Selon une étude, la transformation du dispositif militaire français en Afrique de l’Ouest est « incontournable »

À l’issue du processus de décolonisation amorcé en 1958 par le général de Gaulle, la France instaura une sorte de « Pax Gallica » en Afrique [encore appelée « françafrique »] qui lui permit de maintenir son influence sur le continent, via une présence militaire relativement importante motivée par des accords de défense noué avec les régimes « amis de la France », un dispositif de coopération civile et technique [avec 8000 conseillers ou coopérants] et une aide publique au développement supérieure à 1% du PIB.

La fin de la Guerre Froide [qui permettait de justifier une « realpolitik » menée au nom de la lutte contre l’influence soviétique] marqua une rupture dans la politique française, avec le discours prononcé par le président Mitterrand lors du sommet franco-africain de La Baule, en 1990. Désormais, le soutien de la France serait désormais conditionné aux progrès démocratiques de ses anciennes colonies.

Seulement, les bons sentiments ne coïncident pas toujours avec la défense de certains intérêts… Et la politique africaine française devint hésitante, si ce n’est illisible, ce qui a ainsi conduit à une perte d’influence continue de la France dans son ancien « pré-carré ».

« La nouvelle logique transactionnelle est d’autant plus difficile à mettre en œuvre qu’elle se combine mal avec le fond des intérêts géopolitiques de la France – réels ou perçus – et la quête de stabilité sur un continent où se multiplient les guerres civiles. Son application au cas par cas provoque incompréhensions, frustrations et sentiments de trahison, tant par les autocrates s’estimant abandonnés par la France, que par les militants d’opposition dénonçant une démocratisation de façade », résume une récente étude de l’Institut français des relations internationales [IFRI].

La renégociation des accords de défense passés avec une dizaine de pays africains durant le mandat du président Sarkozy mit un terme aux clauses d’assistance en cas de troubles intérieurs. Ce qui a fait que la « France a de facto mis fin à son rôle ‘d’assurance vie » des régimes africains.

Depuis, plusieurs chefs d’États présentés comme étant des « amis de la France » ont été renversés par des coups d’État, comme Mamadou Tandja [Niger, 2010], Ahmadou Toumani Touré [Mali, 2012], François Bozizé [Centrafrique, 2013], Blaise Compaoré [Burkina Faso, 2014], etc. Pour autant, les contradictions françaises demeurent… La France n’a rien dit au sujet de l’accession au pouvoir de Mahamat Déby après la mort de son père, Idriss Déby, en dehors de toute règle démocratique alors que, dans le même temps, elle a condamné le coup d’état du colonel Assimi Goïta au Mali.

Par ailleurs, souligne l’IFRI, et alors que « la ligne politique et l’offre stratégique de la France en Afrique se font plus hésitantes, ses moyens civils et militaires connaissent une réduction continue ». Réduction confirmée par le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2008 et la Révision générale des politiques publiques [RGPP].

Le lancement, à la demande de Bamako, de l’opération Serval [puis Barkhane] pour contrer la menace jihadiste aurait pu changer la donne et relancer l’influence française dans la région. Or, il n’en a rien été puisque celle-ci est contestée notamment par la Russie [mais aussi, dans une moindre mesure, par la Chine et la Turquie].

D’ailleurs, résume l’IFRI, et malgré des succès opérationnels indiscutables, « l’intervention française dans la zone, et tout particulièrement au Mali a finalement agi comme un révélateur des limites de l’influence française, conduisant à une contre-performance stratégique qu’il importe aujourd’hui de regarder en face ».

Pour cela, un premier travail consisterait à définir et à assumer les intérêts stratégiques de la France dans la région. Ceux-ci ne sont pas nécessairement économiques [le volume de ses échanges commerciaux avec l’Afrique est inférieur à celui des Pays-Bas, voire de l’Allemagne] même s’il convient de ne pas les balayer d’un revers de manche, « ne serait-ce qu’au regard des relais de croissance » que le continent africain peut offrir à plus long terme.

Les intérêts de la France sont avant tout politiques et sécuritaires, 150’000 ressortissants français s’étant établis au sud du Sahara, « concentrés en majorité le long de la côte atlantique, dans une zone à la stabilité relative » et potentiellement menacée par l’expansion de la menace jihadiste.

En outre, rappelle l’IFRI, et au-delà des luttes d’influence avec la Russie et la Chine, « l’Afrique de l’Ouest se place au cœur des préoccupations de la sécurité intérieure française en raison de sa place sur la carte des trafics. Porte majeure des produits stupéfiants sud-américains vers l’Europe, elle est également un important réservoir de migration, au regard de sa dynamique démographique. Finalement, la présence en France des nombreuses diasporas subsahariennes – plus d’un million d’immigrés, étrangers ou naturalisés, vivant en France viennent d’Afrique subsaharienne, pour l’essentiel d’Afrique de l’Ouest – demeure un point de vigilance en raison de la communautarisation ».

Aussi, l’IFRI appelle à « repenser en profondeur l’offre stratégique française en Afrique de l’Ouest », en se recentrant sur les intérêts essentiels de France et sur « ce qui est à la portée de ses moyens ». Et d’ajouter : « Redéfinir une stratégie pérenne pour la France en Afrique de l’Ouest implique donc de changer d’approche en adoptant des objectifs réalistes qui ne présument pas du bon vouloir des partenaires mais de leurs intérêts et des attentes qu’ils peuvent formuler. Ceci passe également par la capacité à retrouver une liberté d’action en rompant la logique des ‘opérations extérieures’ et de leurs enjeux, organiques pour les armées et médiatiques pour le pouvoir politique, pour lui préférer les modalités de la présence, à la fois plus discrète et plus durable ».

Cette nouvelle stratégie doit être mis en oeuvre pour préserver au moins trois intérêts principaux : endiguer l’instabilité politique et la progression continue du phénomène jihadiste, préserver une influence française en Afrique de l’Ouest, « indispensable au maintien d’une stature de puissance dans le contexte de compétition systémique », améliorer l’image de la France en Afrique francophone.

Pour cela, estime l’IFRI, la France doit revoir « son offre stratégique », en faisant évoluer la coopération de défense, perçue comme ayant une approche « néo-coloniale », vers une « logique moins structurelle, au profit d’une logique de financement et d’équipement d’une part et d’appui opérationnel d’autre part, notamment en matière de renseignement, de logistique et d’appui-feu [terrestre ou aérien] ». En clair, il s’agirait d’établir des partenariats similaires à celui qui été proposé aux forces de sécurité irakienne ainsi qu’aux milices kurdes syriennes, dans le cadre de l’opération Chammal.

