Renseignement : La mise en place des « boîtes noires » chez les opérateurs télécoms n’est pas pour tout de suite

L’article L-851-3 de la loi sur renseignement adoptée en juillet 2015 a fait couler beaucoup d’encre, au motif qu’il porterait atteinte aux libertés individuelles. Ce texte prévoit d’installer, chez les opérateurs télécoms et les hébergeurs Internet, des dispositifs devant récupérer automatiquement les « méta-données » (les données de connexion) de chaque abonné, afin d’identifier des comportements « suspects ».

Ces métadonnées (adresse IP, numéros de téléphone, etc) sont sans doute plus importantes que le contenu des communications en lui-même dans la mesure où leur analyse peut permettre de déterminer des interactions entre des individus suspects ou repérer des comportements douteux (un individu lamba qui communique régulièrement avec des personnes localisées en Syrie par exemple).

Seulement, devant l’afflux de métadonnées que ces boîtes noires sont appelées à récupérer, encore faut-il disposer des bons algorithmes pour « trier les patates ». Or, selon des informations du quotidien Le Monde, ce n’est pas encore le cas.

De tels algorithmes sont en effet très compliqués à mettre au point. La fiabilité est essentielle : 1% d’erreur et 600.000 personnes se retrouveraient suspectées à tort. D’où les difficultés actuelles. Mais ce ne sont pas les seules.

En effet, il faut également des capacités de calcul énormes (et aussi beaucoup de bande passante pour ne pas ralentir les flux) pour recueillir les métadonnées, les transmettre de manière sécurisée et les analyser. Et s’il faut que tout cela se fasse en temps réel sans stocker les données, comme le souhaite le gouvernement, alors le problème sera encore plus compliqué.

Enfin, ces algorithmes devront être validés par la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). Et cela devrait prendre, là aussi, beaucoup de temps puisqu’il faudra passer au crible des milliers de lignes de code informatique.

Cela étant, un autre problème se pose aux services de renseignement : celui du communications chiffrées via des smartphones disponibles dans le commerce. Le directeur de la NSA, Michael Rogers, n’en pense pas que du bien alors que le FBI tente, vainement, auprès d’Apple d’obtenir les clés pour déchiffrer le contenu d’un iPhone utilisé par l’un des auteurs de la tuerie de San Bernadino (14 tués, en décembre).

Selon Michael Rogers, « certaines des communications » des terroristes du 13 novembre étaient « cryptées », ce qui a empêché le renseignement de les tracer. « Clairement, si on avait su, Paris n’aurait pas eu lieu », a-t-il confié à Yahoo News. « Est-ce que le cryptage rend vraiment plus difficile pour nous d’accomplir notre mission? Oui », a-t-il encore déploré.

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