La France sanctionne le renseignement iranien pour un projet d’attentat contre des opposants à Villepinte

Le 30 juin, alors que le président iranien, Hassan Rohani, était attendu en Autriche afin d’obtenir des garanties de l’Union européenne au sujet de l’accord sur le nucléaire dont le président américain, Donald Trump, venait de dénoncer, une bien curieuse affaire éclata.

Ainsi, ce jour-là, Amir S. 38 ans et Nasimeh N., 33 ans, tous les deux de nationalité belge mais d’origine iranienne, furent arrêtés à Woluwe-Saint-Pierre, près de Bruxelles, dans le cadre d’une coopération entre des services de renseignement allemand, français et belge. À bord de leur véhicule, les policiers découvrirent 500 grammes de TATP, un puissant explosif, ainsi qu’un mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette.

Puis plusieurs perquisition furent ensuite effectuées dans la région d’Anvers, d’où venait le couple en question. Dans le même temps, quatre autres individus furent également arrêtés, dont trois en France et un en Allemagne.

Ainsi, à Villepinte [Seine-Saint-Denis], un certain Merhad A, 54 ans, fut interpellé alors que devait se tenir le rassemblement annuel de l’Organisation des Moudjahidines du peuple iranien [OMPI], qui s’oppose au régime iranien. À Senlis, deux autre personnes, dont l’identité ne fut pas communiquée, connurent le même sort.

Enfin, outre-Rhin, la police mit la main sur Assadollah A., 46 ans, un conseiller à l’ambassade d’Iran en Autriche, apparemment en lien avec le couple originaire d’Anvers puisqu’il lui aurait fourni le TATP.

A priori, cette cellule avait l’intention de viser le congrès de l’OMPI et les 25.000 personnes qui devaient y assister, dont de nombreuses personnalités politiques (dont Rudy Giulani, l’ancien maire de New York, Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy et Rama Yade). Visiblement, les services de renseignement avaient eu vent que quelque chose se tramait puisque, deux jours plus tôt, le parquet de Paris venait de confier à la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI] une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle. »

À Téhéran, Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, dénonça un « stratagème sinistre méné sous une fausse bannière », après avoir aussuré que son pays était prêt à « coopérer » pour faire la lumière sur cette affaire. Pour le gouvernement iranien, il ne pouvait s’agir que d’une « machination » pour torpiller la visite du président Rohani en Autriche.

On en était resté là jusqu’à ce 2 octobre. Est-ce en lien avec ce projet d’attentat à Villepinte? Toujours est-il que, à Grande Synthe [Nord], l’association musulmane chiite « Zahra France » a fait l’objet d’une opération de « prévention du terrorisme » en raison de son « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes » soutenues par l’Iran. Sur les 11 personnes interpellées, 3 placées ont été placées en garde à vue pour détention illégale d’arme.

Au même moment, dans un arrêté publié dans le Journal Officiel, le gouvernement français a annoncé le gel des avoirs de cette association. Mais cette dernière n’est pas la seule à être dans le collimateur de Paris puisqu’une décision similitaire a été prise à l’encontre de deux ressortissants iraniens, dont Assadollah Assadi [le « diplomate » en poste en Autriche et arrêté en Allemagne] et Saeid Hashemi Moghadam. La Direction de sécurité intérieure du Ministère du Renseignement iranien a été également visé par le même type de mesure.

« Une tentative d’attentat a été déjouée à Villepinte le 30 juin dernier. Cet acte d’une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse. Par arrêté du 2 octobre 2018 du ministre d’État, ministre de l’Intérieur et du ministre de l’Économie et des Finances et sans préjudice des résultats de l’action pénale entreprise contre les initiateurs, les auteurs et les complices de ce projet d’attentat, la France a pris des mesures préventives ciblées et proportionnées sous la forme de l’adoption des mesures nationales de gels des avoirs de M. Assadollah Asadi et de M. Saeid Hashemi Moghadam, ressortissants iraniens, ainsi que de la Direction de la Sécurité intérieure du Ministère du Renseignement iranien [VEVAK, ndlr] », ont en effet indiqué, via un communiqué commun, MM. Le Drian, Collomb et Le Maire.

« L’attentat déjoué à Villepinte confirme la nécessité d’une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran », a fait valoir le ministre français des Affaires étrangères.

Selon une source diplomatique française anonyme, citée par l’AFP, a ensuite clairement mis en cause la direction des opérations du ministère iranien du Renseignement en l’accusant d’avoir commandité le projet d’attentat contre le congrès de l’Organisation des Moudjahidines du peuple.

Cela étant, cette dernière a parfois eu des relations compliquées avec les autorités françaises. En 2003, et alors que les États-Unis venaient renverser Saddam Hussein en Irak, 165 de ses militants avaient été interpellées par la Direction de la surveillance du territoire [DST, l’ancêtre de la DGSI] au motif que son siège d’Auvers-sur-Oise était devenu le « quartier général mondial d’une organisation terroriste. »

À l’époque, le patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, avait affirmé que les Moudjahidines du peuple représentaient « un danger pour notre pays et nos concitoyens ». Et d’ajouter : « Il était tout à fait temps d’intervenir » car ils « envisageaient de commettre des attentats contre les intérêts iraniens en dehors de l’Iran. » Finalement, les perquisitions ne donnèrent rien (si ce n’est la découverte d’un gilet pare-balles et d’une arme déclarée). Et, en 2009, l’organisation fut rayée de la liste des entités terroristes de l’Union européenne.

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