Ensuite, l’IFRI propose de rompre avec la logique des opérations extérieures, le modèle « intervention-stabilisation-normalisation » s’effaçant au profit du triptyque « compétition-contestation-confrontation », au profit d’une logique de « présence » de longue durée, les forces ainsi prépositionnées ayant une « posture opérationnelle » discrète.

« Les forces de présence incarnent la permanence des intérêts français dans la zone. Il n’existe donc pas de compte à rebours politique exigeant une ‘stratégie de sortie’, même si elles sont évidemment soumises aux impératifs de résultats. […] Leur visibilité politique est faible en France, du fait de leurs effectifs réduits et de la relative discrétion de leurs activités qui attirent bien moins l’attention politique que les très médiatiques ‘OPEX' », plaide l’IFRI.

Une telle approche suppose de simplifier le dipositif militaire français en Afrique de l’Ouest, celui-ci empilant actuellement les structures [force Barkhane, opération Corymbe, Task Force Sabre, Éléments français du Sénégal, Forces françaises en Côte d’Ivoire, Éléments français du Gabon, etc]. L’IFRI propose ainsi de placer toutes ces dispositifs sous l’autorité d’un commandement régional unique.

« En s’inspirant des aspects les plus vertueux du modèle des Combattant Commands américains – comme AFRICOM pour le continent africain – il serait ainsi possible d’imaginer confier ce
commandement à un officier général de division ou de corps d’armée disposant d’un état-major ramassé, chargé du niveau ‘opératif haut’. En outre, et ce point est capital, ce commandeur incarnerait l’interlocuteur unique, durable et local des partenaires locaux comme internationaux dans la sphère de la sécurité et de la défense », soutient l’IFRI.

Ce commandement régional pourrait également « assurer une responsabilité dans la mise en œuvre des politiques de coopération de sécurité et de défense qui sont aujourd’hui pensées et exécutées depuis Paris » tout en offrant une « une interface unique pour les pays alliés désireux de s’engager aux côtés de la France dans la sécurisation de l’Afrique de l’Ouest », ce qui permettrait d’intégrer, par exemple, des contributions européennes, la France gardant son statut de « nation cadre ».

Les missions de ce commandement ainsi unifié consisterait à assoir l’influence française dans le région, à mener des actions de coopération militaire tout en étendant celles-ci aux domaines aériens et navals, à appuyer les forces locales quand elles en font la demande, voire à intervenir directement contre une menace si nécessaire.

Quoi qu’il en soit, pour l’IFRI, les derniers évènements au Mali offrent finalement une « opportunité de remise à plat de l’engagement de la France et de l’Europe en Afrique » et la « transformation du dispositif français est […] devenue incontournable et constitue un enjeu décisif ».

Et de conclure : « L’histoire commune de la France avec ses anciennes colonies, qui se prolonge par les relations politiques, économiques, culturelles et de diaspora, lui donne en effet à la fois une responsabilité historique à assumer et un rang à tenir. Cet état de fait rejaillit également sur l’ensemble de sa politique étrangère ».

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68 contributions

  1. VinceToto dit :

    Donc en gros, d’après l’IFRI il faudrait que la France fasse dans le style Empire colonial gérant les structures hautes en Afrique de l’Ouest, un peu comme les USA en Europe? L’avantage de la France sur les USA/UK/etc. étant le français dans certains pays africains.

    Sinon, HS pour faire plaisir aux Otanistes, d’après des infos russes, il y aurait encore des mercenaires étrangers qui se cachent à AzovStal. L’info viendrait d’un responsable Azov capturé et non nommé (attention lien vers un article de propagande russe): https://riafan.ru/23449095-zapeli_solov_em_plenennie_ukrainskie_voennie_massovo_sdayut_natsistov_s_azovstali
    (Je me permets ce lien car cela ne correspond pas à la propagande russe « Azovstal complétement libérée »)

    • Dolgan dit :

      Les témoignages (et ça vaut pour les deux camps) spontanés de prisonniers un pistolet sur la tempe ça n apporte rien. Et les relayer c est juste soutenir ce type de mauvais traitements des prisonniers, interdit par convention de Genève tout ça tout ça.

      Les deux camps n étant pas exemplaires.

      • Félix GARCIA dit :

        Bien dit.

        • José dit :

          Je ne comprend pas toujours cette obsession de la France ä avoir de l’influence quand on a pas les moyens!!!! C’est quoi l’influence quane on a un déficit commercial abyssal de 100 milliards acheté ä credit???? Les pays raisonnables n’ont pas besoin d’un déploiement militaire pour avoir de l’influence en Afrique!!!! Il suffit de fabriquer des produits de qualité et le vendre dans le monde entier pour être respecté et avoir de l’influence!!! Sinon on devient minable et ridicule aux yeux des Africains qui pissent allegrement sur tous les états prétentieux!!!!

          • saintebaguette dit :

            Compte tenu du peu de produits de qualité fabriqués par les Africains, si urine il y a, ils feraient mieux de la conserver précieusement pour eux 🙂 Nous parlerons ridicule et respect dans un second temps.

    • OURGOUT51 dit :

      Bonsoir,

      Le commandant de la 36 e brigade d’infanterie de marine (celui qui a pris le commandement après que le colonel Baraniuk se soit rendu il y a environ deux semaines) affirme dans une video qu’il y a bien des mercenaires à Azovstal et dans de nombreuses unités de l’armée ukrainienne. En revanche quand on lui a posé la question sur d’eventuels VIP, il a répondu qu’il ne savait pas.
      Selon « Комсомольская Правда » les Russes ont commencé un premier débriefing, à l’issue duquel plusieurs prisonniers ont été transférés à Rostov sur le Don pour la poursuite de l’interrogatoire.

      • précision dit :

        Je crois qu’il parle d’étrangers, pas de mercenaire.
        Il est intéressant de voir le soin qu’il apporte à formuler précisément ses réponses pour éviter ce qui pourrait être exploité politiquement par les russes.

  2. Raymond75 dit :

    En effet, il faudrait une transformation réelle en mettant fin à ces pitreries que sont les OPEX africaines, qui ne mènent à rien, ont un coût élevé, éloigne les moyens militaires français de l’Europe, et de toutes façons ne peuvent se faire qu’avec l’aide, donc l’accord, US.

    La France est en Europe, pas en Afrique. Seules doivent se maintenir la lutte contre le piratage maritime, qui menace les lignes de communications européennes.

    La France n’est plus une grande puissance mondiale ; elle est une puissance moyenne européenne et surendettée pour longtemps.

    • Elwin dit :

      Une puissance européenne ça reste une puissance mondiale, vous savez. La France reste 10 ieme au PIB PPA. A moins que vous ne parliez du Liechtenstein ?
      ‘Fin bon, les habitués reconnaîtront votre francophobie coutumière.

