Les futurs avions ravitailleurs de l’armée de l’Air seront des A330 Phénix

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Le 1er octobre dernier, lors d’une audition devant la commission de la Défense, à l’Assemblée nationale, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé la signature « dans les semaines qui viennent » d’un contrat portant sur l’achat de « 12 appareils MRTT [ndlr, Multi Role Tanker Transport], dont 2 à livrer pendant la Loi de programmation militaire ».

L’on pouvait s’attendre à une annonce officielle à l’occasion d’un colloque sur le « 50e anniversaire des Forces aériennes stratégiques et la dissuasion au XXIe siècle », organisé le 20 novembre à l’École militaire. En fait, l’on aura eu droit à une semi-annonce officielle… puisque le ministre a indiqué que le contrat des futurs avions ravitailleurs de l’armée de l’Air est « prêt à être notifié » à Airbus Defense & Space. Le tout pour 3 milliards d’euros, un montant qui couvre le prix d’achat des appareils, l’acquisition des systèmes de soutien et de formation associés (rechanges, outillages, outils de simulation…) et les premières années de soutien et de formation.

La livraison du premier A330 MRTT aura lieu en 2018, tandis que celle du second est attendue pour l’année suivante. Par la suite, le rythme sera de 1 à 2 appareils par an. L’acquisition de ces avions est primordiale non seulement pour l’avenir des Forces aériennes stratégiques mais aussi pour les capacités d’intervention des forces françaises. Sans ravitailleur, il n’est pas possible de projeter hors de France des chasseurs-bombardiers…

« La commande d’avions ravitailleurs de type MRTT est notre grande priorité. La commande du premier appareil est attendue d’ici à la fin de l’année et celle des huit suivants pour 2015. Notre but est d’affermir la commande des trois derniers au plus tôt », avait expliqué le général Denis Mercier, le chef d’état-major de l’armée de l’Air (CEMAA), lors de son audition du mois d’octobre à l’Assemblée nationale. Donc, les choses sont un peu plus compliquées dans le détail…

Quoi qu’il en soit, les 12 A330 MRTT, qui remplacement progressivement les avions ravitailleur C-135 FR et KC-135 RG à bout de souffle mais aussi 5 appareils de transport (3 A310 et 2 A340), seront assemblés à Toulouse. « Le projet fait intervenir Thales Avionics pour la conception et la réalisation du système avionique ainsi que Rolls Royce pour la fourniture des moteurs Trent 700 », précise le ministère de la Défense.

Par rapport au C-135 FR, l’A330 MRTT peut emporter 3 fois plus de carburant (50 tonnes contre 17) pour une autonomie de 4h30 sur zone à 2.000 km. Et ses capacités sont nettement accrues par rapport à l’A310, avec la possibilité de transporter 40 tonnes de fret sur 7.000 km (contre seulement 29 tonnes sur 5.000 km).

Faute d’une annonce 100% officielle, M. Le Drian a toutefois précisé le nom que porteront les A330 MRTT de l’armée de l’Air.

« Le nom qui a été retenu est ‘Phénix’, Airbus A330 ‘Phénix’. Ce choix n’est pas anodin. Il vient souligner la volonté d’associer le caractère légendaire de cet oiseau mythique avec un avion qui représente une avancée remarquable à tous les niveaux de performance. Ce sont de beaux et grands défis qui attendent les futurs équipages », a-t-il déclaré.

Dans la mythologie grecque, le Phénix ressemble à un héron. Il symbolise à la fois la longévité, la renaissance et l’immortalité puisqu’il renaît dans les flammes (d’où l’expression « renaître de ses cendres »).

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