme indexés) que nos sphinx financiers souscrivent à tour de bras, que tout ceci relève plus de la gesticulation politique que du réalisme dans un pays ou la production industrielle n’atteint même plus 10% du PIB

    • Manu34 dit :

      Moins de 10% du PIB, c’est le Royaume Uni, pas la France. Nous c’est 12,4 et ça remonte enfin. Doucement.
      Alors je suis totalement d’accord que ça n’a rien de glorieux et qu’on a pas fini de payer les âneries des années 90/00. Mais inutile d’en rajouter en donnant des chiffres erronés.

    • Mathieu dit :

      vu les déficits, nous serons ops en 2040. Pour l’instant, chaque territoire dispose de 2 rafiots, 1 GTIA, 1 avion et 3 helicos. C’est effectivement léger face à une armada chinoise.

  13. lym dit :

    On ne parle que de bateaux, mais l’aéronavale? Des moyens de surveillance aérienne seraient doute plus faciles à déployer rapidement et capables de couvrir les vastes zones nécessaires… Un futur Falcon 10X patmar, c’est 7500 NM d’autonomie: Il pourrait aussi être rendu plus « dissuasif » (moyens de brouillage/guerre elec, voir armement?) afin de ne pas devoir systématiquement envoyer un navire (à condition d’en avoir un et pas trop loin) pour se faire vraiment entendre!

    • Math dit :

      Petits bateaux, petits sous marins et avions à long rayon d’action semblent être l’avenir de la guerre navale. Les grandes unités semblent si vulnérables…

      • lgbtqi+ dit :

        « Petits Bateaux » ? Malheur, ça va attirer le club supporté par robert, le lobby du slip kangourou qui adore stigmatiser les « déviants » ; les déviants qui doivent beaucoup prier pour espérer que grâce leur soit donnée de devenir évéques et de pouvoir faire des choses selon la nature avec des enfants non-consentants.

  14. Gplt dit :

    Les constats répétés c’est bien, les actes c’est mieux d’autant que la période actuelle ne laissera aucune chance aux faibles. Soit nos gouvernants dimensionnent nos forces pour nous faire respecter ou sinon autant « vendre » nos outre-mer au plus offrant (lol) et éviter de devoir les défendre avec un bras dans le dos.

  15. Bertrand dit :

    Plutôt qu’un 2ème PA, ne serait il pas plus opportun et économique d’augmenter le nombre nombre de frégates et de SNA et surtout développer sur place une/plusieurs base aérienne permanente avec Rafales + avion ravitailleur et avions de surveillance maritime ? En effet, si l’objectif est de défendre cette vaste zone il faudrait peut-être mieux augmenter le nombre de vecteurs plutôt que tout misersurun PA qui, certes, flatte l’ego mais dont la rareté le rend trop précieux.

    • Manu34 dit :

      Ça se défend. J’aurais tendance à dire les 2 mon capitaine, car sacrifier la permanence du GAN comme on l’a fait y’a 20 ans pour 1 bateau, certes cher, alors que quasi tout le reste est payé et opérationnel est quand même très con. Mais en même temps, même à 2 PA, on enverra pas le GAN tous les 4 matins dans le Pacifique. Donc effectivement une implantation plus crédible sur place ne serait pas du luxe… Si on pense réellement que nos intérêts sur place sont si importants, on y viendra. Dans le cas contraire on restera dans le symbolique comme actuellement.

    • merl51 dit :

      je vote pour ! à votre avis, installer de façon pérenne 36 rafales, avec tout ce qui vient avec ( matériel humain, protection, munitions, ect ect ect)
      coûterait combien ?

    • Constat dit :

      Excellent commentaire. La France devrait se concentrer sur la défense de cette ZEE pacifique, ce serait déjà bien de rendre tout cela bien défendu avant que quelqu’un n’annexe un de nos atolls pour y construire un aéroport.

