Les premiers Mirage 2000D « rénovés » seront livrés en 2019

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Plusieurs fois annoncée, autant de fois reportée pour des raisons budgétaires, la rénovation du Mirage 2000D devrait enfin commencer en 2016. Du moins, c’est ce que prévoit le projet de loi de finances 2016 concernant le ministère de la Défense.

Conformément à ce qui avait été prévu au moment de l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019, le montant du budget aloué à la mission « Défense » sera de 32 milliards d’euros (hors pensions), avec des crédits d’équipements (programme 146) s’élevant à près de 17 milliards d’euros, soit un niveau en légère progression par rapport aux années précédentes (16,7 milliards en 2015, 16,4 milliards en 2016).

Parmi les commandes d’équipements qui seront passées par le ministère de la Défense en 2016, l’on note 5.340 fusils d’assaut AIF (remplacement du FAMAS), la rénovation à mi-vie du missile de croisière SCALP EG, un prototype d’un système de drones de luttes anti-mines (SLAMF), 2 bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH) ainsi qu’un quatrième bâtiment multi-missions (B2M). Et donc, la modernisation des Mirage 2000D, sans laquelle ces derniers devraient être retirés du service à l’horizon 2018 selon les projections les plus pessimistes.

Cette opération permettra ainsi de « de mettre en cohérence le potentiel de ces avions avec leur date de retrait de service prévue à l’horizon 2030, et, selon le principe de différenciation, de préserver le potentiel opérationnel des Rafale » étant donné que, avec un coût d’exploitation « sensiblement inférieur », le Mirage 2000D  rénové sera en mesure d’effectuer des missions « pour lesquelles ensemble des capacités du Rafale ne sont pas requises ».

En outre, comme le soulignait un rapport du Sénat publié il y a déjà 5 ans, « il est stratégiquement important de posséder deux flottes de combat différentes simultanément » car « cette complémentarité permet de se prémunir contre les aléas dans les tuilages calendaires de remplacement des flottes, contre les ruptures technologiques brutales, contre les aléas techniques ».

Cette modernisation, souvent qualifiée de « véritable assurance vie de la flotte de combat », visera donc à traiter les obsolescences techniques des Mirage 2000D, ainsi qu’à leur donner la capacité canon air-sol et la possibilité d’emporter des missiles d’autoprotection MICA infrarouge. Les premiers appareils ainsi modifiés seront livrés en 2019, soit près de 30 ans après leur entrée en service.

Le document budgétaire ne le précise pas mais il était aussi question de leur ajouter un nouveau radar interrogateur IFF et d’améliorer les conduites de tir ai-sol. En outre, en 2010, les parlementaires avaient voté un amendement visant à financer l’intégration de la nacelle de renseignement électronique ASTAC, jusqu’alors utilisée par les Mirage F1CR, depuis retirés du service.

Le coût de cette modernisation n’a pas non plus été avancé. Mais il avait été estimé, en 2009, à 740 millions d’euros pour, à l’époque, 77 appareils. Cet investissement n’est pas excessif si l’on tient compte des avantages opérationnels qu’il pourrait apporter.

Quoi qu’il en soit, l’aviation française (armée de l’Air et Aéronautique navale) disposera de 225 avions de combat en 2025, avec une flotte composée de Rafale, de Mirage 2000D rénovés et de Mirage 2000-5 « prolongés ».

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