La fiabilité du moteur de l’avion F-35 mis en cause

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Les rapports au sujet de l’avion dit de 5e génération F-35 Lightning II, en cours de développement chez Lockheed-Martin, se suivent et se ressemblent. Dans l’un d’entre eux,  publié le 14 avril par le Government Accountability Office (GAO), l’équivalent américain de la Cour des comptes, la fiabilité du moteur F-135, conçu par Pratt & Whitney, est clairement mise en cause.

« Les données du programme montrent que la fiabilité du moteur est très faible », soit 50% en deçà de ce qu’elle devrait être, a indiqué le GAO. Et cela a, toujours selon ce dernier, limité la progression » de la mise au point du F-35 vers « ses objectifs globaux de fiabilité ».

Ainsi, entre les pannes causées par des problèmes de conception du moteur; la variante STOVL (Short Take Off Vertical Landing) du F-35 (version B) a volé en moyenne 47 heures au lieu des 90 heures prévues. Pour les F-35A (version classique) et F-35C (version navale), le taux est encore plus bas, avec 25 heures de vol au lieu de 120.

Pour le GAO, cela signifie que le moteur « ne parvient pas à suivre un rythme plus soutenu » et qu’il nécessite « plus d’entretien que prévu ». Et de recommander des modifications dans la conception des réacteurs et de remédier aux failles persistances dans le logiciel du F-35.

D’autres critiques ont été faites par l’inspecteur général du Pentagone, qui a remis un rapport le 27 avril. Le document a ainsi noté 61 cas dans lesquels les réacteurs du F-35 ne répondent pas aux exigences du département de la Défense (DoD). Et ils ont concerné presque tous les niveaux du développement des moteurs (gestion de projet, anomalies logicielles, problèmes mécaniques, etc…).

Le motoriste Pratt & Whitney n’a pas manqué de répondre à ces critiques. S’agissant du rapport de l’inspecteur général, il en minimisé la portée en faisant valoir qu’il reposait sur des audits menés en novembre 2014 et que, depuis, des « actions correctives » ont été apportées et que d’autres changements auront lieu d’ici juillet.

Quant au premier rapport, l’industriel a indiqué que le GAO avait « mal évalué la fiabilité du moteur » car il n’avait pas tenu compte des « modifications qui ont été validées et intégrées dans les moteurs en production ».

Cela étant, la Chambre des représentants devrait lancer une enquête indépendante pour justement se pencher sur la fiabilité des moteurs F-135 ainsi que sur les efforts réalisés en matière de réduction des coûts.

Outre le moteur, le F-35 a encore de nombreux défis à relever avant d’être déclaré pleinement opérationnel, notamment au niveau de ses logiciels, de la fusion des données, des commandes de vol, etc…

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