    • blavan dit :

      Chaque euro dépensé par la France pour l’Afrique est un euro perdu. Le Nigéria sera autant peuplé que toute l’UE en 2050 , il suffit de regarder ce qui se passe ces jours à Marseille avec les clandestins nigérians qui ont envahi les cités pour imaginer ce qui va arriver dans quelques années. Nous devons trouver les moyens d’une immigration impossible où accepter de perdre nos 2000 ans de civilisation. Hélas notre jeunesse se passionne plus pour les youtubeurs où les influenceurs que pour son avenir !!!

    • dompal dit :

      @Raymond,
      Heureusement qu’il y a des opex en Afrique (et ailleurs aussi) car c’est pas avec une solde métro que ça fait bouillir la marmite…..sans parler de la motivation, car faire des ‘opex’ à La Courtine, à Canjuers ou ailleurs ça fait pas vraiment bander la troupe… 🙁

      • blavan dit :

        @dompal. Quelle fine stratégie géopolitique pour justifier les Opex !! Vous m’auriez dit que ces opex nous permettent de vendre nos matériels militaires au monde entier et d’entrainer nos soldats à la limite, mais là c’est l’argument qui tue sans jeu de mot.

        • Naoned 46 dit :

          Oui mais Dompal n’a pas tort
          À voir au niveau recrutement si les opex ont lieu entre Canjuers,Mailly et Coetquidan
          Revenir à la DOT en quelque sorte avec pourquoi pas les brelages en cuir ?

  3. Czar dit :

     » au profit d’une logique de financement et d’équipement d’une part  »

    mébiensûr on ne se donne pas les moyens financiers d’équiper notre propre armée, mais on va payer celles des pays africvains en se disant qu’ils nous seront sans doute un jour reconnaissants (c’est bien connaître la mentalité afwicaine ça, on croirait qu’o, n’y a pas été pendant un siècle)

    si la france veut conserver une influence en afrique elle doit juste avoir une armée forte, chez elle, et deux-trois points d’entrée sur le continent : dakar, djibouti , abdidjan et gabon pour la prtie sud du continent (l’est étant couvert par la réunion et mayotte)

    si l’on prend tout le fric gaspillé à entrainer cette bouffonnerie qu’est « l’armée » malienne on aurait peut-être pu financer quelques-uns des avions qui nous ont manqué pour faire des transferts lors du lancements de serval et qu’on a dû réclamer à nos voisins

    les afwicains se croient permis de nous chier à la gueule parce qu’ils remarquent que la Frônçaiternail viendra toujours leur sortir le cul des ronces gratos, « pârce que c’est notre grôndeur d’ââme »

    curieusement avec les russes, ils n’ont aucun souci à casquer.

    tout soutien à tout pays africain doit être conditionné à des retours économiques clairs pour nous : ressources, accès à certains marchés, et surtout maîtrise absolue de leurs flux migratoires, le seule vraie condition importante dans tout ça.

    quand ils auront compris que Maman France n’est plus le filet de sécurité qu’on sait toujours être là au final, ça les rendra plus réalistes et accommodants (et de toute façon si c’est pas le cas, au moins ça nous coûtera pas un radis)

    quant à nos « compatriotes » dans la zone, ça doit pas dépasser les 30.000 le reste ce sont des locaux qui ont réussi à gratter un double passeport

  4. AirTatto dit :

    C’est marrant d rester sur l’Histoire en continuant à bâtir des stratégies de continuités et non de rupture. Le monde évolue, l’Afrique réclame une émancipation, de l’aide et une reconnaissance…. Soyons moderne, laissons l’Afrique ce trouver un futur sans nous et commençons par établir des relations d’égale à égale si c’est possible avec les pays Africains démocratique qui le souhaite.
    On coupe les aides on arrête les visas et on repart à zéro.

  5. Lotharingie dit :

    « ………………Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, s’est rendu à Moscou pour rencontrer son homologue russe, Sergueï Lavrov, qui a dénoncé la « mentalité coloniale » de Paris et de l’Europe au Mali…………. »
    .
    https://information.tv5monde.com/video/mali-visite-d-abdoulaye-diop-ministre-des-affaires-etrangeres-en-russie

  6. Lucien dit :

    Je suis en profond désaccord avec divers passages du rapport.

    1) « assumer les intérêts stratégiques de la France dans la région. Ceux-ci ne sont pas nécessairement économiques même s’il convient de ne pas les balayer d’un revers de manche, « ne serait-ce qu’au regard des relais de croissance » que le continent afrique peut offrir à plus long terme. »

    Il faudrait vraiment faire un point sur l’intérêt de nos investissements en Afrique. Nos échanges avec eux sont très faibles. En dehors de l’uranium au Niger (il n’y a plus qu’une seule mine en activité exploitée par la France, il me semble), je ne vois rien d’essentiel ni même de profitable pour notre économie ou alors, il faut m’expliquer. Et si l’on compare à l’Aide Publique au Développement, à l’argent envoyé par les collectivités publiques, les associations subventionnées (avec notre argent) et les transferts financiers de la diaspora, j’ai vraiment le sentiment que la France est lourdement perdante avec l’Afrique sur les plans économique et financier. Au mieux, ce sont quelques multinationales basées en France qui font des profits et qui pratiquement l’optimisation fiscale donc on ne récupère rien dessus (ou si peu) pour la collectivité nationale. Qu’on me corrige si je dis des bêtises. Quant aux opportunités de croissance, je n’y crois pas. Trop d’instabilité politique. D’autant que les relations économiques signifient des flux de personnes et que la population française n’en peut plus de l’immigration originaire d’Afrique (du Nord ou subsaharienne). Donc, vraiment, je ne vois aucune raison de poursuivre ces efforts pour les intérêts économiques. Si l’on doit revoir nos objectifs à la hauteur de nos moyens, protégeons le Niger et un accès jusqu’à la mer. Au-delà, rien. Les expatriés Français dans ces pays doivent faire comme leurs semblables dans d’autres régions du monde, ils se débrouillent avec les autorités consulaires et les autorités locales, et si l’Afrique de l’Ouest est trop dangereuse pour eux, ils s’en vont.