      • breer dit :

        Pour info, il y a déjà des pistes sur certains atolls, et certaines iles de Polynésie, pour les iliens, et les touristes,
        Qui voudrait annexer ces atolls perdus au milieu du Pacifique ?? Même les japonais durant la WWII qui ont pourtant envahi toutes les iles de l’ouest Pacifique, n’ont jamais eu l’intention d’aller s’y perdre. Les américains y ont créé momentanément quelques pistes, en guise de bases arrières, et la France en a renforcé lors des essais nucléaires (Mururoa – Hao)

    • LBzh dit :

      Va surtout falloir recruter et fidéliser RAPIDEMENT et CORRECTEMENT. Mais là aussi on peut rêver… Voir nos voisins teutons :/

    • Fralipolipi dit :

      @Bertrand
      Des escadrons Rafale permanents en outre-mer serait un non-sens (économique,mais pas que).
      Par contre, il ne serait pas du luxe de disposer de bonnes infrastructures pour mise en oeuvre d’un escadron/escadrille Rafale quasi complet, sur le temps long, … au moins à Nouméa et à Cayenne.
      C’est déjà un sujet d’infrastructures … avec les locaux de stockage de munitions ad-hoc …. au moins en anticipation.
      Je sais que sur la base de Cayenne il y a d’importants travaux d’améliorations agrandissements prévus ou en cours, mais ce n’est sans doute pas assez.
      Quand à Nouméa, tout reste à y faire.
      .
      Ensuite, peut-être peut-on aussi songer à armer nos Albatros Avsimar (et leurs excellents radars et capteurs), au moins avec l’ANL à défaut d’Exocet … mais au moins avec une capacité de frappe minimale avec un 1er but de dissuasion.
      => Là, il y a un truc à faire rapidement et facilement, avec une vrais plus-value sans gros surcoût.
      .
      Et puis enfin, il faudra plus de coques grises, … ce que l’on dit depuis toujours ….
      et aussi des drones de surveillances (aériens et maritimes).
      .
      + un SNA Barracuda à commander en plus, pour permettre d’envoyer « beaucoup plus souvent » (a minima 1 fois par an) un tel SNA dans ces Océans lointains (déploiements à but de collaborations internationales/entraînements/sécurisation/réassurance/ etc ..).

  16. HMX dit :

    Le député enfonce des portes ouvertes, en reconnaissant presque ouvertement l’indigence des moyens de la Marine Nationale outre mer, et dans le Pacifique en particulier.

    La question, c’est désormais de savoir si on se contente du simple « renouvellement » déjà en cours des moyens existants, dont on sait que ceux-ci sont parfois à la limite du symbolique (ou du ridicule…). Remplacer un patrouilleur à bout de souffle par un patrouilleur flambant neuf et plus performant est certes un progrès, mais cela n’apporte finalement quasiment rien en matière de capacités supplémentaires.

    D’une manière générale, concernant nos territoires ultramarins, l’Etat doit sortir d’une simple logique de police / action de l’Etat en mer (contrôle des pêches, douanes…) pour affirmer une logique de présence militaire. Cela vaut en particulier pour l’Indo-Pacifique. En pratique, cela signifie qu’il faut créer ou moderniser nos infrastructures militaires, et installer dans certains points clés des capacités militaires crédibles (on ne parle pas de surarmement : juste de crédibilité…).

    Concrètement, on pense en priorité à La Réunion, et à la Nouvelle Calédonie, que la France aurait tout intérêt à transformer en points d’appui avec la création dans chacune de ces collectivités d’une base aéronavale, disposant d’infrastructures de premier plan : port en eau profonde pouvant accueillir des porte avions et sous marins, capacités significatives de stockage de carburant et de munitions, casernements, installations aéronautiques permettant le soutien d’avions de combat et d’avions de transport… Bien que spécifiquement conçues pour accueillir et soutenir un volume de forces conséquent en cas de conflit, ces bases se contenteraient « au quotidien » de forces de moindre volume pour fonctionner :
    – Outre un détachement d’appareils de transport, l’Armée de l’Air pourrait maintenir en permanence un escadron de Mirage 2000 ou de Rafale sur chacune de ces bases, ainsi qu’un système SAMP/T.
    – La Marine maintiendrait en permanence sur chaque base des patrouilleurs, au moins une unité de « premier rang » (frégate), ou à défaut une unité de « second rang » (corvette), ainsi que des moyens PATMAR (Atlantique 2 et/ou drones PATMAR).
    – Enfin, et sans aller jusqu’à recréer le mur de l’Atlantique, l’Armée de Terre pourrait se voir confier la mission d’étudier sur site les moyens d’un « durcissement » des approches aéro-terrestres des territoires concernés, ainsi que d’éventuels moyens fixes et mobiles de protections côtières. Le but étant de dissuader un éventuel débarquement ennemi, ou a minima de disposer sur place d’une capacité de résistance permettant de « durer » jusqu’à l’arrivée de renforts.

