Les militaires américains resteront en Syrie « aussi longtemps que nécessaire »

On n’a jamais vraiment su, avec certitude, le nombre de combattants que comptait l’État islamique (EI ou Daesh) après l’instauration de son « califat », les estimations allant du simple au double, voire au triple. Qu’en est-il maintenant que l’organisation jihadiste a perdu tous les centres urbains qu’elle contrôlait depuis 2014?

Là encore, il est difficile d’être affirmatif… Mais d’après le colonel Ryan Dillon, le porte-parole de la coalition anti-jihadiste dirigée par les États-Unis, l’État islamique ne disposerait pas plus de 3.000 combattants après la série de revers militaires qui lui ont été infligés au cours de ces derniers mois.

« Les combattants de Daesh sont moins de 3000. Ils sont encore une menace, mais nous continuerons à soutenir nos partenaires pour les défaire », a en effet déclaré le colonel Dillon.

Dans son dernier compte-rendu des opérations, l’État-major des armées (EMA), à Paris, a confirmé la persistance de cette menace en évoquant le seul cas de l’Irak. « Bien que très affaibli, Daesh conserve une réelle capacité de nuisance. Basculant vers des modes d’action clandestins, l’organisation cherche à fragiliser les forces de sécurité irakiennes et le pouvoir en place et à déstabiliser les populations par la terreur », explique-t-il.

S’agissant de la Syrie, les États-Unis ont bien l’intention d’y maintenir une présence militaire, après avoir annoncé, la semaine passée, le retrait de 400 artilleurs du corps des Marines (USMC).

« Nous allons maintenir notre engagement sur le terrain aussi longtemps que nécessaire, pour soutenir nos partenaires et empêcher le retour de groupes terroristes », a en effet déclaré, le 5 décembre, Eric Pahon, un porte-parole du Pentagone. « Pour que la défaite de l’EI soit durable, la coalition doit s’assurer qu’il ne peut pas se régénérer, reprendre du terrain perdu ou préparer des attentats à l’étranger », a-t-il ajouté.

Officiellement, les États-Unis comptent 503 soldats en Syrie. Mais en réalité, avec les déploiements de courte durée, la présence militaire américaine dans ce pays est beaucoup plus importante (environ 1.700 hommes, comme l’a récemment admis le Pentagone). Et elle le demeurera, même après le départ annoncé des 400 Marines.

L’annonce faite par le Pentagone n’est pas une surprise. Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, avait en effet indiqué, en novembre, que la coalition resterait en Syrie. Plus précisément, il avait lié la présence de cette dernière aux progrès du processus de Genève, censé déboucher sur règlement politique de la guerre civile syrienne. « Nous allons nous assurer que nous créons bien les conditions d’une solution diplomatique » et la guerre contre l’EI sera gagné « quand les locaux pourront s’en charger eux-mêmes », avait-il précisé.

D’autres raisons peuvent être avancées pour expliquer le maintien de cette présence militaire en Syrie. En premier lieu, les Kurdes syriens, qui ont été en première ligne face à l’EI, redoutent qu’un désengagement des États-Unis permettent aux forces syriennes de reprendre pied dans les territoires passés sous leur contrôle.

Ensuite, d’autres pays sont également présents militairement en Syrie. C’est le cas de la Turquie, dont les effectifs engagés seraient de 3.000 hommes (principalement autour des villes d’Al-Bab et de Jarabulus, ainsi que dans la province d’Idleb). Et, évidemment, celui de la Russie, qui compte deux base permanentes avec Hmemeim et Tartous, mais aussi (et surtout) celui de l’Iran, avec son unité al-Qods des Gardiens de la révolution et les milices qui lui sont inféodées.

À ce titre, la base installée à At-Tanf, dans le sud de la Syrie, revêt une importance particulière. Là, les forces spéciales américaines (mais aussi britanniques et norvégiennes) y accompagnent les unités de la Nouvelle armée syrienne (NAS), une formation opposée à Bachar el-Assad. Là, cette présence militaire vise à couper l’axe de communication entre Damas et Bagdad afin de bloquer tout mouvement iranien vers le Liban.

« L’affaire d’Al-Tanf prouve une fois encore que la priorité affichée par les uns et les autres dans la lutte contre Daesh masque mal d’autres confrontations larvées ou ouvertes. Elle illustre aussi, à une échelle encore très limitée, les risques d’une escalade entre Washington et Téhéran », avait ainsi souligné, en juin dernier, le professeur Jean-Pierre Filiu, spécialiste de l’histoire du Moyen-Orient contemporain.

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