    2) « l’Afrique de l’Ouest se place au cœur des préoccupations de la sécurité intérieure française en raison de sa place sur la carte des trafics. Porte majeure des produits stupéfiants sud-américains vers l’Europe, elle est également un important réservoir de migration, au regard de sa dynamique démographique. Finalement, la présence en France des nombreuses diasporas subsahariennes – plus d’un million d’immigrés, étrangers ou naturalisés, vivant en France viennent d’Afrique subsaharienne, pour l’essentiel d’Afrique de l’Ouest – demeure un point de vigilance en raison de la communautarisation »

    Sans blague ! Il est bien ce rapport ! Cela fait quarante ans que certains le disent mais on ne les écoute pas et on les traite de fachos. Bref… La réponse à ce problème si longtemps ignoré vient d’une reprise en main vigoureuse de la politique d’immigration, de naturalisation, du contrôle des frontières, des pressions exercées sur les pays pour qu’ils reprennent leurs ressortissants expulsés. Et la première mesure de contrôle, c’est de limiter, voir d’arrêter l’octroi des visas.

    3) « préserver une influence française en Afrique de l’Ouest, « indispensable au maintien d’une stature de puissance dans le contexte de compétition systémique », améliorer l’image de la France en Afrique francophone. »

    Pas la peine de se fatiguer. Je pense que la Terre entière se fout complètement de nos quatorze voix à l’ONU. Et je pense que les Africains sont trop heureux de se vendre aux Turcs, Russes et Chinois pour nous la faire à l’envers. Il y a un moment donné, faut arrêter de faire du massage cardiaque quand le corps est mort.

    4) « L’histoire commune de la France avec ses anciennes colonies, qui se prolonge par les relations politiques, économiques, culturelles et de diaspora, lui donne en effet à la fois une responsabilité historique à assumer et un rang à tenir. ».

    Je rejette totalement cette approche, une redite du fardeau de l’homme blanc. Il n’y a pas de responsabilités historiques à assumer. Nous sommes des pays souverains, et nous avons des relations. Elles sont bonnes si les deux parties y mettent du leur, sinon elles s’estompent.

    Ce rapport veut lancer une transformation, mais il n’y a vraiment à mes yeux aucune ambition de changer les méthodes et les habitudes. C’est un ravalement de façade. Je propose des mesures beaucoup plus « révolutionnaires » :

    – fin de Barkhane, de Takuba, retrait des missions onusiennes (MINUSMA, MINUSCA, RDC, Sahara Occidental) ou européennes (Mali, RCA, Atalante). Éventuellement, on essaye de protéger le Niger (si le pays est toujours demandeur) et les pays côtiers s’ils réclament de l’aide (RCI, Ghana, Togo, Bénin, Nigéria), ce qui implique le maintien de l’opération Corymbe. Mais si ces pays préfèrent les Russes ou veulent se débrouiller seul, on accepte et on retire nos troupes.

    – on quitte le Sénégal et le Gabon, on supprime les accords de coopération. On ne gardera en Afrique que la base de Djibouti. On garde aussi la RCI sauf si les Ivoiriens nous disent de nous casser, ce qui pourrait arriver un jour prochain.

    – on laisse aux Africains le soin de gérer complètement les deux Francs CFA, ainsi que le Franc comorien. On ne garantie plus la convertibilité. Si un pays (au hasard par exemple, le Tchad) veut garder cette assurance française, il se donne une monnaie nationale et on lui donne l’assurance de la convertibilité mais ça implique une alliance d’intérêts et de points de vue. Personne ne rase gratis.

    – on leur redonne toutes leurs œuvres d’art ramenées durant la période coloniale et charge à eux de les conserver et de les valoriser (je ne pense pas qu’il y ait autant de touristes au musée de Ouagadougou qu’au Louvres, mais c’est leur art, leur choix).

    – et surtout, on s’occupe de nous, ce qui veut dire : on cesse d’octroyer autant de visas pour l’Afrique, on coupe de pompes aspirantes de l’immigration (fin du regroupement familial, fin de l’AME, fin du droit du sol, réduction drastique des naturalisations, applications des décisions d’expulsions donc ça implique une mise sous pression des pays de départ) et on contrôle nos frontières, car clairement Schengen ne le fait pas, et clairement, l’UE ne veut pas que Frontex le fasse (cf. le départ de son directeur français, qui avait le tort de faire la mission pour laquelle on lui votait un budget).

    – Réduction drastique de l’Aide au développement, ou bien on la détourne vers la France d’outre-mer qui a grandement besoin d’aide. Interdiction pour les collectivités publiques locales d’envoyer de l’argent hors du territoire national. Et quand un pays nous emmerde trop (par exemple l’Algérie qui refuse de récupérer le moindre ressortissant algérien expulsé de France), on applique l’idée d’Arnaud Montebourg de bloquer les transferts financiers de la diaspora. Ce n’est que comme ça qu’on mettra en place les bases d’un respect mutuel, car on cessera d’être la vache à lait qui accepte tout et qui en prend plein la gueule. Je rappelle qu’on n’exploite pas d’or au Mali donc l’essentiel des accusations anti-françaises en Afrique de l’Ouest relève du fantasme. Faut arrêter d’être gentil, de toutes façons, ça ne sert à rien et ça nous a mené là où nous sommes, c’est-à-dire dans une situation assez merdique.

    Je vous assure qu’il n’y a rien de radical dans ces propositions. Juste un vrai changement. Et les Africains sont libres de commettre leurs propres erreurs et à les assumer. Bien sûr que les Russes, les Chinois et les Turcs la leur feront à l’envers mais c’est le choix des Africains et nous devons pas nous sentir coupables de ça. Il y a mille fois trop de sentiment de culpabilité dans les élites françaises, il faut s’en débarrasser afin de pouvoir prendre les bonnes décisions une fois pour toute. On aide que ceux qui veulent notre aide. On n’aide pas les gens qui vous crachent dessus. Le Mali doit vivre avec sa décision, peu importe ce qui va leur tomber dessus quand le nord du pays va se révolter contre les multiples exactions du groupe Wagner. C’est leur décision. Et nous devons nous préparer à ne pas en subir les externalités négatives, ce qui implique un contrôle très strict des flux migratoires. C’est comme ça qu’il faudrait gérer les choses avec l’Afrique. Leur laisser le choix, aider lorsqu’il y a un bénéfice mutuel et assumé des deux côtés, se protéger des externalités négatives de leurs erreurs. Pas d’aléa moral. La France n’est pas là pour sauver les Africains de leurs mauvais choix, et les Africains eux-mêmes ne veulent plus de cette « sollicitude » des élites françaises. Qu’on les entende sur ce point.