    Ces bases aéronavales constitueraient des points d’appui privilégiés pour la Marine Nationale, et pour les pays alliés dans la région. Elles permettraient d’envisager des déploiements plus longs et plus réguliers dans l’Indo-Pacifique, ainsi que des exercices avec les pays voisins, donc de donner une nouvelle dimension à la présence et à la diplomatie française dans la région. Le coût de ces bases et des moyens qui y seraient affectés doit donc être analysé à la lumière de ces avantages, sans parler des effets induits sur le développement économique des collectivités concernées (aspect néanmoins important pour l’acceptabilité locale des bases…)

    Outre le coût des infrastructures elles-mêmes (1 milliard d’euros environ, pour une durée de vie supérieure à 50 ans) et pour ne rester que sur les moyens les plus coûteux, on parle principalement de 2 frégates supplémentaires par rapport à la LPM actuelle, de 2 corvettes, de 2 à 4 patrouilleurs supplémentaires, de 2 systèmes SAMP/T, ainsi que de l’équivalent d’un escadron d’avions de combat. Soit 5 à 7 milliards d’euros d’équipements, le tout à financer sur une période de 10 ans, ce qui relativise la portée de l’effort à réaliser.

  17. Auguste dit :

    On en est où avec « la politique maritime intégrée » de l’UE?.Elle devrait,ou faire un gros chèque à la France, pour la « surveillance maritime intégrée » ou demander aux autres marines européennes d’assurer leur part.

  18. albert dit :

    En réalité c’est toute l’armée française, Marine, Air, Terre qui n’a pas le dimension qu’elle devrait avoir pour son role
    Pas assez de bateaux, pas assez d’avions, pas assez de blindés, pas assez d’hélico, pas assez d’hommes, pas assez de munitions …
    Mais c’est à l’image du pays qui s’effondre. Un systeme de santé qui est en état de mort clinique, une justice dépassée, une police débordé, une éducation en lambeaux, une armée qui fait avec moins que le minimum opérationnel, une industriel qui s’effondre, une énergie qui s’écroule…
    Bon en fait … y a quoi qui marche chez nous ?

  19. Kamelot dit :

    Avant d’enfoncer des portes ouvertes et rouler des muscles anémiés, commençons par le début: la connaissance du milieu et l’identification des contrevenants.
    Le travail collaboratif satellitaire, y compris avec les moyens civils, l’usage de drones et la projection rapide sur site pour intervention demeurent indispensables, avant de vouloir refaire la bataille de Midway…
    Arrêtons le fantasme de l’invasion par une escadre aéronavale étrangère. l’invasion économico-politique est déjà faite, la suivante est halieutique avec des flotilles de pêche très bien organisées…
    À terme, ce sont les détroits et la libre circulation maritime qui seront concernés, tout comme le libre traffic de drogue. 🙂
    La Chine veut sécuriser SON empire, SA mer et SES intérêts géostratégiques en virant les USA des lieux qui lui sont proches. Nous avons nos propres intérêts.
    La France n’est pas une menace mais un client et une zone touristique pour certains ainsi qu’une protection économico-sociale pour dautres… c’est notre « richesse ». 🙂

  20. PPSD dit :

    Si nous avons les moyens de rien faire…autant devenir neutre, ca coute moins chers

  21. Guillotin dit :

    Mr Lecornu doit s’occuper en urgence de faire retirer un calendrier des Armées, réalisé par un de ses services, et sur lequel on peut voir une femme voilée . L’affaire fait déjà grand bruit aujourd’hui et une clarification urgente et définitive, est indispensable. Si les Armées elles-mêmes sont envahies par des dérives intolérables qui a mènent à la charia généralisée, les beaux projets de ceci et de cela ne sont même plus d’actualité.

