Général de Villiers : « Pendant que le train roule à toute vitesse, on me demande d’accrocher un nouveau wagon »

L’amiral Edouard Guillaud a officiellement quitté ses fonctions de chef d’état-major des armées (CEMA) le 14 février, lors d’une cérémonie organisée en présence du président Hollande aux Invalides, à Paris. Nommé à ce poste en février 2010, il a eu à gérer les réformes qui ont impacté la vie des forces armées, les dysfonctionnements du système de paie Louvois,  le retrait des troupes « combattantes » d’Afghanistan ainsi que plusieurs  interventions d’envergure, que ce soit en Libye (Harmattan), en Côte d’Ivoire, au Mali (Serval) et, plus récemment, en Centrafrique (Sangaris).

Son successeur, le général Pierre de Villiers, a pris ses fonctions alors que les armées connaissent une période difficile, le tout avec des moyens financiers contraints. De nouvelles suppressions d’effectifs (34.000) sont prévues par la Loi de programmation militaire 2014-2019 qui vient d’entrer en vigueur, d’autres réorganisations sont attendues et le problème Louvois est toujours sur la table (bien que des mesures aient été prises pour remplacer ce logiciel défectueux). Sans oublier que les précédentes réformes menées entre 2008 et 2013 n’ont pas toujours donné les résultats escomptés. Et ce n’est rien de le dire. Dans le même temps, les armées doivent continuer à assurer les missions qui leur sont confiées. Et à ce niveau, le rythme opérationnel ne faiblit pas.

Aussi, pour le général de Villiers, « tout est en chantier », comme le rapporte le quotidien Le Monde. « Il faut retrouver un projet fédérateur, pour que les gens aient une lumière au bout du tunnel », a-t-il ajouté. « Nous avons besoin d’une union sacrée, pour regrouper nos forces et mieux prendre en compte la dimension humaine. Et nous n’avons pas d’autre choix que de faire autrement », a-t-il expliqué, avant de faire le constat selon lequel « le modèle des armées issu de la fin de la conscription en 1996 est à bout de souffle ».

S’agissant des suppressions de postes, qui auront réduit les effectifs des armées de 80.000 personnels de 2008 à 2019, il s’agit d’un « défi colossal » pour le général de Villiers. Il n’est pas question de faire mieux avec moins mais de faire « au mieux avec les ressources qui nous sont données », a-t-il affirmé, toujours selon la même source. Et de résumer l’ampleur de sa tâche par cette formule : « Pendant que le train roule à toute vitesse, on me demande d’accrocher un nouveau wagon ». Pourvu qu’il n’y ait pas de déraillement….

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