L’engagement des forces allemandes en Afghanistan a coûté 8,15 milliards d’euros

Le 22 décembre 2001, le Parlement allemand autorisait la Bundeswehr à déployer un maximum de 1.600 soldats afin de mener une mission de stabilisation à Kaboul. Les années suivantes, et la situation devenant de plus en plus compliquée, notamment à partir de 2005, cette contribution à la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF), sous commandement de l’Otan, fut portée à 4.900 hommes alors que l’Allemagne se voyait confier la responsabilité du commandement régional Nord (RC North).

A la fin de l’année 2014, le mandat de l’ISAF sera terminé. Et l’heure est venue de faire les comptes. Du moins partiellement car l’Allemagne disposait encore, au 13 décembre dernier, d’un peu plus de 3.000 soldats en Afghanistan et qu’il restera donc à y ajouter les coûts du désengagement de la Bundeswehr de ce pays.

Ainsi, depuis plus de 10 ans, 100.000 militaires allemands ont été déployés, au total, en Afghanistan et 54 y ont perdu la vie, dont 35 au combat, ce qui en fait l’intervention la plus meurtrière pour la Bundeswehr depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Voilà pour le coût humain.

Pour ce qui touche aux finances, l’engagement militaire allemand en Afghanistan a d’ores et déjà coûté 8,15 milliards d’euros depuis 2002, selon le journal Rheinische Post. Un montant plus de deux fois supérieur par rapport à ce qu’a coûté l’intervention française dans ce même pays.

Un rapport parlementaire publié l’hiver dernier estimait, en effet, le (sur)coût (*) de la présence militaire française en Afghanistan entre 2001 et 2014 à 3,5 milliards d’euros, opération de retrait comprise. Pour rappel, depuis la fin de leur mission de combat et jusqu’au terme du mandat de l’ISAF, les forces françaises assurent, avec un peu moins de 450 personnels, la gestion de l’aéroport international de Kaboul, de l’hôpital militaire et du laboratoire européen anti-IED ainsi que des missions des formations au profit des forces afghanes.

Quant à l’opération de retrait du contingent allemand, elle consistera à rapatrier 1.200 véhicules et 4.800 conteneurs, d’abord par avions cargo Antonov An-124 jusqu’au port turc de Trabzon, puis par bateau. Selon Der Spiegel, la Bundeswehr laisserait sur place l’équivalent de 150 millions de matériels, estimant que leurs coûts de transports sont trop élevés par rapport à leur valeur résiduelle.

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