    • Richard dit :

      Bonjour,
      Je vous conseille de contacter l’IFRI pour leur faire part de vos remarques que je trouve pertinentes. Et vous aurez trés certainement une réponse.
      Cordialement

      • Lucien dit :

        Merci à vous et à Joe également. Maintenant, Richard, je ne suis pas naïf. Que mes propositions soient pertinentes ou stupides, de toutes façons, elles n’intéresseront guère l’IFRI. Leur rapport est écrit de manière à plaire au gouvernement en place, ce qui accroît leur influence auprès de celui-ci. Il ne faut pas être dupe. Si l’IFRI écrivait mes propositions dans leur rapport, le gouvernement le rejetterait sans même le lire et l’institut tomberait en défaveur. Il y a beaucoup de lobbying derrière, des cabinets divers et variés, des groupes d’influence ou d’intérêts. Ce n’est pas la pertinence, ni l’intérêt général du pays qui ressortent de ce genre de rapports. Il y a beaucoup trop « d’interférences ».

    • joe dit :

      Très bonne analyse. J’approuve totalement. il faut se mettre en mode prestataire. Accord de coopération basés sur nos intérêts mutuels, l’un étant le retour des illégaux… et la lutte contre les passeurs. Apprenons leur aussi à cultiver de manière perenne leurs terres, à développer des industries. Le Maroc a su faire des progrès dans beaucoup de domaine, sans avoir de ressources pétrolières. Pour ceux qui comptent encore sur la manne pétrolière dans 50 ans, le retour de bâton va être rude.

      • Aramis dit :

        Cultiver et industrialiser dans une zone en pleine désertification c’est peine perdue. La manne pétrolière est en déclin et certains apys n’ont rien. Il faudrait qu’on tienne compte du fait que le seul avenir de ces populations si elles n’ont pas une politique stricte d’enfant unique et d’économie des ressources c’est la migration forcée par épuisement de leur habitat.

    • Öster Litz dit :

      Entièrement d’accord avec vous Lucien.

    • L'Alacrite dit :

      Analyse de bon sens ! Comme maintes fois répété ici, les échanges commerciaux avec l’Afrique sont insignifiants pour le commerce extérieure français, et limités à un nombre restreint d’acteurs/secteurs. Le doublement de nos échanges commerciaux avec le Portugal suffirait à « rattraper » une éventuelle disparition de nos débouchés en Afrique subsaharienne …

  7. Lotharingie dit :

    « ………….Des hommes armés ont enlevé un couple d’Italiens et leur fils dans le sud du Mali pendant la nuit, a indiqué leur église vendredi, alors que la violence s’étend dans un pays ravagé par une insurrection islamiste…………… »
    .
    https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Trois-Italiens-enleves-dans-le-sud-du-Mali–40494653/

    • Dolgan dit :

      Les italiens sont des bons clients qui payent rubis sur l ongle . Pourquoi se priver.

  8. anonyme dit :

    Bel euphémisme pour parler de l’effondrement du cadre de contrôle colonial. Il va falloir se replier pour essayer de garder le franc CFA. Mais la haine que la France a semé partout fait que ce combat est déjà perdu. Le coup de grâce sera donné par la Chine qui soutiendra l’introduction d’une nouvelle monnaie africaine.

    • joe dit :

      La France na pas semé de haine, ceux sont les usines à troll sur les réseaux sociaux qui font le job jour et nuit. On attend avec impatience le bilan des putchistes + Wagner au Mali dans 1 an. Je suis sur que vous reviendrez encore en disant que c’est la faute de la France 🙂

      • Dolgan dit :

        Enfin bon la France Afrique c’est pas tout blanc non plus. On a notre grosse part de responsabilité. On est allé jusqu’à taper des canadiens tout de même.

    • Czar (le vrai) dit :

      oh oui le Wakanda, la seule monnaie au vibranium avec laquelle ytout le monde est milliardaire, comme au zimbabwe

      j’ai hâte.

      • Félix GARCIA dit :

        Vous me promettez de penser à scénariser une BD type « Bill Baroud » ?
        😀

  9. reverjovial dit :

    L’ Allemagne n’ a aucune zone d’influence en Afrique du fait de son histoire et se rapproche de plus en plus d’une puissance politique, industrielle et militaire après avoir dépassé la France sur la santé économique. L’Afrique est plus un handicap qu’un avantage, d ailleurs la plupart des anciens pays colonisateur sont plus pauvre et on des difficultés économiques, politiques et sociales plus importantes que les pays sans colonies historiques en Europe. Abandon l’Afrique à son histoire et sa destinée en verrouillant nos frontières contre son immigration massive résultât de sa démographie galopante, seul remède à son incapacité à se remettre en cause et à trouver des boucs émissaires.

    • Aramis dit :

      « d ailleurs la plupart des anciens pays colonisateur sont plus pauvre et on des difficultés économiques, politiques et sociales plus importantes que les pays sans colonies historiques en Europe. » L’ Allemagne, la France et l’ngleterre sont d’anciens pays colonisateurs et sont les plus riche d’europe.

      « Abandon l’Afrique à son histoire et sa destinée en verrouillant nos frontières contre son immigration massive » Verouiller els frontières et un impératif. Mais lutter contre la source est aussi vital.

  10. Bikoro dit :

    Rapport et analyse complètement à côté de la plaque. Car, exceptés Bazoum (pour des motifs essentiellement sécuritaires) et Ouattara (pour des motifs essentiellement économiques), tous les autres sont entrain de faire la « nique jusqu’à l’os » à la « Plus Grande France ». Je parle là des dirigeants. Quant aux peuples, c’est autre chose : la « Plus Grande France » a perdu la bataille des idées et des cœurs. Il lui est demandé de plier bagage : tout simplement. Pas de se repositionner… D’ailleurs de plus en plus de « manifestations » demandant son départ apparaissent… Les dirigeants préfèrent eux avancer à pas feutrés. J’ai fait un rêve : que le million d’Africains en France rentrent en Afrique (les naturalisés étant déchus de leur nationalité française) et que les 150 000 Français d’Afrique rentrent en France (les naturalisés maliens, congolais, guinéens…étant déchus de leurs nationalités « africaines »). J’espère qu’il se réalisera, mon rêve. La France s’en portera mieux. N’est-ce pas « Z »?

    • joe dit :

      Mon propos n’étant pas de stigmatiser une couleur de peau ou d’origine, il n’en reste pas moins que la France a absorber sans problème infranchissable, l’arrivée massive à différente époques d’Italiens, Espagnols et Portugais, alors que l’intégration d’autres nationalités non Européennes en flux continu, comprendre sans possibilité d’intégrer ceux déjà en place, est une problématique majeure. Accueillons plus d’Ukrainiens et moins de réfugiés économiques du sud. L’Europe ne peut pas absorber 100 millions de laisser pour compte de tous les pays qui vont subir les aléas du climat et des dictatures… A commencer par le Mali.

      • Dolgan dit :

        Oui oui l intégration des ritals et des polaks, c’était une partie de plaisir. On leur a déroulé le tapis rouge etc .

        Et on parle des harkis ? Des camps. Non ? Oui vaut mieux.

