L’ONERA va piloter la recherche sur des systèmes anti-drones

Depuis l’automne dernier, de petites drones ont survolé, à maintes reprises, des sites sensibles, comme des centrales nucléaires, la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de l’Île-Longue ou bien encore le Centre de transmission de la Marine (CTM) de Sainte Assise (77).

« Les petits drones ne constituent pas une menace, et même les plus grands ne peuvent attaquer les sites durcis. Ils peuvent du moins filmer les installations, ce qui n’est pas tolérable. Nous investiguons, tandis que la Direction de la protection des installations, moyens et activités de la défense (DPID) réfléchit au moyen de mieux protéger nos installations. Enfin, des études sont menées pour faire évoluer le cadre juridique, ce qui permettra de nous opposer plus efficacement à la menace », expliquait récemment aux députés le général Jean-François Hogard, le patron de la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD).

Dans le même temps, le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) a confié à l’Agence nationale de la recherche (ANR) une programme de recherche et de développement doté d’un million d’euros pour trouver une parade à ces vols de drones au-dessus des zones sensibles. Deux projets ont ainsi été sélectionnés : BOREADES, qui, conduit par CS Systèmes d’Information, en partenariat avec deux PME vise à présenter un démonstrateur opérationnel d’ici la fin de l’année, et ANGELAS (Analyse Globale et Evaluation des technologies et méthodes pour la Lutte Anti UAS).

Dans un communiqué diffusé le 8 avril, l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA) a indiqué avoir été sélectionné par l’ANR pour mener le projet ANGELAS.

« Ce projet de développement expérimental, d’une durée de 18 mois, s’inscrit dans le cadre des applications civiles de lutte contre les drones aériens non coopératifs », a précisé l’ONERA. Il consiste à  » d' »évaluer les performances de senseurs de technologies différentes (radar, optronique, acoustique…), à faire gagner en maturité certaines technologies plus émergentes et à combiner ces systèmes de détection, identification et neutralisation afin de répondre spécifiquement à différents scénarios : survol d’installations sensibles en toutes conditions, survol en environnement urbain ou lors de surveillance d’événements (rassemblement, rencontre sportive, visite VIP …) » a-t-il ajouté.

Il s’agit ainsi de mieux maîtriser les signatures électromagnétiques, optroniques et acoustiques des drones tout en envisageant l’amériolarion de ces technologies ou en en proposant de nouvelles à « fort potentiel », comme l’imagerie laser 2D/3D. Il est également question d’enrichir « la gamme de solutions d’évitement et de neutralisation (brouillage, pistage…) « .

Pour cela, l’ONERA va donc coordonner les travaux de 6 partenaires, dont Thales, EDF (qui va apporter « ses connaissances des risques et des besoins ainsi qu’un premier retour d’expérience des solutions proposées »), Telecom SudParis, le CEA Leti (micro et nano-technologies et systèmes et composants de communication sans fil), Exavision (protection des biens et des personnes en zones sensibles) et l’Institut de Criminologie de Paris, lequel aura la charge de veiller à la conformité du nouveau dispositif aux conventions, lois et réglementations applicables.

Enfin, un « comité d’utilisateurs finaux » sera mis en place, avec l’armée de l’Air, la Marine nationale, la Direction générale de la gendarmerie nationale et la Préfecture de police de Paris.

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