Laurent Gbagbo, l’ex-président ivoirien, attaque l’armée française en justice

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, qui s’était maintenu au pouvoir malgé sa défaite lors de la dernière élection présidentielle de novembre 2010, a porté plainte, en juillet, contre l’armée française pour « tentative d’assassinat ». L’information a été rendue publique ce 15 septembre.

La plainte a été déposée auprès du tribunal des armées de Paris par Me Jacques Vergès et Roland Dumans, les avocats de Laurent Gbagbo. Un juge d’instruction a été nommé dans la foulée.

Pour mémoire, Laurent Gbagbo ayant refusé de reconnaître la victoire de son rival, Alassane Ouattara, dont l’élection avait été validée par la communauté internationale, s’était maintenu au pouvoir pendant plus de 4 mois.

Il avait été arrêté le 11 avril dernier par les forces loyales à Alassane Ouattara, lesquels bénéficièrent, pendant leur offensive sur Abidjan, d’un soutien aérien et blindé indirect de la Force Licorne et de la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).

Dans cette affaire, l’armée française avait deux missions à remplir : protéger les civils et prêter main forte à l’ONUCI si cette dernière en faisait la demande. En réponse à des tirs ayant visé la résidence d’Alassane Ouattara, la mission des Nations unies a décidé d’intervenir dans le cadre de la résolution 1975 du Conseil de sécurité, laquelle autorisait le recours à la force pour neutraliser les armes lourdes, pour la plupart installées aux abords de la résidence présidentielle où s’était réfugié Laurent Gbagbo.

D’où l’implication des hélicoptères de combat Gazelle de la Force Licorne, ainsi que des militaires du 16e Bataillon de Chasseurs et du 12ème Régiment de Cuirassiers, renforcés pour l’occasion par des éléments venus du Gabon.

Actuellement, Laurent Gbagbo, et son épouse, Simone, sont en détention préventive en Côte d’Ivoire pour « crimes économiques ». Mais son successeur compte l’envoyer decant la Cour pénale internationale (CPI).

Nul ne sait comment va se dérouler l’instruction de la plainte déposée par Laurent Gbagbo. Mais si il est amené à témoigner devant la justice française, ce serait bien que cette dernière en profite pour l’interroger sur les circonstances du bombardement de Bouaké, qui, le 6 novembre 2004, tua 9 militaires français du RICM, du 2e RIMa et du 515e RT ainsi qu’un ressortissant américain. Sans compter la trentaine de blessés, qui, pour certains, avaient été gravement atteints.

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