  11. Félix GARCIA dit :

    Pas un mot sur les israéliens (excepté sur le Cameroun ses mercenaires) qui travaillent étroitement avec les ricains et les émiratis dans ce rapport ?
    Pourtant c’est un enjeu majeur, surtout pour nous français.

    Bon …
    Alors oui, on évite l’hypocrisie et le deux-poids-deux-mesures.

    On reprend ASN (Alcatel Submarine Networks), on réinvestit ce domaine, et on repose du câble, on assure le HUB Afrique-Europe-Amériques.

    On soutient le transporteur maritime qui se posera en concurrence avec les autres (« Un transporteur pour les gouverner tous, et dans le commerce les lier » ^^) , notamment pour les concessions portuaires.

    On trouve une stratégie pour désenclaver les pays du Sahel et les pays africains partenaires en créant des hinterlands.

    Pour être présents partout : agroforesterie tous azimuts, auquaculture multitrophique intégrée (faisable même dans les eaux intérieurs [méthode Sepp HOLZER au Krameterhof]), véritable secteur extractif « responsable », dirigeables « Flying Whales », rachat de l’entreprise « TURBULENT » (turbines) pour électrifier l’intérieur de l’Afrique le long des cours d’eau, déploiement de « HaceWave » pour électrifier les côtes, concentrateurs solaires à vapeur en cycle fermé (avec le soleil et le concentrateur, transformer l’eau en vapeur et faire fonctionner un turbine/un moteur Stirling/…, et stocker l’énergie en surplus sous forme d’air comprimé), développement des moteurs à air comprimé, aide au développement de l’artisanat (outillage, postes de soudure à hydrogène, moteurs Stirling …) …

    Partenariats scientifiques : dans la veine de ce que font « Chloroquine Dundee » [Didier RAOULT]) et ses équipes au niveau médical, avec l’IFREMER, l’INRA etc …

    Construction au Sénégal et dans un autre pays partenaire d’Afrique, de deux chantiers navals pour mettre à l’eau des navires hybrides à voiles Solid Sail (pêche [casiers, filets, lignes, petits chaluts], transport …).

    Projet ferroviaire de la côté Atlantique de la RDC à la côté Pacifique de la Tanzanie, avec un superbe pont au dessus du lac Tanganyika.
    Cette ligne ferroviaire doit avoir des bases logistiques capables de recevoir les chargements de transport « point-à-point » des dirigeables LCA60T (200m de long, 50m de diamètre), mais aussi les dirigeables eux-mêmes, et du fluvial.

    Réinvestir la francophonie :
    – (France24 + RFI + TV5 Monde + France Télévision) +++++++++, avoir une chaine télévision, et une autre radio, dédiées à la culture qui invite en permanence des auteurs et artistes, des penseurs, intellectuels, universitaires, scientifiques et chercheurs … qui passe de la musique dans le thème etc …
    – Développer des jeux vidéos qui envoient le pâté ! Notamment en faisant toute une série de jeux historiques (FPS [First Person Shooter] de préférence pour l’immersion), favoriser les « petits jeux » dits « indé » (indépendants) qui tournent aussi sur des ordinateurs peu puissants (comme en Afrique, mais aussi en Asie, en Europe de l’Est et en Amérique Latine et Centrale)
    – Avoir un véritable « Pariswood » capable de raconter quelque chose au monde, notamment aux africains, mais aussi au monde arabe (en gros : pas miser sur Omar SY mais sur des acteurs et réalisateurs de TALENT pour de VRAIS films). Avoir une maison de production consacrée aux films et séries historiques. Quand on voit comment les séries marchent partout (télénovelas en Amérique Latine, séries africaines etc …), on peut faire quelque chose.
    – Au niveau musical : sortir de l’ornière du reaggatone, du rap etc …
    – Créer un « festival dual », se déroulant quasi simultanément en France et dans un pays africain hôte tous les ans : des artistes africains se produisant sur scène en France quand des artistes français se produisent sur scène en Afrique, avec intervention d’artistes locaux dans les deux cas, et avec l’émission télé qui va avec, bien évidemment.

    Au niveau militaire :
    – Investir dans le renseignement
    – Gros travail diplomatique
    – Poursuivre la ré-articulation de Barkhane
    – Disposer d’une « force Guépard Africaine » (avec « Super Tucano » européen ou français et équivalents des « Celera 1000L », dont une version dronisée [« nounou », ISR, avec armement en soute])
    – Continuer les formations locales, comme ce qui se fait actuellement, sans faire « d’Africom français »
    – Disposer d’un « couple » BNE/Gowind 2500 sur la façade Atlantique, un autre sur la façade Indienne basé à la Réunion. Avoir un patrouilleur pour accompagner chacun de ces « couples ».
    – On ne peut plus « se permettre » d’avoir une Libye dans cet état … on doit TOUT faire pour que ça aille mieux et « nous ouvrir une voie » jusqu’au Tchad et au Niger (et demain, peut-être à nouveau la Centrafrique jusqu’en RDC, pour rejoindre la future ligne de chemin de fer, avec des dirigeables partout).

    Quelques idées en vrac …

    • joe dit :

      Beaucoup de bonnes idées… mais le souci est le pognon et la volonté. Contrairement aux US la France n’avons pas de planches à billet et tout cela n’est réalisable qu’avec la contribution active de l’UE… Et l’UE a ces propres défis tout en ayant un regard plus que distrait vers l’Afrique. La guerre en Ukraine, sa reconstruction, le programme de transition énergétique qui attend l’UE, la remise à niveau des budgets des forces armées dans plusieurs pays , la gestion de l’immigration qui va s’accentuer, tout cela ne laisse augurer que peu de marge de manoeuvre pour un grand élan ‘patriotique’ envers nos frères Africains…

      • Félix GARCIA dit :

        En effet, « à institutions constantes », ce sera difficile, pour les raisons que vous mentionnez.
        C’est parce-que je perçois cette voie comme une impasse pour la France que je fais ces propositions.

      • Aramis dit :

        « Contrairement aux US la France n’avons pas de planches à billet » Si elle s’appelle la BCE.

    • fabrice dit :

      A priori Bazoum devait, après les élections qu’il a gagné, renouer des relations diplomatiques avec Israël. Mais visiblement, comme au Mozambique, des « bonnes âmes » européennes ont fait pression pour qu’il n’aille pas de l’avant.
      D’un autre côté Israël a des problèmes sécuritaires plus urgent que de s’occuper des Islamistes au Sahel, si la France et d’autres puissances préfèrent compter sur l’appui de la puissante armée estonienne pour vaincre les Islamistes…Israël ne va pas forcer…Pourquoi aider des gens qui ne veulent pas l’être ?
      On notera la contradiction de faire appel à toutes les bonnes volontés, à supplier, menacer parfois tous nos partenaires, même les minuscules pour nous épauler au Sahel tout en refusant l’aide d’Israël…
      Le problème de la France et du Gouvernement des deux alternés israéliens est qu’on ne peut pas combattre d’un côté les Islamistes et de l’autre faire ami ami avec eux. Le Qatar finance, tout le Monde le sait. Les frères musulmans sont à la manoeuvre, tout le Monde le sait. Un moment, il faut prendre Doha et mettre un coup de boule.

