La piste d’une explosion à bord du sous-marin argentin ARA San juan est désormais privilégiée

Sauf miracle, il n’y a plus désormais plus d’espoir de retrouver vivants les 44 membres de l’équipage du sous-marin argentin ARA San Juan, qui n’a plus donné de signe de vie depuis le 15 novembre. Et un scénario censé expliquer ce qu’il s’est passé à son bord se précise.

Normalement, quand un sous-marin fait naufrage, une bouée chargée d’émettre des signaux de détresse est libérée, soit automatiquement, soit par une commande manuelle. Or, celle de l’ARA San Juan n’ayant pas été activée, cela laissait supposer que le sous-marin avait fait surface. Et les conditions météorologiques épouvantables conjuguée à une panne électrique à bord du navire pouvaient à la fois expliquer la difficulté de le repérer par avion ainsi que son silence.

Une autre hypothèse avancée était que l’ARA San Juan se trouvait en immersion. Mais elle n’expliquait pas la raison pour laquelle sa bouée de détresse n’avait pas été libérée. Et, dans ce cas, l’équipage n’avait que 7 jours d’oxygène devant lui avant d’être secouru.

Seulement, de nouveaux éléments sont venus infirmer ces deux scénarios. « Les stations hydroacoustiques HA10 (île de l’Ascension) et HA04 (Crozet) ont détecté le signal d’un événement impulsif sous-marin survenu le 15 novembre à 13h51 GMT, à proximité de la dernière position connue du San Juan », a en effet indiqué un communiqué de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Otice).

Désormais, la piste d’une explosion à bord de l’ARA San Juan est désormais privilégiée. Et elle expliquerait le silence de sa balise de détresse et la rupture subite des communications. Mais, pour le moment, comme le sous-marin n’a pas encore été localisé, ce scénario reste à confirmer.

Cela étant, le sous-marin argentin avait signalé une avarie sur une batterie peu avant de disparaître. Est-elle liée à l’explosion signalée par l’OTICE?

« Il faut faire très attention avec les batteries. En cas de problème, les batteries dégagent de l’hydrogène, au-delà d’un certain pourcentage d’oxygène l’hydrogène devient explosif. En cas d’explosion, tout est perdu sur un sous-marin », a expliqué un sous-marinier à l’AFP.

En attendant, les recherches se concentrent maintenant sur la zone où l’explosion a été détectée. Là, la profondeur des eaux varie de 200 à 350 mètres. Près de 10 pays (dont la France) y participent. Ils vont être rejoint par la Russie, qui a annoncé l’envoi d’un navire océanographique (le Yantar), lequel est doté d’équipements permettant d' »effectuer des recherches à une profondeur allant jusqu’à 6.000 mètres. »

L’ARA San Juan, de type TR-1700, a été construit au début des années 1980 par l’industriel allemand ThyssenKrupp Marine Systems. Immobilisé pendant 6 ans pour être remis à niveau, il avait repris la mer en 2014.

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