    • Manu34 dit :

      C’est une proposition d’un service et pas un calendrier officiel. Cette proposition n’a pas été retenue. Le reste c’est de l’intox relayée par la « fachosphère » de Twitter et quelques couillons en mal de buzz…
      Du reste, si les gens ce service avaient été malins, il auraient mis une photo de Latifa Ibn Ziaten et tous les cassos n’auraient plus eu qu’à fermer leur claque-m….

    • lgbtqi+ dit :

      On peut en avoir un avec le Joufflu Grassouillet qui prend des poses angéliques ? Vous savez, l’Unique Obèse de la corée du nord…

  22. EasyE dit :

    Faut arreter de raconter n’importe quoi un deuxiéme PA c’est 30% de couts en plus niveau personnel/materiel le but ce n’est pas de dupliquer le GAN mais de pouvoir assurer la permanence.

    On a quand meme 40-50 ans de retex sur ce sujet.

  23. Mathieu dit :

    la France ne peut pas muscler l’armée, construire des hôpitaux et des prisons, distribuer des aides à tout va. Et… rembourser la dette colossale.

  24. Patadouf dit :

    En v’là une idée quelle est bonne !!!
    Combien de rapports, d’auditions, de groupes de travail pour en arriver à ce constat ?
    Planter les 3 couleurs sur une barque ne suffirait pas ?

  25. ONERESQUE dit :

    AVANT de penser à augmenter le format de la MN, ce qui est indispensable à au moins 20 frégates….il faudrait D’ABORD penser à augmenter considérablement leur auto-défense AA et surtout AM….face aux menaces DF-17, DF-21, Kinzhal, Tzirkon… Le couple azimut – densité des tirs de barrage anti-missile des frégates de la MN est insuffisant, TRÈS insuffisant !!! Il ne suffit pas d’avoir prouvé comme l’ont souligné les officiers qui sont intervenus dans NAVAL NEWS que le FORBIN avait pu intercepter à l’ASTER 30 des cibles COYOTE Mach 2,5 pour GLOBALISER à toute la flotte face à une attaque saturante de DF-17 et les capacités du PAAMS n’ont pas encore été validées sur des planeurs Mach 5-7 manœuvrant genre Tzirkon…..Sinon, on ne se précipiterait pas sur le nécessaire développement de l’intercepteur TWISTER.
    > Il faut bien réaliser que les Israéliens ont pris une considérable avance en intercepteurs haute performance, le STUNNER du David’s SLING atteint MACH 7 et 250 km de portée ( Mach 4,5 et 130 km sur ASTER 30 ) et nous n’avons rien d’équivalent à l’ARROW 3 ou au futur GBI US ou au Standard SM-3 hard-kill et SM-6…
    > Les rideaux défensifs 8 derniers km se basent sur 2 à 3 CIWS Phalanx, la MN n’a rien de tel non plus…
    CONCLUSION > 20 frégates ou 4 croiseurs nucléaires ( les amerloques ont fait le LONG BEACH, c’est faisable ) armés de 2 à 4 RapiFire, une vingtaine de VL-MICA et des TWISTER qu’il faut développer pour 2030.

  26. vrai_chasseur dit :