    • Félix GARCIA dit :

      « Lutter contre l’hypocrisie »

      Keane Bhatt@KeaneBhatt
      A major revelation buried deep within this excellent historical overview: France’s then-ambassador admits on the record that the U.S. and France orchestrated a coup against Haiti’s elected president in 2004
      https://twitter.com/KeaneBhatt/status/1528048860857253895

  12. Reality Checks dit :

    J’ai découvert ce rapport il y a quelques jours, et j’en ai lu quelques larges extraits.
    Ce qui est frappant dans la production dont j’ai pris connaissance, c’est que les auteurs s’interrogent sur la posture de la France, l’analysent, font des recommandations, mais sans trop s’attarder sur comment cela s’articule avec ce que font ou pourraient faire les principaux concernés de leur côté, c’est à dire les pays du Sahel eux mêmes.
    En les lisant, je me disais que finalement, la grande différence avec l’époque révolue des relations entre la France et l’Afrique Occidentale, c’est la rupture consommée des relations humaines, de terrain. On a l’impression diffuse qu’il y a toujours des gens qui sont présents de part et d’autre ou qui font des allers retours, mais en vase clos. Visiblement de moins en moins d’échanges et d’expériences approfondies avec la fabrique humaine, sociale, culturelle, politique, etc de l’autre partie. Comme une rupture structurelle et générationnelle.
    Résultat des courses, un exercice théorique sophistiqué, ni plus, ni moins.
    Mais c’était peut être l’objectif recherché… 🙂

  13. Simplet dit :

    Ce qui m’étonnes le plus dans ce rapport, c’est qu’il y ait des gens qui ont dut payer pour l’avoir ! Sans déc, il l’avaient gratos ici le rapport qui dit qu’on fait de la merde depuis 60 ans en Afrique. Si ils ont trop de pognon, je veux bien leur laisser mon RIB… En échange je leur fait un rapport pour expliquer qu’on fait aussi de la merde au moyen-orient (entre autre).

  14. Carin dit :

    Donc l’IFRI préconise ce que nous étions quelques uns à sentir… la France ne va plus s’impliquer en lieu et place de ces armées de pays amis, et va se cantonner à faire du CAS et de la formation… mais la France ne serait pas la France si elle ne faisait pas en sorte de se démarquer des autres nations européennes qui vont fournir des formateurs, et démontrer l’amitié envers les armées de ces nations dites francophones en faisant en sorte que nos gars chargés des formations montent également au feu, pour « guider » et
    « rassurer » les milis intervenants. C’est beaucoup mieux que de carrément suppléer ces armées, ce qui ont l’a vu au Mali, engagé les gouvernants à se reposer sur nos gars, sans faire avancer leurs armées.

  15. Voltaire dit :

    Tout cela est voué à l’échec qui ne sera reconnu qu’après des décennies de vies, d’argent et d’influence perdus. La France doit comprendre que l’Afrique ne veut pas d’elle et qu’elle est un gâchis insoluble. La nostalgie du colonialisme est dure à tuer mais elle doit être abandonnée immédiatement car nous savons tous comment ces aventures en Afrique se termineront pour la France.

  16. baron dit :

    La vie africaine de nos armées doit être repensée en fonction des attentes des pays où elles sont basées, car c’est bien de cela dont il s’agit: nos forces actuellement déployées l’ont toutes été soit pour aider certains régimes à s’installer soit pour les pérenniser. Dès lors que ces missions de bons offices sont achevées, avec une stabilité retrouvée, il faut penser au retour en laissant sur place quelques structures d’accueil au cas où, car la demande éventuelle d’appui de forces extérieures reste fortement installée dans l’esprit des gouvernants africains et autant que ce soit nous. Revenons donc assez modestement à nos implantations traditionnelles dans les grands ports et oublions le reste dans le partage d’intérêts bien compris.

  17. Aramis dit :

    Traduisez nous n avons plus de volonté et de courage et plus de cervelle pour avoir une strategie. Comme ça donne des résultats désastreux on en tire prétexte pour abandonner tout poids en Afrique. Non seulement c est méprisable mais c est en plus idiot.

  18. albatros24 dit :

    Excellent résumé de la problématique de l’Afrique pour la France…
    Bref, on reste ou on part d’Afrique ?
    Et si on reste c’est pour faire quoi (pour quel but) – avec quels moyens et durant combien de temps ?
    Dans tous les cas (on reste ou on part et on se spécialise en Europe et dans nos DOMCOM) : obligation d’avoir une Armée avec de considérables moyens aériens maritimes et terrestres, ce que nous n’avons plus.
    Je note que c’est encore le magnifique Sarko qui a mis fin aux interventions protectrices des Gouvernements en place, décidément cet homme aura beaucoup fait à long et moyen termes pour nous nuire…

  19. Sylvain dit :

    Invoquer le manque de moyens pour justifier une remise à plat (vers le bas) du dispositif militaire et diplomatique en Afrique,est une erreur, voire une imposture. Comme tout état, la France partage son budget entre ses fonctions régaliennes et ses fonctions sociales. Or, le problème est que depuis près de 40 ans, la part du social n à cessé d augmenter au détriment du régalien pour atteindre un ratio 60/40 en 2021 ce qui est délirant. Or, c est un sujet de choix politique. Un exemple ; on ne trouve pas les crédits pour stabiliser l Afrique de l’ouest, mais on sait verser le RSA, l AME, etc à leurs ressortissants, en règle comme clandestins. Donc, c est uniquement un sujet de choix politique

  20. vieille suspente dit :

    Petites remarques: difficile de croire que le politique va laisser des coudées franches à un général pour s’occuper seul de la coopération et de la mise en application de la vision stratégique de la France en Afrique. Il y a de plus tellement de pognon qui a circulé dans des poches des émissaires de la françafrique qu’on est pas prêts de couper la tête de la poule aux œufs d’or.
    Ensuite on parle de forces de présence et de la fin d’OPEX. Donc plein de colos en séjour famille, des tournants mal payés pour faire le taf à leur place (faut pas déconner là aussi on ne tordra pas le coup à la poule aux œufs d’or), et pour le reste des armées c’est sentinelle, et les camps de champagne pour faire de l’entraînement haute intensité (si il reste bien sûr du pognon pour cela sinon ce sera simulateur pour tous). Du coup le soldat payé au smic va falloir le recruter et le fidéliser… déjà qu’on n’y arrive pas ! Ou revoir les salaires à la hausse et là c’est pas gagné ! Bref un retour aux années 80-90 les colos, la FAR et les baises sauf qu’il n’y a plus d’appelés.
    Il n’y a pas à dire, les copains de l’IFRI, bien au fait de la réalité de nos armées ont pensé à tout.

