Des élèves officiers allemands à Saint-Cyr
9 November 2009 – 16:14Alors que l’on s’apprête à commémorer le 91e anniversaire de l’armistice de la guerre 1914-1918, au cours de laquelle la France et l’Allemagne ont payé un lourd tribut humain, quatre élèves officiers allemands ont reçu, le 7 novembre, le grand uniforme traditionnel ainsi que le shako et le casoar des Saint-Cyriens, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée en présence des chefs d’état-majors des armées de terre française et allemande.
Si l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan forme déjà de futurs officiers venus d’autres cieux, c’est la première fois, depuis sa création en 1802, qu’une promotion intègre en son sein des élèves allemands. Ces derniers suivront les mêmes cours que leurs camarades français et retourneront en Allemagne après l’obtention de leur master. Là , ils rejoindront une école d’application pour terminer leur formation initiale.
Mais avant de rejoindre l’ESM Saint Cyr, les quatres élèves allemands ont dû suivre le même cursus que leurs homologues français, c’est à dire de suivre deux années d’études en classe préparatoires. Leurs frais de scolarité sont entièrement pris en charge par la Bundeswehr, laquelle doit accueillir, également, cinq aspirants français, en vertu d’un accord bilatéral signé en 2006. L’on pourra regretter pour eux le fait qu’ils ne puissent pas vivre les traditions saint-cyriennes qui donnent à l’Ecole spéciale militaire tout son attrait et qui font qu’elle est unique au monde.
Après la création de la Brigade franco-allemande (BFA), qui a fêté son 20e anniversaire cette année et l’annonce, en février dernier, de la venue d’un bataillon allemand à Illkirch-Graffenstaden pour remplacer le 1er Régiment du Génie, cette initiative marque une nouvelle étape dans les relations militaires entre les deux pays autrefois ennemis.
“Je défends l’idée d’un Erasmus militaire, que des élèves italiens ou espagnols échangent avec nous des semestres de formation” a commenté le général Elrick Irastorza, le chef d’état-major de l’armée de Terre, dans les colonnes du quotidien Ouest France. “Supprimons ce sentiment que la Défense est quelque chose de régalien. Il faut se rendre à l’évidence : nous avons des responsabilités communes en Europe. Nous travaillons ensemble sur le terrain. Autant commencer jeune!” a-t-il encore estimé.
Tags: allemand, armée de terre, Coëtquidan, défense, élève, ESM, Europe, formation, officier, Saint-Cyr




6 commentaires à “Des élèves officiers allemands à Saint-Cyr”
Désolé mon Général mais la Défense Nationale n’est pas quelque chose de… mais une institution régalienne au même titre que l’Education Nationale, la Justice,l’Intérieur et les Finances. il y en a un peu ras la soucoupe qu’au nom d’un réformisme moderne on dénature que de trop ce qui doit rester le domaine de l’Etat. Il n’empêche que notre institution peut et doit par des échanges, former des élèves officiers ou sous-officiers de pays d’europe, cela s’est fait me semble t-il en d’autres temps, mais dans ce pays on croit toujours découvrir l’eau chaude. La Défense européenne est très loin d’être la panacée, commençons par moderniser notre propre outil après nous verrons ce que veulent faire les autres qui ne sont toujours pas prêts à franchir le pas vers une défense globale.
Par Albuhéra on Nov 9, 2009
cet échange existe déjà depuis longtemps entre la marine française et la marine allemande, des élèves allemands suivant leur formation à l’Ecole Navale (après prépa au lycée naval), et des élèves français (EFENA) à Mürvik.
Cela fonctionne très bien, et les liens entre nos deux marines sont réels, et vont au-delà des formations “croisées”.
Depuis longtemps aussi, certaines promotions de l’école navale sont partiellement encadrées par des officiers allemands, et depuis cette rentrée, l’officier d’échange allemand encadrant une des escouades était lui-même élève à l’école navale il y a quelques années.
Par gribouille on Nov 9, 2009
En effet, ne pas vivre les traditions Saint-Cyriennes. Ce qui est facteur de tradition et de cohésion en France et contraire aux droits de l´homme en Allemagne ( “menschenwürde”).
A méditer.
Par malor on Nov 9, 2009
Je dirais même plus Albuhéra. Notre général, pour ne pas dévoiler son plan stratégique a utilisé un petit tour de passe-passe. Il est plus facile de banaliser la défense dans une société où l’on préfère ne pas trop parler de la chose et ne pas trop comprendre. Plutôt que d’affirmer haut et fort la création d’une armée européenne. La défense reste quoi qu’il arrive un droit régalien de l’Etat. L’européaniser, c’est confier un droit régalien à Bruxelles.
Peut être existe-t-il des étapes intermédiaires si l’on soutient la création d’une telle armée. Ou pour d’autres, peut être existe-t-il d’autres choix politiques qui n’interdisent pas une mutualisation des moyens de formation.
Par exemple, que la marine française achète 1 ou 2 sous-marins Andrata à la DCNS, crée une école de sous-marinier en site unique avec formation sur ces derniers. Et proposons une formation commune aux marines européennes. Au vu des finances publiques de certaines (dont nous-même) et au vu de ce qui se fait dans l’aéronautique, c’est fortement envisageable.
Maintenant tout est affaire de choix. Et j’encourage fortement le général a faire une thèse en droit constitutionnel et droit européen pour expliquer comment on retire la qualité régalienne à la défense pour ensuite la confier à l’Europe.
Ou peut être que ce général est de l’école de monsieur Morin et qu’il a eu du mal avec une connaissance qui lui est étrangère. Il a peut être voulu parler de compétences souveraines, dont la formation de cadre de la défense nationale, qui peuvent être mises en commun sans renier la souveraineté nationale tant que l’engagement est réciproque. A ce moment là son propos aurait peut être plus de sens (enfin, il parle surtout de la défense et de rien d’autre comme compétence régalienne).
Par Thibault Lam001 on Nov 9, 2009
Ce pauvre général, comme toujours, parle comme les politiques ; pour ne rien dire et en dépit du bon sens. Il ferait mieux de s’occuper de la troupe et de la modernisation du matériel de l’armée de terre. Pour le reste que dire le casoar bof!!! Quelques bons mais surtout beaucoup qui se servent.
Que vont-ils montrer aux allemands ?
Par MIKE on Nov 9, 2009
Les échanges avec l’armée de terre allemande ne sont pas nouveaux : depuis plus de 30 ans, l’Ecole Supérieure de Guerre (aujourd’hui CID) a envoyé un ou deux officiers français de chaque promo (parmi ceux qui avaient un très bon niveau dans la langue de Goethe) passer deux ans à l’Ecole de Guerre allemande. Et bien sûr, il y avait dans notre ESG des officiers allemands qui, à titre d’échange, faisaient deux années de scolarité chez nous. Les Armes de l’armée de terre ont aussi, et depuis longtemps, pratiqué des échanges d’officiers avec leurs homologues allemandes. Voyez le nombre d’officiers français qui ont le brevet para allemand, par exemple, sans compter la formation des pilotes de l’ALAT. Français et Allemands sont instruits ensembles sur le Tigre à l’Ecole Franco-Allemande du Cannet-des Maures. Et il existe bien d’autres exemples (ne serait-ce que par l’existence de la brigade franco-allemande).
On peut même se demander comment et pourquoi nous n’avons pas reçu plus tôt des élèves-officiers allemands à Saint-Cyr, alors que des Thaïlandais, par exemple, y sont admis assez régulièrement depuis des décennies.
Par pacha75005 on Nov 9, 2009