    Tout le monde aura compris que le débat sur le format futur de l’armée française, une fois les considérations prospectives, stratégiques, géopolitiques et technologiques prises en compte (et elles sont déjà connues, pour la plupart), n’aura vraiment lieu que lorsqu’il débouchera sur la question des finances.
    Or les marges de manœuvre dans le domaine de la défense sont très réduites. L’armée française reste de fait une des plus efficaces et une des plus ‘guerrières’ au monde, malgré le nombre très important de restructurations menées en son sein. Mais cet effort a une limite : l’armée française est maintenant ‘au taquet’ de son propre ratio efficacité / coût, les marges de manœuvre ‘endogènes’ sont quasi-inexistantes sauf à réduire l’efficacité.
    Toute modification du format de la défense française doit maintenant faire appel à des marges de manœuvre ‘exogènes’ à l’armée elle-même, c’est-à-dire notamment des marges de manœuvre additionnelles du budget lui-même et des finances publiques.
    Et la France n’a pas, ou très très peu, de marge de manœuvre budgétaire. La seule option disponible actuelle c’est emprunter de l’argent.
    Le vrai enjeu de fond est donc là : retrouver des marges de manœuvre budgétaires, c’est-à-dire des capacités d’investissement dans des délais compatibles avec les enjeux internationaux.
    Au passage, c’est ce qui énerve passablement les autres pays d’Europe : ils savent tous que la France est le meilleur élève d’Europe en matière de défense. Et ce n’est pas que la crédibilité de sa dissuasion nucléaire autonome qui est appréciée ou enviée mais également ses capacités conventionnelles de combat. Néanmoins, recevoir des leçons et des exhortations sur davantage de défense européenne de la part d’un pays qui a les poches trouées, alors que précisément ce sujet demande des efforts d’investissements conséquents, est une posture qui agace. Ne pas chercher ailleurs les raisons profondes du dédain allemand vis-à-vis de la France notamment sur les questions de défense européenne et sur les grands programmes industriels de défense. En substance les allemands nous disent : « on veut bien filer du pognon, mais pas pour financer indirectement la dette sociale française. Ou alors, si c’est ça et si vous ne changez pas, le maitre d’œuvre industriel c’est nous. » Position politique qui se comprend. Et l’Allemagne prend grand soin de ne pas le dire explicitement mais juste de le suggérer implicitement.
    La question budgétaire devient maintenant sociétale en France : à force de dérive, on ne peut plus échapper à une réforme sérieuse des finances publiques, qui n’induise pas en même temps une actualisation de notre ‘façon sociale de vivre’.
    Depuis des décennies, tous les gouvernements sans exception y compris l’actuel ont soigneusement éludé cette question. Manque de courage, peur des grèves et de la rue, générosité sociale sans contrepartie, clientélisme électoral, laxisme, impopularité du sujet, etc etc : les raisons de la dérive installée sont multiples et anciennes.

    Ce sont peut-être les enjeux de défense, devenus cruciaux maintenant, qui vont lui remettre ce sujet devant le nez.
    Et donc devant le nez de tous.

    • Fralipolipi dit :

      @vrai_chasseur
      Vous avez tellement raison.
      Votre Post est à encadrer, mais avant cela, à diffuser le plus largement.

    • Frede6 dit :

      Le commentaire qui démontre que nos autres commentaires sont inutiles ;-).
      Seules la sueur et les larmes nous permettront de retrouver ces marges de manoeuvres.
      Sommes nous prêts individuellement et collectivement prêt à faire cet effort sur deux ou trois générations ???
      La réponse est non à ce stade, l’éveil des consciences est encore très lent et très parcellaire

    • mich dit :

      Bonjour , comme d’habitude très intéressant , mais vous êtes bien sur de vous quand vous dites  » les marges de manœuvre ‘endogènes’ sont quasi-inexistantes sauf à réduire l’efficacité  » , car si la LPM va jusqu’à son bout en 2025 je penses personnellement que nous aurons les moyens d’avoir une défense très efficace (il faudra faire des choix bien sur , tant matériels que d ’ organisation ) .Ce que nous n ‘aurons pas c ‘est de pouvoir avoir une politique de puissance mondiale complète et tout a fait autonome , mais que nous avons déjà du mal à avoir depuis l’ après guerre au milieu des , maintenant , plusieurs grands et qui demanderait un budget effectivement bien supérieur ,donc des sacrifices ailleurs !Au passage vous en pensez quoi du projet socle defense de Fabrice WOLF qui commentait un moment sur ce site avant de de passer sur métadefense .

    • Patrick, de Belgique dit :

      Bien vu!