    • vieille suspente dit :

      Un autre petit point concernant le Sahel : c’est vrai qu’il n’est pas tellement glorieux de se trouver bloqué par quelques centaines de barbus en mobylette lorsqu’on déploie plusieurs milliers d’hommes. Honnêtement hors takuba, sabre, gcp, gcm, hélicoptères avions et drones le reste a servi à quoi ? Je vois mal un vbci coursant les mobylettes chinoises et à part monter la garde et faire 2 patrouilles pourries cela n’a servi qu’à user le matériel. Le seul bilan qui est mesurable c’est celui de l’attrition. Aux FS les chefs, au cdo la troupaille et lorsqu’on en dessoude assez il y a moins de motivation chez les autres pour prendre leur place. En plus, il aurait fallu d’emblée prendre à bras le corps le problème de gouvernance, de développement en dehors des capitales, de déploiement de l’état (quand il existe) et de détournement de l’argent public… mais c’est du ressort du politique et il faut faire preuve de courage en la matière… ce dont nos dirigeants ont oublié le sens. Du coup on a envoyé un tas de soldats en se disant MST (mon successeur traitera). Un autre travers est le concept fou de la guerre zéro morts. Pour moi zéro morts c’est zéro guerre. Combien de fois y a t il eu des opérations gelées parce qu’il y avait des échéances électorales et qu’il aurait été de mauvais ton qu’il y ait des morts ? Le résultat est un fiasco énorme dont nos hommes politiques portent la responsabilité.

      • Aramis dit :

        « Un autre petit point concernant le Sahel : c’est vrai qu’il n’est pas tellement glorieux de se trouver bloqué par quelques centaines de barbus en mobylette lorsqu’on déploie plusieurs milliers d’hommes. » C’est quelques milliers de barbus qui font de la guerilla. Pour vaincre ça il faut une suppériorité numérique écrasante qu’on a pas.

        « Honnêtement hors takuba, sabre, gcp, gcm, hélicoptères avions et drones le reste a servi à quoi ? » A lutter contre les islamistes qui face aux seul Takuba et Sabre aurait eu beaucoup plus le champ libre.

        « En plus, il aurait fallu d’emblée prendre à bras le corps le problème de gouvernance, de développement en dehors des capitales, de déploiement de l’état » Il aurait fallu déployer des effectifs considérables, pour une tâche impossible économiquement vu la surpopulation qui engendre une désertification galopante.

        « Un autre travers est le concept fou de la guerre zéro morts. » Bien d’accord.

      • Belzébuth dit :

        @ vieilles suspentes
        Il reste à voir si l’Académie sera une plus-value meilleure que Takuba…
        https://lemamouth.blogspot.com/2021/03/takuba-et-ailct-deux-concepts-venus-de.html

    • vieille suspente dit :

      Mais tout n’est pas mauvais dans nos OPEX. Rappelez vous la bonne époque du corps blindé mécanisé face à l’Est. On était beaux et efficaces avec nos rangers impeccablement cirées, nos treillis cousus pour que les plis soient visibles, nos brelages pourris qui s’entortillaient, nos casquettes en peau de locomotive avec une salade mal ajustée, et pour les plus pechus le port du kway fourré pourvu que nos chefs ne le voient pas. Les bons vieux tirs au famas tous les 2 mois de 15 cartouches et les manœuvres de 3 semaines réduites parce qu’il n’y avait plus assez de gasoil. L’Adt a bien changée depuis, souvent sous l’impulsion des OPEX. Aujourd’hui on nous parle de haute intensité mais soyons honnêtes, même si l’afgha c’était de la contre insurrection, le fait de ferrailler un peu a fait évoluer nos hommes (tout comme le début de serval bon c’est ensuite que c’est devenu pourri, comme la RCI d’ailleurs). Certes on est pas dans l’opposition à une armée régulière qui a des moyens, mais entre mailly et mourmelon, qui auront fait plus de cocus que de morts, et nos OPEX, qui a fait le plus mûrir nos armées ?

  21. Alex dit :

    Au royaume du bakchich, règle numéro une : payer, arroser, engraisser, corrompre, carresser dans le sens du poil, complimenter et faire des éloges publiques… sinon t’es viré ! Les chinois et Poutine l’ont très bien mis en pratique sur le continent Afric. Il serait temps de s’attaquer légalement à toutes ces fortunes illicites dont les sommes devaient être attribuées au peuple africain et non pas à tous ces faux-semblants ridiculement pompeux venant se pavaner en Europe au volant de grosses berlines. On est loin de la négritude attitude de Léopold Sédar Senghor.

  22. Belzébuth dit :

    Une attaque a été repoussée au Burkina Faso par l’armée au prix de 5 soldats tués.
    L’ancienne Haute Volta voit son territoire traversé en toute impunité par les GAT que ce soit à destination de la Côte d’Ivoire, comme du Niger:
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220521-burkina-faso-les-forces-arm%C3%A9es-repoussent-une-attaque-de-la-base-de-bourzanga

  23. lgbtqi+ dit :

    Il a fallu une étude pour en arriver à cette conclusion ?

    Ça va alors, les caisses ne sont pas tout à fait vides…

  24. Félix GARCIA dit :

    Le président du Burkina rend hommage à l’armée sur le lieu d’une attaque jihadiste
    « Le président de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, s’est rendu dimanche sur le lieu d’une attaque de jihadistes présumés contre des militaires dans le nord du pays, au cours de laquelle cinq d’entre eux ont été tués.
    Samedi, le détachement militaire de Bourzanga, localité de la province du Bam située dans la région du Centre-Nord, « a vigoureusement riposté à une attaque de sa base » par des « terroristes venus en très grand nombre et lourdement équipés », selon l’armée.
    Cinq militaires ont été tués et 10 autres blessés au cours des combats, selon l’état-major, qui a fait également état de 35 « terroristes abattus ».
    L’armée burkinabè a reçu le soutien aérien de la force française Barkhane, selon les armées française et burkinabè. »
    http://fr.africanews.com/2022/05/23/le-president-du-burkina-rend-hommage-a-l-armee-sur-le-lieu-d-une-attaque-jihadiste/