Mme Parly va réaffirmer le soutien de la France à la Centrafrique, via la livraison de 1.400 fusils d’assaut

Malgré la présence de la Mission des Nations unies [MINUSCA] ou encore de l’implication grandissante de la Russie, la Centrafrique est toujours aux prises avec une violence récurrente, liées aux différents groupes armés qui refusent de déposer les armes.

Ainsi, mi-novembre, de nouveaux combats, à Alindao, entre des miliciens antibalaka et les combattants de l’Union pour la paix en Centrafrique [UPC] ont fait moins 48 tués selon un rapport interne de l’ONU. Plus récemment, à Bangui, Mahamat Tahir, alias « Apo », un chef de milice du PK5, un quartier à majorité musulmane, a été tué par un commerçant, lors d’un nouveau regain de violence.

Par ailleurs, depuis moins d’un an, la Russie, intéressée par les ressources minières et souhaitant élargir sa sphère d’influence en Afrique, a réussi le tour de force de s’imposer très rapidement dans le pays, avec l’envoi d’armes et d’instructeurs militaires « civils » (ils seraient entre 175 et 300). Ce rapprochement s’est traduit par la signature d’un accord de défense ainsi que par le lancement d’une initiative parallèle à celle de l’Union africaine pour aboutir à un accord de paix avec les groupes armés. Le tout accompagné par une campagne anti-française dans les journaux locaux…

En novembre, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait dénoncé les manoeuvres russes. « La Centrafrique n’est pas un terrain de jeu. Ce n’est pas un terrain de compétition. Le seul sujet qui doit préoccuper ceux qui veulent s’occuper de Centrafrique, c’est […] la sécurité de ce pays et son développement, et non pas utiliser potentiellement les difficultés de ce peuple et de ce pays pour s’implanter dans un continent où il y aurait des ambitions voilées », avait-il lancé.

Reste que, en raison de son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie a bloqué un projet de résolution français visant à prolonger le mandat de la MINUSCA pour un an de plus (une solution « technique » a été trouvée) tout en précisant que l’initiative de l’Union africaine [UA] devait être le « seul cadre » possible pour trouver un accord de paix en Centrafrique.

C’est donc dans ce contexte que la ministre des Armées, Florence Parly, doit se rendre à Bangui pendant 48 heures. Dans un message publié via Facebook, elle a rappelé « la reconnaissance de la France » à l’égard des « tirailleurs venus de Centrafrique » ayant pris part, il y a 100 ans, « à la victoire en Champagne » ainsi que la mémoire du lieutenant Koudoukou, « héros des deux guerres qui détruisirent l’Europe et embrasèrent le monde, soldat venu de Centrafrique et qui risqua sa vie tant de fois pour la France » [au point d’avoir été l’un des Compagnons de la Libération].

Après rappelé l’intervention française lancée en décembre 2013 pour éviter un bain de sang à Bangui [opération Sangaris, ndlr], Mme Parly estime que « l’heure est maintenant la paix, à la réconciliation et à la reconstruction » ainsi qu’aun « multilatéralisme et au développement ». Et d’assurer que la « France est donc plus que jamais aux côtés de la Centrafrique ».

« La paix est la seule chose qui compte et l’action coordonnée d’une communauté internationale unie est donc nécessaire. La France sera l’avocate infatigable des initiatives de l’Union africaine et des Nations unies. Elles montrent la voie vers une sécurité durable et vers le développement. Toutes les bonnes volontés doivent s’unir et s’inscrire dans le cadre de ces initiatives pour une action forte et cohérente, pour une action efficace, sans arrière-pensées », a fait valoir la ministre française.

Et d’insister : « Je suis venue ici pour redire le soutien de la France à la Centrafrique. Je suis venue réaffirmer la nécessité d’une action coordonnée avec la communauté internationale, car quand on parle de paix et de vies à protéger, il n’y a pas de rivalités ou d’intérêts particuliers qui tiennent. »

En outre, Mme Parly a aussi souligné que « la France est le premier partenaire pour l’aide au développement en Centrafrique avec 130 millions d’euros d’aides apportées chaque année ou avec des projets concrets comme la sécurisation de l’aéroport de Bangui ou la réhabilitation de la RN8 Ndélé-Biaro avec la Banque mondiale. »

À l’occasion de sa visite à Bangui, Mme Parly assistera à la livraison des 1.400 fusils d’assaut qui avaient été promis aux Forces armées centrafricaines [FACa] par M. Le Drian. Des équipements « amphibie » sera également cédés. Ils devraient être destinés aux 300 soldats centrafricains du « Bataillon amphibie », qui viennent de recevoir une formation délivrée par l’EUTM RCA, la mission de l’Union européenne.

« Si on nous donne les moyens dont nous avons besoin pour notre mission, nous irons sans difficulté », a commenté le commandant Flavien de la Croix Bongo Wakoro, le chef de ce « Bataillon amphibie », à la radio Ndeke Luka.

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