  27. RobPul dit :

    La France et le Royaume-Uni sont tout simplement trop petits. La Chine construit tous les quatre ans autant de navires que l’ensemble de la marine française et ils sont tous de dernière génération. Les Européens ne peuvent que tenter de dissuader, mais la triste réalité est que si la Chine décide d’attaquer leurs intérêts dans l’Indo-Pacifique, les seuls qui peuvent les défendre sont les États-Unis.

  28. Shangri-Là dit :

    Encore une ineptie comme le monsieur en a le secret. A se demander si ce n’est pas à la quantité d’inepties par phrase que l’on rentre au gouvernement…
    Non nous ne pourrons pas, et en toute lucidité, avoir assez de navires pour protéger notre territoire maritime. Ceci est un conte pour enfant. Mais au fond les soldats restent de grands enfants qui attendent de jouer à la guéguerre, jusqu’à se qu’ils se rendent compte ce qu’est la guerre, la vraie, loin du cliché des OPEX où l’on compte les mouches, et où les officiers ne sont pas également sous les obus dans la tranchée.
    En tout cas on a compris comment on s’adresse aux militaires, toujours dans le sens du poil, mais perso je n’hésite pas à dire par exemple que le CEMA s’est complètement planté sur la bataille de Kiev, alors que beaucoup de choses indiquaient le contraire. Jamais je n’ai douté de la capacité des ukrainiens car je suis resté attentif depuis 2014.
    La horde de généraux FR au penchant russe, ne verront donc jamais le rouleau-compresseur russe débouler sur la capitale de l’Ukraine!
    Pour en revenir à nos histoires d’haricotier, si le monsieur macroniste venait avec le budget pour construire les FREMM manquante au livre blanc, cet-à-dire 7 ou 8, voir 24 pour être cohérent avec ce qu’il dit, là on pourrait commencer à discuter entre personnes de bon aloi. Mais pour l’instant cela reste de la com pour neuneux.
    (HS: Il est dommage que ce site ne soit pas réactif en proposant de pouvoir supprimer son commentaire ou de le modifier, mais aussi de ne pas pouvoir aller à la ligne en tapant ENTER.)
    (Pour ses oeuvres: Merci à Broken Arrow!)

  29. Fralipolipi dit :

    « la possession de cette ZEE constitue un « enjeu stratégique » pour la France car elle lui permet « d’être le seul pays de l’Union européenne [UE] présent dans une zone au coeur de l’économie-monde »  »
    .
    … Ne pas oublier aussi le rôle majeur et décisif de nos territoires ultramarins français dans la recherche d’autonomie européenne (et française) d’accès à l’espace … espace si stratégique et décisif pour les siècles à venir.
    .
    Il y a évidemment le port spatial de Kourou, idéalement placé au plus près de l’équateur pour bénéficier du maxi de l’effet de fronde (dans un secteur géog. ne subissant ni volcanisme et trouble sismique, ni cyclone …. cherchez bien, autour du globle, le long de l’équateur, très peu d’endroits réunissent ces caractéristiques idéales pour la mise en orbite équatoriale : dont les satellites géostationnaires).
    .
    Mais il n’y a pas que cela.
    Par exemple, sur les 13 « stations Sol », hors du Continent européen, que requièrent la mise en oeuvre de GALILEO, … 7 sont basées sur les territoires ultramarins français : St-Pierre & Miquelon / Kourou / Tahiti / Wallis & Futuna / Nouméa / Kerguelen / La Réunion.
    Et autant, côté Atlantique il y du choix en matière de sites géog. (Norvège, France, Espagne, Portugal, RU),
    mais au niveau des océans Indien et Pacifique, on ne peut vraiment compter que sur les seuls territoires français !
    https://www.universalis.fr/media/CA170494/
    Sans (tous) ces territoires, … pas d’autonomie européenne dans l’espace … ni en gestion des positionnements sur Terre !

  30. Patatra dit :

    Ah bah oui, un Mindef qui dit que la marine doit avoir la dimension du domaine maritime français… Bon, c’est déjà bien de le dire.
    Parcontre j’aimerai celui qui dira qu’elle aura cette dimension

    • Çavamieuxenledisant dit :

      Il suffit de réduire la ZEE française à la taille de ce que notre marine nationale pet défendre et hop, le tour est joué.

