Le quartier général de l’US AFRICOM pourrait quitter l’Allemagne et trouver un point de chute… en Afrique

Depuis qu’il a été créé, en 2007, le commandement militaire américain pour l’Afrique [US AFRICOM] a installé son quartier général à Stuttgart, en Allemagne. Une mesure présentée, à l’époque, comme étant « provisoire ». Mais comme souvent dans les affaires militaires, le « provisoire » a tendance durer…

En janvier 2010, le général William Ward, alors chef de l’US AFRICOM, avait estimé que, finalement, il n’était pas urgent d’installer son quartier général en Afrique.

« On me demande souvent si mon quartier général va déménager de l’Allemagne vers l’Afrique. Et la réponse est qu’on n’a pas l’intention de le faire. Et à l’avenir, autant que je puisse le dire, nous allons rester où nous sommes, à Stuttgart. Pour l’instant, ça fonctionne. Les personnes qui participent à nos programmes et à nos exercices vont continuer à se rendre régulièrement sur le continent africain, comme je le fais. Mais coupons court à toute rumeur, nous n’allons que là où nous sommes invités. Nous ne nous imposons nulle part », avait-il expliqué.

En mars dernier, membre du Comité sénatorial des forces armées, le sénateur Dan Sullivan, élu de l’Alaska, a remis le sujet sur le tapis en estimant que la question de l’installation du quartier général de l’US AFRICOM devait être « réexaminée ». Et il n’est pas le seul : John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale auprès du président Trump, est aussi de cet avis.

« Depuis la création d’AFRICOM, le Pentagone a clairement indiqué qu’il devrait appartenir au théâtre dont il est responsable », a déclaré M. Bolton, à l’issue d’un discours sur la politique africaine des États-Unis prononcé devant l’Heritage Foundation. Et « je pense que le Pentagone a eu raison à ce sujet », a-t-il ajouté.

Or, ce n’est pas totalement exact. L’actuel chef de l’US AFRICOM, le général Thomas Waldhauser est réticent à un éventuel transfert en Afrique. Il s’en était expliqué devant les sénateurs américains, en affirmant que déplacer le quartier général de ce commandement, avec ses 1.500 employés, allait être coûteux sans pour autant en valoir la peine. Et le choix d’un pays en particulier pour cela « pourrait soulever des questions sur ce que cela signifierait pour les autres partenaires de la région », avait-il souligné.

Par ailleurs, M. Bolton s’est inquiété de l’influence grandissante de la Chine en Afrique, et notamment à Djibouti, où les forces américaines disposent d’une importante base [le Camp Lemonnier, ndlr].

Ainsi, le conseiller de M. Trump a rappelé que Pékin y avait installé sa première base militaire à l’étranger et que le port de Doraleh allait passer sous contrôle chinois, ce qui pourrait compliquer l’approvisionnement du Camp Lemonnier.

En outre, a également indiqué M. Bolton, la stratégie américaine pour l’Afrique va évoluer. Désormais, les États-Unis auront trois priorités : le renforcement des liens commerciaux, la lutte contre l’islam radical et l’efficacité de l’aide américaine. Sur ce dernier point, Washington a l’intention de retirer tout soutien aux opérations de maintien de la paix menées par l’ONU jugées inefficaces.

« Les États-Unis ne fourniront plus d’assistance aveugle sur l’ensemble du continent, sans concentration ni priorité », a avancé M. Bolton, ancien ambassadeur des Nations Unies. « Et nous ne soutiendrons plus les missions de maintien de la paix des Nations Unies improductives, infructueuses et irresponsables », a-t-il ajouté.

Et de citer le cas de la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), qui existe depuis 27 ans. « Trop souvent, établir une force de maintien de la paix et la déployer est la fin de la pensée créatrice [aux Nations Unies] », a dénoncé M. Bolton.

Le responsable américain a également cité le cas du Soudan du Sud. « Nous ne fournirons plus de prêts ou de ressources américaines supplémentaires à un gouvernement sud-soudanais dirigé par les mêmes dirigeants en faillite morale qui perpétuent cette horrible violence », a-t-il annoncé.

« À partir de maintenant, les Etats-Unis ne toléreront plus cette longue tradition d’aide sans résultats, d’assistance sans responsabilité, et de soutien sans réforme », a insisté M. Bolton. « L’Amérique est une nation généreuse, mais nous insistons pour que l’on fasse bon usage de notre argent », a-t-il fait valoir.

Sur ce point, il est vrai que certaines initiatives américaines n’ont pas connu le succès espéré… comme le Pan Sahel [2002] et le « partenariat trans-Sahara pour l’anti-terrorisme » [TSCP, en 2005]. Ces programmes, qui devaient permettre d’améliorer les capacités des armées locales, n’ont en effet pas permis de contrer l’implantation de groupes jihadistes au Sahel…

Enfin, pour rappel, le Pentagone a l’intention de réduire ses effectifs militaires déployés en Afrique de 10% au cours des prochaines années.

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