Boko Haram continue ses massacres dans le nord du Nigéria

Mis sur la défensive depuis février, grâce à l’intervention des forces tchadiennes depuis le nord du Cameroun et le sud du Niger et à l’action de l’armée nigérienne, appuyée par des mercenaires, le groupe jihadiste Boko Haram, désormais lié à l’État islamique (EI) a perdu le terrain qu’il avait conquis l’an passé à coups de massacres de grande ampleur.

En outre, selon le général Jean-Pierre Palasset, le commandant de la Force Barkhane, qui a déployé des détachements de liaison au Niger et au Cameroun, Boko Haram (qui se fait aussi appeler « État islamique d’Afrique de l’Ouest ») aurait perdu environ « 30 à 40% » de ses forces.

Cependant, le groupe jihadiste, dont on ignore le sort de son chef, Abubakar Shekau (il aurait été vu pour la dernière fois à Dikwa, le 2 mars dernier), a su garder son pouvoir de nuisance, en lançant plusieurs attaques suicides dans la région de la ville Maiduguri, qu’il a un temps menacé de conquérir, et a même étendu ses opérations.

En effet, Boko Haram est fortement suspecté d’être à l’origine de deux attentats ayant visé un commissariat et une école de police à N’Djamena, le 15 juin. Visiblement, la capitale tchadienne est un de ses objectifs prioritaires : une importante cache d’armes (cartouches, obus, roquettes) vient d’y être découverte après l’arrestation des membres de l’une de ses cellules il y a quelques jours lors d’une opération qui a coûté la vie à 5 membres des forces de sécurité tchadiennes.

En outre, dans un message vidéo diffusé au début du mois de juin, Boko Haram a nié avoir subi des revers face aux troupes tchadiennes et nigérianes tout en continuant ses raids meurtriers contre les populations civiles. Comme encore le 1er juillet, où il s’est rendu coupable du pire carnage jamais commi depuis l’investiture du nouveau président nigérian, Muhammadu Buhari, lequel a juré d’en finir avec les jihadistes.

Ainsi, une centaine de personnes ont été tuées dans la village de Kukawa, proche du Lac Tchad par plus de 50 hommes armés appartenant à Boko Haram. L’attaque a eu lieu aux environs de 17H30 GMT et a d’abord commencé par l’assaut de mosquées, qui comptaient alors de nombreux fidèles venus prier à l’occasion de la rupture du jeûne du ramadan. Puis les jihadistes ont mis le feu à plusieurs maisons avant de quitter la localité, 4 heures plus tard, sans, apparemment, avoir été inquiétés par l’armée nigériane.

Quasiment dans le même temps, deux autres villages, situés dans l’État de Borno, ont également été attaqués. « Les hommes armés de Boko Haram ont tué 48 hommes et en ont blessé 11 autres », a confié, à l’AFP, Mohammed Tahir, un député élu de la circonscription où s’est produit ce nouveau massacre. « Ils ont sélectionné certains hommes parmi la foule des fidèles, ils les ont réunis et ils les ont fusillés avant de mettre le feu aux deux villages, qui ont été entièrement détruits », a-t-il ajouté.

Des propos confirmé par un autre témoin, qui a souhaité garder l’anonymat. « Ils ont réuni les hommes d’âge adulte qui venaient des deux villages et ils nous ont tiré dessus », a-t-il expliqué.

Pour combattre Boko Haram, le Nigéria, le Cameroun, le Tchad, le Bénin et le Niger ont mis sur pied une « force mixte internationale » sous l’égide de l’Union africaine. Le 2 juin, le président nigérien, Mahamadou Issoufou avait indiqué qu’elle serait opérationnelle « dans les prochaines semaines ».

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