    • VinceToto dit :

      Celle au format correspondant à la dimension. C’est simple pourtant. 😉

    • Patatra dit :

      Merci messieurs pour cette proposition de nivellement par le bas ^^

  31. casseudsabots dit :

    Est-ce qu’on se souvient du format organique de la marine (et des autres armees) dans cette zone au début des années 80? Combien de frégates, et de quels types? Combien d’avis os et patrouilleurs? Quelles capacités anti-sous-marines, anti-surface et anti-air? Sans parler des périodes liées aux essais, avec la patrouille d’1 à 2 GAN…
    Est-ce que la menace est moins forte qu’à l’époque ?
    Que fera un patrouilleur le jour où une meute de chalutiers montera à l’assaut ?

  32. Courmaceul dit :

    C’est le genre même d’article où je me demande si certains intervenants ne viennent pas avec un caddy pour faire les courses de la France.

  33. bullnar dit :

    M. Chenevard n a pas du aller dans notre ZEE depuis longtemps , les importantes ressources halieutiques sont en cours de pillage par les asiatiques et chinois essentiellement et ce n est pas peu de le dire… les plus grands bateaux usine sont dans notre zone pacifique avec d autres inconnus a l’immat factice et un bout de chiffon vaguement ressemblant au liberia… ils transbordent en mer et se font ravitailler au large ,et nous on ne « voit » rien.. et c est encourage par les ediles du coin bien interressees .. mais par quoi rien ne vient a terre… dormez personne ne se plaint donc cela n existe pas .. quand la decentralisation mene a la gabegie

  34. Klaus Maffrei dit :

    Tout le monde s’est lâche sur ce sujet politique, sur lequel je ne rajouterai rien sauf à rappeler l’efficacité de M de Vauban qui en son temps à su protéger les frontières de la France. Reprenons son exemple, en augmentant nos investissements militaires dans ces zones, pas seulement notre marine mais aussi nos forces de terre et aériennes pre-positionnees.

  35. Alfred dit :

    @manu34.Effectivement, mais 12,4% c’est l’industrie extractive + l’industrie manufacturière (celle qui avait fait notre richesse a l’epoque où elle dépassait les 20% du PIB, et qui ne représente plus aujourd’hui que 10% du PIB)

    • Manu34 dit :

      C’est vrai. Mais ça reste de l’industrie.
      Ceci dit je pense que tout le monde s’est réveillé sur le sujet. Enfin !

  36. Thierry le plus ancien dit :

    Considérant l’importance absolument vitale pour TOUTES les grandes puissance au monde de pouvoir disposer d’une marine marchande tentaculaire aussi bien pour se procurer des matières première que pour écouler des marchandises fabriqués, il est tout aussi vitale de disposer d’une marine militaire pouvant s’étendre elle aussi sur la totalité du domaine maritime exploité par le transport.

    La France ne peut pas faire l’impasse là-dessus sans en subir de grave conséquence non seulement économique mais aussi de sécurité des approvisionnement stratégique, car après des décennies de délocalisation nous sommes encore et toujours, plus que jamais dépendant de notre trafique maritime commercial, et pour longtemps encore même si l’on relocalisait à toute vitesse.

    Et il va de soi quand dans tout grand conflit de haute intensité le blocus maritime s’exercera contre les puissances qui n’ont pas les moyens naval de s’y opposer. Celui qui aura eu la sagesse de se prémunir contre cette menace se trouvera en état de supériorité sur le champs de bataille terrestre ainsi que dans la liberté de manœuvre pour attaquer l’adversaire là ou ça lui procure le plus d’avantages.

    Entre ceux qui font les débarquements et ceux qui les subissent en construisant des murs côtiers il vaut assurément mieux faire partie de la première catégorie. Le béton ne remplacera jamais les navires.

  37. Saucisson Furtif dit :

    On attend toujours les projets de dirigeables dronisés. Ceci afin d’économiser les ressources satellitaire et la disponibilité des aéronefs pour la surveillance d’une zone si vaste. Nous avons toutes les ressources pour le faire il ne manque que la volonté de souveraineté