Un MiG-23 syrien abattu par la chasse turque

Depuis le 21 mars,  le secteur de Kassab, un point de passage vers la Turquie, est âprement disputé par les forces régulières syriennes et les rebelles appartenant au Front al-Nosra, proche d’al-Qaïda, ainsi qu’aux groupes Sham al-Islam et Ansar al-Sham.

Cette attaque a été lancée dans le cadre d’une offensive plus vaste, qui, appelée « Anfal » par les insurgés islamistes, cible particulièrement la province de Lattaquié, jusque-là relativement épargnée par les combats qui ensanglantent la Syrie depuis mars 2011. Cette région, peuplée majoritairement d’alaouites (la confession de la famille de Bachar el-Assad, le président syrien) est donc considérée comme un bastion du régime. Elle abrite par ailleurs les services de renseignement des forces aériennes syriennes.

C’est donc dans ce contexte qu’un avion MiG-23 syrien a été abattu, le 23 mars, par un patrouille de F-16 turcs. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, une ONG bien informée sur la situation en Syrie, l’appareil a été touché alors qu’il bombardait des positions rebelles dans la province de Lattaquié.

De son côté, l’armée turque a donné sa version de l’incident. D’après elle, deux MiG-23 syriens auraient été avertis à quatre reprises pour qu’ils fassent demi-tour. L’un d’eux a refusé d’obtemptérer, ce qui a conduit à faire décoller une patrouille de F-16.

« En dépit des avertissements, le deuxième avion syrien est entré dans l’espace aérien turc à 11H13 GMT, a parcouru environ un kilomètre, puis a pris la direction de l’ouest et a continué sur 1,5 kilomètre dans notre espace aérien », a expliqué l’état-major turc. « L’un des avions de combat F-16 a tiré un missile sur l’avion syrien à 11H14 GMT, conformément aux règles d’engagement, et l’avion est tombé en territoire syrien dans la région de Kassab, à 1.200 mètres de la frontière », a-t-il ajouté.

De son côté, Damas a démenti que le MiG-23 en question ait violé l’espace aérien turc et a dénoncé une « agression flagrante ».

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident entre les forces aériennes syriennes et turques se produit. En septembre dernier, un hélicoptère Mi-17 syrien fut abattu dans des circonstances analogues. Et, en juin 2012, un RF-4 Phantom (reconnaissance) turc avait connu le même sort après avoir très vraisemblablement violé l’espace aérien syrien.

Depuis le début de la guerre civile syrienne, la Turquie, membre de l’Otan, s’est résolument rangée aux côtés des rebelles hostiles au régime de Bachar el-Assad. Elle héberge environ 750.000 réfugiés syriens dans des camps établis près de la frontière.

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